AU Professeur Eran LERMAN
Directeur de
l’American Jewish Committee pour le Moyen-Orient.
Monsieur le Professeur,
J’ai fait part de votre
invitation à Rabbi Léonard SZTEJNBERG qui suit attentivement
votre bonne volonté destinée à trouver un équilibre
co-existentiel au Proche-Orient entre Israéliens et
Palestiniens.
Il tient toutefois à vous
transmettre ci-dessous des thèmes de réflexion, alors que la
ville de Londres vient de subir des explosions mortelles,
qui démontrent que les conflits idéologiques premiers non
résolus engendrent des effets cataclysmiques contre lesquels
aucune société moderne ne peut réellement se prémunir malgré
toutes ses ressources scientifiques.
Les conflits relevant des
idéologies religieuses nécessitent une avancée en sainteté
et en vécu spirituel qui constitue la meilleure prophylaxie
et la meilleure protection des populations civiles prises en
otage et martyrisées, à l’instar de la Shoah.
Dans ce contexte, en réponse à
votre invitation, Rabbi Léonard SZTEJNBERG vous déclare donc
ceci:
« Le hasard n’existe pas, en
sorte qu’il convient toujours de s’élever au niveau de la
cause des événements, si l’on veut juguler les passions et
les fanatismes idéologiques et magico-religieux
destructeurs.
En réalité, la paix que vous
recherchez au Moyen-Orient nécessite la réalisation d’un
travail préparatoire incontournable.
A ce sujet, des réformes
profondes touchant la sensibilité émotionnelle génétique des
populations se réclamant de la judéité est une nécessité
prioritaire, si l’on veut que les actes de bonne volonté
pacifique, soient suivis de retombées bénéfiques non
éphémères, mais résistantes à l’érosion du temps.
L’ère messianique a ses
racines dans le dépassement et la sublimation des repères
spatio-temporels issus des cultures, des philosophies et des
sciences contemporaines.
Cette sublimation des
philosophies magico-religieuses, des idéologies, voire de la
raison scientifique, est issue de la dimension unique et
sacrée inhérente à chaque être humain ; c’est
essentiellement sur ce tissu de sainteté vivante et réaliste
que peut reposer l’authentique dignité humaine, seule
véritable source de paix, via la fraternité humaine
pétillante et universelle.
En mettant constamment « la
charrue devant les bœufs », selon un adage populaire
français, les responsables en charge de la gestion du monde
contemporain et de l’avenir ne pourront jamais résoudre les
problèmes pratiques posés par la coexistence des individus
et des peuples sur tous les continents, car ils pensent
toujours que la paix consiste à résoudre les problèmes
financiers et idéologiques en priorité, alors que l’essence
de l’humain relève, avant toute
autre chose, de la saine et sainte intuition spirituelle.
Ce n’est évidemment pas par
les organisations internationales, par les universités ou
par des protestations populaires (trop souvent sanglantes),
que l’on portera remède aux incompréhensions affectives et
mentales, source des conflits.
Pour parvenir à des solutions,
c’est au niveau des érudits juifs, chrétiens, musulmans,
bouddhistes, hindouistes, shintoïstes…, que les réformes les
plus fondamentales doivent être entreprises*,
afin de développer une connaissance respectueuse des lois de
vie qui président au fonctionnement des lois physiques et
chimiques de l’univers, lois génératrices des processus à
l’origine de toute vie. »
C’est dans cet esprit que
Rabbi Léonard SZTEJNBERG travaille depuis des décennies, à
l’instar des deux textes ci-joints (lettre aux autorités
juives du 14 avril, avec la réponse du Pr. André CHOURAQUI,
et lettre à S. E. Avi PAZNER du 1er juin).
Bon courage à vous,
Adélaïde HALTMAR-AEGERTER
Première assistante de
Rabbi Léonard SZTEJNBERG
*En effet, le hasard n’existe pas. Quoi qu’il arrive, tout
événement résulte d’une cause profonde, parce que l’univers
ne répond pas aux lois du hasard et de la nécessité, mais
repose sur le fonctionnement de lois spirituelles
incontournables (révélé par le Sépher Torah bien traduit et
bien compris), source de Justice, de Vérité, en un mot de
Miséricorde.