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- Bibliographe
générale
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LES PALESTINIENS
La photographie d'une terre et de son peuple de 1839 à
nos jours
Elias
Sanbar
Hazan,
2004
383 pages
ISBN 2850259012, 59 Euros
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L'Humanité
Article paru dans
l'édition du 13 avril 2004
Le
Palestinien longtemps escamoté de son paysage
Il a fallu trois décennies
à l’écrivain, historien et universitaire palestinien
Elias Sanbar pour élaborer, en exil, ce livre d’images
personnel et engagé.
Le
livre d’Elias Sanbar, Palestiniens, la photographie
d’une terre et de son peuple de 1839 à nos jours, est
passionnant, sous quelque angle qu’on le prenne.
Humainement, d’abord. Il y a quelque chose de
bouleversant à entrer dans la peau d’un Palestinien
exilé pour tenter de comprendre, à défaut de l’éprouver,
le manque venu de son déracinement forcé :
s’imagine-t-on, pour ne prendre qu’un exemple, ce que
représente l’impossibilité de mettre un visage sur des
grands-parents, de retrouver leurs tombes dans un
cimetière pillé ? D’entrée, ce livre nous fait donc
entrer dans la démarche personnelle d’un enfant - mais
combien de dizaines de milliers étaient-ils ? - qui,
arraché à sa ville natale de Haïfa, devenue " un trou
noir ", a besoin pour se construire, une fois parvenu à
Beyrouth, de se confronter à de vraies images et à
d’autres, rêvées, pour penser son pays. Idéologiquement,
ensuite. Connu comme historien, écrivain, mais aussi
comme responsable politique, comme directeur, aux
Éditions de Minuit, de la revue d’Études palestiniennes,
Elias Sanbar nous livre-là un ouvrage critique. Il n’a
pas fait, toute sa vie, que collecter une production
photographique, d’autant plus impressionnante que la
Palestine, omniprésente dans les esprits comme pays
décor de la Bible, est un lieu chargé, un territoire
hautement symbolique, à partir duquel se déchaînent,
depuis toujours, passions et polémiques. Non, il a
scruté et analysé ces tirages en déployant une pensée,
en travaillant un point de vue. Et le plus frappant dans
la déconstruction qu’il opère grâce à la mise en
résonance de ces images entre elles, c’est que, selon
lui, les Palestiniens étaient des intrus sur leur terre
bien avant l’arrivée des juifs... Photographiquement,
enfin. Elias Sanbar n’a pas fait que se débattre dans
les affres de la technique, se coltinant les archives
des débuts de la photographie, dans les années 1850,
avec ses lots de daguerréotypes, talbotypes, de plaques
au collodion, jusqu’aux tirages numériques
d’aujourd’hui. Non, il a, dans des fonds
institutionnels, des collections particulières et de ses
propres tiroirs, déterré des trésors, jusque-là restés
inédits parce qu’ils étaient d’autant plus parcimonieux
qu’ils étaient pris soit d’un point de vue décalé, soit
de l’intérieur. Il en est ainsi, par exemple, des rares
images de 1948 montrant des Palestiniens qui, alors
accusés de jeter les juifs à la mer, y sont eux-mêmes
jetés, alors qu’ils sont chassés de leurs terres à
Jaffa, Gaza ou Falouja. De quoi donner corps au point de
vue de l’auteur et insister sur le fait que la
photographie a beau documenter le réel, elle ne détient
pas pour autant la vérité. Ce livre n’en fait-il pas,
d’ailleurs, la preuve à longueur de page selon que l’on
adopte le point de vue d’Élias Sanba ou celui, fabriqué
de l’autre côté ?
La quiétude des lieux bibliques
Ainsi, aussitôt le livre ouvert, on est comme envoûtés par
la quiétude, la douceur, la lumière qui se dégagent de
lieux que l’on croirait figés. Nous sommes dans la
première moitié du XIXe siècle, bien loin de l’imagerie
véhiculée aujourd’hui par les reporters-photographes à
l’affût du spectaculaire. Il s’agit alors, explique
Elias Sanbar qui fait parler les images, de faire
correspondre les paysages de la terre sainte avec ceux
décrits dans l’Ancien et le Nouveau Testament, en
d’autres termes de montrer la Palestine comme LE pays
décor de la Bible, le photographiant, donc, de façon à
ce qu’il soit hissé à la hauteur des Écritures. L’auteur
crée un néologisme pour évoquer un phénomène de "
géopiété ". Ainsi le photographe Francis Frith se
révèle-t-il l’un des meilleurs experts dans la
fabrication de cette imagerie. D’autres lui emboîteront
le pas comme Maxime du Camp, formé à la photographie par
le grand Gustave Le Gray, et qui débarquera bientôt sur
place, flanqué de l’écrivain Gustave Flaubert. Le
paysage est sensuel, mais sans chair, comme désincarné.
