Cahiers
de Pierres pour la Paix
Septembre 2002-1
Nous avons voulu consacrer ce premier numéro des
Cahiers de Pierres pour la Paix aux Conventions de Genève
qui constituent la base de référence politique,
morale et idéologique de notre Association. Nous
l'introduisons par la lettre du 13 juillet que le soussigné
a adressée à Monsieur le Président
de la Confédération Kaspar Villiger et par
la réponse que la Division politique IV, Sécurité
humaine, a été chargée de lui faire.
Cette réponse ne mentionne pas les Conventions de
Genève, mais lorsque nous lisons que "La Suisse,
depuis toujours, a exigé de la part de toutes les
parties au conflit un respect strict et inconditionnel des
règles du droit international, en particulier du
droit international humanitaire » c'est bien d'elles
qu'il s'agit et plus précisément de la IVème.
Plutôt que d'analyser les textes des Conventions comme
des intellectuels confortablement installés sur une
chaise longue (l'image est de Manfred Stricker), les documents
de ce Cahier mettent en lien des thèmes à
première vue bien distincts, des situations concrètes
fort différentes, mais qui finalement appellent à
des actions concertées. Immédiatement après
l'enlèvement de Marwan Barghouti et sa détention
illégale en Israël, nous avons dénoncé
la violation des Conventions de Genève. Sa déclaration
reproduite dans ce Cahier présente sinon la solution,
mais les voies obligées d'y parvenir. Peu importe
que la propagande israélienne le discrédite,
ce qu'il a écrit est écrit et c'est pour l'essentiel
ce qu'il faudrait faire dans l'intérêt réciproque
des deux nations et de leurs communautés.
Autre domaine de graves violations des Conventions de Genève
: la dénutrition des enfants. Le phénomène
est en forte progression partout dans les pays pauvres et
dans les classes sociales marginalisées. Ce qui le
singularise en Palestine, c'est que la paupérisation
ne résulte pas de conséquences climatiques,
d'absence de terres cultivables ou de connaissances technologiques
appropriées, mais d'une politique délibérée
mise en uvre systématiquement depuis des décennies
et qui doit être qualifiée de génocide
lent et dénoncée comme telle.
Les entraves injustifiables des médecins et ambulanciers
à l'accès aux malades ou blessés, les
attentes imposées aux transferts des cas d'urgence,
sont souvent des verdicts implacables de condamnations à
mort.
La réponse que nous a faite l'ambassadeur Peter Maurer
est, dans le cadre du droit humanitaire, pleinement satisfaisante.
Ses règles, (écrit-il sans équivoque)
sont applicables en toutes circonstances et aucune dérogation
n'est permise.
Nous constatons que le Président de la Confédération
n'a pas fait répondre sur la question fondamentale
de l'installation de ressortissants israéliens sur
les territoires occupés que nous avions posée
à son collègue Monsieur Joseph Deiss. Les
Conventions de Genève, dont la Suisse est la gardienne,
l'interdisent absolument. Monsieur Villiger ne nous a pas
dit non plus pourquoi son gouvernement n'a pas décidé
l'embargo sur la coopération militaire et sur le
commerce des munitions. Pourquoi ne lui feriez-vous pas
part de votre étonnement ?
Jacques Vittori
Directeur de l'ASSP