Le Bédouin, parce qu’il est nomade et ne fait que se
déplacer dans l’image, est tout juste toléré.
L’autochtone est gênant. Il est débarqué du cadre,
escamoté, réduit à une ombre chinoise, ou servant
d’échelle humaine dans le paysage. Il devient "
squatteur de son propre pays ". " L’effacement " du
peuple palestinien, qui durera des années, est en
marche. Comment fabrique-t-on de l’abstrait avec le plus
concret des procédés, la photographie ? se demande Elias
Sanbar, qui dit avoir, en vain, cherché, dans les
tirages d’époque, des vues animées des rues de
Jérusalem...
L’époque des studios photo
Le livre ne tombe jamais dans la chronologie. N’empêche !
Le temps passe. La Palestine se retrouve sous mandat
britannique. Les déplacements internes se multiplient.
Cela n’aide pas à rendre visible le Palestinien,
toujours aussi transparent. Pourtant, au début du
siècle, des studios photo ouvrent, bientôt tenus par des
photographes du cru. Khalil Raad est de ceux-là. Il est
très mobile. Un jour à Naplouse, un autre à Ramallah,
Jérusalem, quand ce n’est pas dans le village d’Askar.
Ses paysages sont sublimes, puissants, pleins de
profondeur de champ ; ses portraits de groupe,
saisissants. Les gens, en confiance, sont captés dans le
vif de leur vie, qui ne manque pas d’énergie. Ils
sourient, ils se marrent, ils sont eux-mêmes. L’un des
clous du livre met en scène la rupture entre d’un côté
le troublant mimétisme qui se dégage des portraits
exotiques d’une jeune Peau-Rouge des États-Unis,
photographiée dans l’esprit d’Edward S. Curtis, et celui
d’une mariée de Bethléem, immortalisée, dans le même
décor, par la Maison Bonfils, et de l’autre, le portrait
en pied, attachant, vivant, espiègle, rieur d’une très
jeune femme avec enfant, tenant son voile dans ses
dents. Le jour et la nuit ! Cette dernière photo est
prise par Khalil Raad. On s’en serait douté tant son
regard est différent, tant il révèle une autre relation
photographiant-photographié.
La récupération d’une visibilité
Suivent des séries de cartes postales, de vues
stéréoscopiques, de photos coloriées d’avant l’invention
de la photo couleur. Magnifiques chromos qui font,
aujourd’hui, la joie des collectionneurs. Et, miracle !
la reconstitution d’un album photo idéal, totalement
improbable tant il envoie bouler la lutte des classes,
mêlant, dans un même élan, portraits de maquisards,
cartes de visite de gens humbles, photos de nantis, de
notables, bal masqué à la résidence d’Alfred Roch,
parade au drapeau, orchestre de la radio, enfants,
propriétaires terriens, scènes de combat qui, rarement
montrées, opposent Palestiniens et soldats de la
Haganah, saisies entre novembre 1947 et mai 1948.
Enfin, les Palestiniens sont en train de récupérer leur
nom, de reprendre pied dans la vie, sur leur sol, dans
la photographie. En 1967, les violences reprennent. Avec
elles, les photos montrant l’exode, l’installation et la
vie quotidienne dans les camps de réfugiés installés aux
frontières de Syrie, de Jordanie, du Liban, avant que
ceux-ci ne soient atrocement bombardés par l’aviation
israélienne. Scènes de groupe avec femmes montrées comme
des Vierges à l’enfant. Colonies qui déboulent.
Bombardements. Atmosphère de guerre civile. Les
feydayins prennent l’habitude de se faire tirer le
portrait avant de s’enrôler dans les mouvements
clandestins. Désormais au centre de l’actualité
internationale, quelle image le mouvement de résistance
veut-il produire de lui-même ? se demande l’auteur qui
n’esquive pas les sujets embarrassants comme la
propagande montrant les Palestiniens occupés aux travaux
des champs pour faire croire à une " révolution sociale
".
La première Intifada est marquée par la dangereuse
chorégraphie des lanceurs de pierre, documentée par des
clichés ne montrant rien : " Ni le lanceur, ni
l’occupant entre lesquels les photographes ont choisi de
s’interposer ", remarque Elias Sanbar. En tout cas, le
peuple, ses enfants deviennent soudain
extraordinairement visibles pour l’artiste Patrick
Tosani, pour le reporter Jean-Claude Coutausse, pour des
photographes comme Olivier Thébaud, Joss Dray ou Antoine
d’Agata dont les éuvres, soigneusement choisies, ne
dénaturent pas le propos de l’auteur. Le travail de ce
dernier, réalisé en avril 2002, alors que le camp de
Jénine vient de subir le même sort que ceux de Sabra et
Châtila, est exemplaire d’une démarche qui, en
multipliant les angles, cherche à éviter le point de vue
simplificateur. Rarement on avait eu sous les yeux un
matériau photographique sur le conflit dans cette région
aussi possiblement complexe pour réfléchir...
Magali Jauffret
Palestiniens, la photographie d’une terre et de son peuple
de 1839 à nos jours, par Elias Sanbar. Éditions Hazan.
400 pages, 650 illustrations. 59 euros. |
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ETAT
DE SIEGE
Mahmoud
Darwich
Actes Sud - Sindbad
mars 2004
120 pages
CHF 41.60
voir article dans la
rubrique presse
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PALESTINE -
LA DERNIERE COLONIE
Lucas Catherine
EPO, 2004
311 pages
ISBN 2-87262-200-4
CHF 42.90
Commandez
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L'implantation incessante de nouvelles colonies juives en
Palestine, des attentats suicides en Israël, une paix
impossible à conquérir au Proche-Orient?
En partant du XVI ème siècle, Lucas Catherine nous immerge
dans cette région pour nous décrire la Palestine comme une
terre fertile et Jérusalem comme une ville en plein essor.
A la fin du 19ème siècle, une infime minorité juive y est
présente mais pour des raisons essentiellement religieuses;
elle n'avait à cette époque aucune ambition économique ou
politique. En 2003, 92% des territoires palestiniens
ressortent «de la propriété inaliénable de l'ensemble du
peuple juif»... Alors que plus de 4 millions de Palestiniens
ont déjà été exilés en dehors des frontières historiques de
la Palestine, les enfants de la seconde Intifada subissent
l'occupation militaire de Tsahal et restent confrontés au
principe sioniste: «Un pays sans peuple pour un peuple sans
pays»...
Qu'est-ce que le sionisme? Que prône cette idéologie et qui
la soutient? Est-ce la dernière forme du colonialisme?
Quelle est l'implication des Etats-Unis et des principaux
pays européens dans ce conflit sanglant? Et quelles sont les
conditions pour y mettre fin?
Richement illustré avec des photos et des cartes, cet
ouvrage de fond s'imposait pour répondre à l'une des
questions les plus complexes de l'histoire contemporaine.
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Palestine
& Palestiniens
ATG
GROUPE DE TOURISME ALTERNATIF
Plus
qu'un simple guide touristique, cet ouvrage permet une découverte
profonde du patrimoine historique, archéologique,
religieux, architectural et culturel palestinien, comme
des réalités quotidiennes de l'occupation israélienne.
Il présente et raconte des lieux enracinés dans la mémoire
et la culture palestiniennes, des sites témoins d'une
histoire et d'une identité forgées au contact des
civilisations du Moyen-Orient, de la Méditerranée et
de la Péninsule arabe, mais aussi les tragédies
contemporaines et la lutte du peuple palestinien pour
recouvrir ses droits.
Des documents variés, des biographies de personnalités
culturelles et politiques, des poèmes, des chants
populaires, des suggestions de lecture donnent à ce
guide un ton didactique. En outre, de nombreuses
adresses d'institutions et d'association fournissent aux
visiteurs l'opportunité de multiplier les rencontres
et les visites.
Par ses informations pratiques (transports, hôtels, cafés,
restaurants, musées, centres culturels), il offre également
des renseignements utiles pour préparer un voyage
inoubliable.
Une
invitation à découvrir la Palestine
P.O.
BOX 173
BEIT SAHOUR, PALESTINE
Tél. : 972-2-277 21 51
Fax. : 972-2-277 22 11
e-mail : atg@p-ol.com
web : www.patg.org
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Le parfum de notre terre. Voix
de Palestine et d'Israël
par
Kenizé Mourad
Robert Laffont, 2003
ISBN: 2-221-09822-6, 21 EUR
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Les
Editions Laffont viennent de publier un recueil de témoignages
poignants sur la situation en Palestine et en Israël, réunis
au cours des derniers mois par Kenizé Mourad, reporter
spécialisée dans le Moyen-Orient sous le double titre
de ´Le Parfum de notre terreª et ´Voix de Palestine
et d'Israëlª.
L'auteure
a parcouru le pays en interrogeant des enfants, des
adultes, des familles et nous livre la preuve accablante
des conditions de vie et de mort des Palestiniens, de
l'impossibilité de connaître l'enfance et l'espérance
dans les Territoires occupés, de l'horizon totalement
bouché pour des millions d'êtres humains, farouchement
déterminés à résister malgré un terrible sentiment
d'abandon.
Croyants
et non croyants, combattants et pacifistes, s'expriment
en toute sincérité. Et c'est peut-être de quelques
Israéliens, malheureusement atypiques, que s'élève le
réquisitoire le plus violent et le plus désespéré
sur la politique israélienne et sur ses conséquences.
Ainsi
s'exprime Jeremy Milgrom, un rabbin de l'association ´Rabbins
pour les Droits de l'Hommeª:
´Nous
avons soutenu le plan Rabin, mais aujourd'hui il est
clair qu'Israël a utilisé le processus d'Oslo pour
consolider son contrôle sur les Territoires occupés.
Nous faisons dans ces territoires exactement ce que
faisaient les Sud-Africains: créer des bantoustans, les
contrôler, conserver la totale maîtrise de l'eau. Les
Israéliens ne veulent rien partager, la grande majorité
d'entre eux ne vit pas au Moyen-Orient, mais dans un îlot
européen, crée artificiellement. Nous avons une
attitude négative envers cette région, sa culture et
sa religion. Nous avons construit notre ghetto de luxe
(...) Pour le moment, le monde ne réagit pas car les
Juifs sont influents et les gens ont peur d'être taxés
d'antisémitisme. Mais c'est nous, Juifs, qui sommes
aujourd'hui responsables de l'antisémitismeª.
Léa
Tsemel, avocate israélienne qui défend depuis trente
ans les droits de l'Homme, explique comment elle a
compris qu'Israël n'était ni plus ni moins qu'un Etat
colonialisteª. ´La seule différenceª, précise-t-elle
étant que ´cet Etat, au lieu de dominer la population
indigène, l'a chasséeª. ´J'ai compris que l'on
m'avais trompée, que nous n'étions pas cette grande démocratie
dont j'étais si fière, et que le slogan sur lequel
nous avions construit notre pays: ´un peuple sans terre
pour une terre sans peupleª n'était qu'un mensongeª.
Et quand Kenizé Mourad lui demande: ´¿ votre avis, ce
sont les attentats-suicides qui ont durci l'opinion?ª,
elle répond sans hésiter: ´Mais non, voyons! Le
gouvernement israélien ne veut pas négocier et il
prend cela comme excuse. ¿ une époque, l'excuse, c'était
les pierres. Il disait ´On ne peut pas discuter:
comment pouvez-vous avoir confiance en des gens qui vous
lancent des pierres?ª ´En fait, ajoute-t-elle,
l'impact des attentats-suicides aurait dû être énorme
sur les Israéliens. Nous aurions dš nous poser la
question: ´Pourquoi font-ils cela?ª Nous aussi, Juifs,
nous avons eu nos suicides héroïques, depuis Samson
jusqu'à Massada. En 1947-48, nous avons eu beaucoup de
martyrs dans l'armée. Les Israéliens devraient admirer
les Palestiniens qui se sacrifient pour leur cause,
comme nous l'avons fait nous-mêmes. Au lieu de cela, on
les qualifie de monstres et de fanatiques. Pas un
instant on ne se demande ce qui pousse ces jeunes à se
faire exploser dans la rue! Les gens gobent la
propagande du gouvernement, et ils s'endurcissent de
plus en plus. (...) Les Israéliens sont persuadés
qu'ils sont au-dessus de toute critique morale. Ne
voyez-vous pas leur réaction, si les Nations Unies ou
un quelconque gouvernement osent un mot: ´Qui êtes-vous
donc pour nous accuser? C'est nous les victimes, ne
l'oubliez pas, vous êtes des antisémites, voulez-vous
un autre holocauste?ª
Yitzhak
Frankenthal, Président du Forum des familles, une
association qui réunit des parents ayant perdu leur
enfant victime du terrorisme, et dont le fils de 19 ans
a été enlevé et tué, en 1994, par le Hamas quand il
était soldat, a tenu publiquement les propos suivants,
le 27 juillet dernier: ´Il est contraire à la morale
de tuer des femmes et des enfants innocents, israéliens
ou palestiniens. Il est Egalement contraire à la morale
de dominer une autre nation et de l'amener à perdre son
humanité. (...) Nous avons perdu nos valeurs morales
bien avant les attentats-suicides. Le point de rupture a
été atteint quand nous avons commencé à dominer une
autre nation. Mon fils Arik est né dans une démocratie,
avec la possibilité de mener une vie normale,
tranquille. L'assassin d'Arik est né au milieu d'une
occupation effroyable, dans un chaos moral. Si mon fils
était né à sa place, il aurait peut-être fini par
faire la même chose. Si moi-même j'étais né dans le
chaos politique et moral qui constitue la vie
quotidienne des Palestiniens, j'aurais certainement
essayé de tuer et de nuire à l'occupant; sinon
j'aurais été un traître à ma nature même d'homme
libre. Que tous les gens si contents d'eux-mêmes, qui
parlent d'assassins palestiniens impitoyables, se
regardent sans complaisance dans la glace, qu'ils se
demandent ce qu'ils auraient fait, s'ils avaient été
ceux qui vivent sous l'occupation. Pour ce qui est de
moi, Yitzhak Frankenthal, je peux dire que serais
devenu, sans aucun doute, un combattant pour la liberté,
et que j'aurais tué autant de ceux d'en face que
j'aurais pu. C'est cette hypocrisie perverse qui pousse
les Palestiniens à nous combattre sans répit: notre
duplicité, qui nous permet de nous vanter des critères
très élevés de notre éthique militaire, pendant que
ces mêmes militaires assassinent des enfants innocents.
Mon fils Arik a été tué quand il était soldat par
des combattants palestiniens qui croyaient au fondement
moral de leur lutte contre l'occupation. Mon fils Arik
n'a pas été tué parce qu'il était juif, mais parce
qu'il faisait partie de cette nation qui occupe le
territoire d'une autre. (...) Quiconque refuse de tenir
compte de cette terrible vérité nous conduira en fin
de compte à la destruction.
Les
Palestiniens ne peuvent pas nous chasser - cela fait
longtemps qu'ils ont reconnu notre existence, qu'ils
sont prêts à faire la paix avec nous. C'est nous qui
ne voulons pas faire la paix avec eux. C'est nous qui
persistons à les maintenir sous domination; c'est nous
qui aggravons la situation dans la région et qui
entretenons le cycle de carnage. Je regrette de le dire,
mais la responsabilité est entièrement de notre cité.
Je
n'ai pas l'intention d'absoudre les Palestiniens, ni en
aucun cas de justifier les attaques contre les civils
israéliens. On ne peut trouver d'excuse à aucune
attaque contre des civils. Mais en tant que force
d'occupation, c'est nous qui foulons aux pieds la dignité
humaine, c'est nous qui étouffons la liberté des
Palestiniens et c'est nos qui poussons une nation entière
à la folie de ces actes désespérésª.
Marie-Claude Vignaud
- Al Hamchari
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Praline
Gay-Para
CONTES POPULAIRES DE
PALESTINE
Actes Sud , n° 564
Contes et comptines
novembre 2002 / 11 x 17,5 / 112 pages
ISBN 274274150X / F79158
prix indicatif : 6 euros
Commandez
Merveilleux,
facétieux ou animaliers, ces contes sont extraits
d'un vaste corpus provenant de différents recueils
collectés dans la tradition orale palestinienne.
Le lecteur reconnaîtra dans certains récits une
parenté avec des contes célèbres du répertoire
international, d'autres textes l'étonneront par
leur originalité de ton ou de motif – tous sont
le fruit d'un métissage millénaire, une alchimie
que seul un pays comme la Palestine, où se sont
succédé et croisés tant de peuples, de religions
et de cultures, pouvait nous offrir.
Conteuse, Praline Gay-Para se produit dans de
nombreux lieux ou festivals en France et dans le
monde. Elle a publié plusieurs ouvrages pour
enfants et recueils de contes.
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Moyen-Orient
1945-2002,
histoire d'une lutte de classes.
Théo
Cosme
Éditions Senonevero
320 pages
Commandez
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De
la fin de lEmpire ottoman à la guerre du Golfe
(1991), la « Question dOrient » était
celle du développement des rapports capitalistes au
Moyen-Orient. LOrient constituait une « Question
» car ce développement nétait pas
endogène. La formation de bourgeoisies y fut cahotique
et la production de prolétaires catastrophique. Depuis
la fin de lEmpire ottoman, la formation de rapports
sociaux spécifiquement capitalistes sest déroulée
au Moyen-Orient au travers de la succession de trois factions
dominantes de la bourgeoisie : bourgeoisie foncière,
administrative et commerçante ; bourgeoisie nationaliste
; bourgeoisie rentière (malgré nos critiques,
nous reconnaissons notre dette envers les travaux de Georges
Corm). Chacune, dans sa spécificité, inclut
et exprime à un moment donné les nécessités
générales du développement du capital.
Par là également, leur action peut parvenir
dautres buts que ceux quelles sétaient
primitivement fixés. Cest dans ce cadre que nous
étudions ici la formation de lEtat dIsraël,
la montée de lislamisme, la révolution
iranienne, la guerre du Liban, la première Intifada,
léchec du mouvement palestinien, linvasion
du Koweit et lélimination finale de la figure
autonome du rentier. Plus généralement, les
guerres israélo-arabes constituent, pour les pays arabes,
le critère et lhistoire du développement
en leur sein des rapports sociaux capitalistes, lexistence
dIsraël ayant été jusquà
maintenant la contrainte à ce développement.
Cest la guerre du Golfe en 1991 qui a définitivement
résolu le problème essentiel que posait le Moyen-Orient
dans la restructuration mondiale du mode de production capitaliste
: lintégration de la rente pétrolière
dans la péréquation générale du
taux de profit. On peut alors cesser de considérer
le Moyen-Orient comme une question particulière. La
« Question dOrient » se trouve fondamentalement
résolue dans la mondialisation des rapports capitalistes,
ce que confirment la caducité du sionisme, leffacement
et les risques dimplosion de lArabie Saoudite,
la seconde Intifada, lévolution de lislamisme
et la guerre américaine en Afghanistan.
Reste maintenant la question générale de la
définition, de lexploitation et de la reproduction
dun prolétariat massivement déraciné
et paradoxalement renvoyé à des solidarités
apparemment traditionnelles.
Outre son découpage et la compréhension de celui-ci,
le parcours du capitalisme au Moyen-Orient pose donc plusieurs
problèmes théoriques majeurs : le caractère
non endogène du développement du capitalisme
; le rapport entre les identités intermédiaires
(communautés religieuses ou ethniques) et lEtat-nation
; le rapport de la rente pétrolière à
la péréquation du taux de profit ; les formalisations
religieuses et nationalistes de la lutte de classe.

"Israël/Palestine,
le livre noir"
Éditions
La Découverte
240
pages, 16 EUR
Commandez
Pour la première fois, et à l'initiative
de Reporters sans frontières, un ouvrage rassemble
des enquêtes de huit organisations israéliennes,
palestiniennes et internationales sur les violations des droits
de l'homme commises depuis plus de deux ans en Israël
et en Palestine. Son objectif : recenser et dénoncer
les exactions d'où qu'elles viennent et quelles qu'elles
soient. Sortie le 7 novembre.
Pour
la première fois, et à l'initiative de Reporters
sans frontières, un ouvrage rassemble des enquêtes
de huit organisations israéliennes, palestiniennes
et internationales sur les violations des droits de l'homme
commises depuis plus de deux ans en Israël et en Palestine.
Son objectif est simple : dénoncer les exactions
d'où qu'elles viennent et quelles qu'elles soient.
Afin de dépasser les émotions partisanes que
suscite le conflit israélo-palestinien, les rapports
des organisations israéliennes et palestiniennes ne
concernent que les violations imputables à leur propre
camp. Ces contributions " offrent une perspective spécifique,
voilée aussi bien par les reportages d'actualité
que par les analyses géopolitiques et diplomatiques
", écrit Rony Brauman, ancien président
de Médecins sans frontières, dans la préface
de " Israël/Palestine, le livre noir ".
Après
une introduction qui retrace les grandes étapes du
conflit israélo-palestinien, "Israël/Palestine,
le livre noir" recense des violations des droits de l'homme
devenues dramatiquement banales tant elles sont nombreuses
du côté israélien comme du côté
palestinien. Certaines sont directement liées à
la reprise du conflit, en septembre 2000 : morts de civils
(incursions militaires à Naplouse et Jénine
ou opérations "kamikazes"), arrestations
et détentions arbitraires, exécutions extrajudiciaires,
intimidations à l'égard de la presse. D'autres
s'inscrivent dans la politique de colonisation menée
par Israël : démolition de maisons, destruction
de terres agricoles, sanctions collectives, blocage des voies
de communication. Qu'elles prennent encore la forme de torture,
de discrimination ethnique et religieuse, d'entraves à
la liberté d'expression ou d'association, elles ont
toutes un point commun : elles constituent de graves
manquements à tous les textes internationaux relatifs
aux droits de l'homme.
Réunis
et présentés par Reporters sans frontières,
ces quinze rapports sur les violations des droits de l'homme
en Israël et en Palestine ont été rédigés
par : Amnesty International, B'Tselem, la Fédération
internationale des ligues des droits de l'homme, Human Rights
Watch, Reporters sans frontières, Palestinian Center
for Human Rights, The Palestinian Human Rights Monitoring
Group et The Public Committee Against Torture in Israel.
Le
voyage en palestine
Ouvrage
Collectif de
Russell BANKS, Breyten BREYTENBACH, Hélène CIXOUS,
Vincenzo CONSOLO, Bei DAO, Jacques DERRIDA, Juan GOYTISOLO,
Christian SALMON, Wole SOYINKA
du Parlement International des écrivains Le voyage
en palestine
En librairie le 15 septembre 2002
Essai. Collection Essais, 144 p. ISBN 2.84158-213,2. 13 ..
Commandez
Le
voyage en Palestine regroupe neuf textes écrits par les
membres d'une délégation du Parlement International
des écrivains, envoyée au Proche-Orient en réponse
à un appel d'un des membres fondateurs du Parlement,
le poète palestinien Mahmoud Darwich. Il s'agissait de
lui témoigner, ainsi qu'aux intellectuels palestiniens,
et donc au peuple de Palestine, la solidarité du PIE
à un moment où les conditions réservées
à l'exercice de la pensée sont, dans cette zone,
devenues intolérables pour tout homme libre. à
la violence cadastrale exercée contre le territoire,
à la dissémination des frontières, à
l'effondrement du langage et au rapport panique à autrui,
répondent ici sept écrivains, plus soucieux d'observer
attentivement la vie quotidienne que de prÍter leurs voix aux
litanies idéologiques. Les textes ici publiés
l'ont été pour la plupart dans les colonnes du
Monde et de Libération au printemps 2002, quelques jours
après leur retour de Palestine. Au-delà des vives
polémiques qu'ils ont suscitées, ils représentent
tous des témoignages extrÍmement précis et vivants
d'un quotidien que la spectacularisation médiatique ne
peut ou ne veut généralement saisir. Bien plus
denses, profonds et évocateurs que la plupart des reportages
écrits, ils sont donc, au-delà également
de l'actualité la plus immédiate, destinés
à rester. Russell Banks est romancier et président
du Parlement International des écrivains. Breyten Breytenbach
est poète. Vincenzo Consolo est romancier. Bei Dao est
poète. Juan Goytisolo est romancier. Christian Salmon,
écrivain, est secrétaire général
du Parlement International des écrivains. Wole Soyinka
est prix Nobel de littérature. EXTRAIT NOTE DE L'EDITEUR
C'est à la demande du poète palestinien Mahmoud
Darwish, qui n'avait pas eu la possibilité depuis de
longs mois de répondre à plusieurs invitations
à l'étranger, qu'une délégation
du Parlement international des écrivains s'est rendue
au printemps 2002 dans les territoires occupés. Le discours
prononcé par le poète, lui-mÍme membre du Parlement,
à Ramallah le 25 mars, en plein siège, à
l'attention de la délégation, ouvre ce recueil.
Ses membres (issus de quatre continents : d'Afrique avec le
prix Nobel nigérian Wole Soyinka, et le poète
sud-africain Breyten Breytenbach ; de Chine avec le poète
dissident Bei Dao ; d'Europe, avec le romancier espagnol Juan
Goytisolo, le prix Nobel portugais José Saramago, le
romancier italien Vincenzo Consolo et l'écrivain franÁais,
secrétaire général du PIE, Christian Salmon
; ainsi que d'Amérique du Nord, avec le romancier Russell
Banks), en se déplaÁant pour plusieurs jours sur les
lieux, souhaitaient exprimer, à lui, aux intellectuels
et donc au peuple de Palestine, la solidarité du PIE
à un moment où les conditions réservées
à l'exercice de la pensée sont, dans cette zone,
devenues intolérables pour tout homme libre. Il s'agissait
à la fois d'aller à la rencontre des écrivains
palestiniens assiégés, de briser l'isolement de
personnes qui ne souhaitent pas quitter leur pays et trouver
asile ailleurs, et de témoigner d'une situation invraisemblablement
malheureuse. à la violence cadastrale exercée
contre le territoire, à la dissémination des frontières,
à l'effondrement du langage et au rapport panique à
autrui, répondent donc sept écrivains, plus soucieux
d'observer attentivement le quotidien que de prÍter leurs voix
aux litanies idéologiques. Les textes ici publiés
constituent des témoignages précis et vivants
d'une réalité dont la spectacularisation médiatique
ne permet pas de prendre conscience. Force de la littérature
sans doute qui, par sa saisie de la durée et de l'expérience
intérieure, pulvérise les représentations
aseptisées de l'horreur propagées par l'industrie
´ de l'information ª. Bien plus évocateurs que la plupart
des reportages, ils sont donc, au-delà également
de l'actualité la plus immédiate, destinés
à rester. Ils sont accompagnés de messages de
Hélène Cixous et Jacques Derrida. Le lecteur trouvera
en fin de volume le texte intégral de l'Appel à
la paix en Palestine lancé par le PIE le 6 mars 2002,
qui a recueilli en tout plus de six cents signatures.

" Rêver
la Palestine "
Auteur
: Randa GHAZY
éditeur : Flammarion
Collection : GF FLAMMARION
Genre : LITTéRATURE - DOCUMENTS
Prix éditeur : 10,00 euros
Commandez
Premier roman d'une jeune adolescente
de 15 ans, qui aborde un sujet d'actualité que les
générations d'aujourd'hui maîtrisent mal,
le conflit du Proche-Orient, et ce, vu de l'intérieur.
Tout commence par le récit de la vie d'Ibrahim, dont
le père, muezzin, passionné par la religion
et la guerre, a été abattu par des soldats israéliens.
Sa rencontre avec Nedal lui redonnera le goût du bonheur...
Mais jusqu'à ce que des troupes israéliennes
envahissent son village. Un roman fort, qui ne donne pas des
solutions, mais permet de réfléchir sur ce conflit
qui semble insoluble et qui pourra parfois déranger
par les prises de position. Un récit étonnant
par sa maturité. À lire pour essayer de comprendre.
LA
GUERRE ISRAELIENNE DE
L'INFORMATION
Denis Sieffert
aux éditions La Découverte
128 pages -8 euros - ISBN : 2-7071-3839-81
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La guerre, avant d'être une affaire militaire,
est une affaire de mots. Ils ont joué un rôle
majeur dans l'offensive déclenchée, le 28 février
2002, par l'armée israélienne contre les villes
palestiniennes. On sait à quel point, à cette
occasion, elle a placé l'information sous contrôle.
Mais on sait moins que l'offensive a été préparée
par un long travail de délégitimation de l'Autorité
palestinienne. Cette entreprise de désinformation commence
dès le lendemain de la négociation de Camp David
Il, en juillet 2000 : le « refus » de Yasser Arafat
d'accepter la « généreuse)) proposition
israélienne de restitution de «97%» des
territoires occupés va devenir une vérité
acceptée par l'ensemble de l'opinion internationale.
Or, comme le démontrent les auteurs de ce livre, il
s'agit d'un pur mensonge, suivis de bien d' autres. Pourquoi
ont-ils pu être aussi largement repris par la presse
mondiaie, et française en particulier? Pour répondre
à cette question, les auteurs ont décrypté
la presse écrite et audiovisuelle, révélant
comment, au même moment, les mêmes réécritures
de l'histoire ou de l'actualité immédiate apparaissent
dans la plupart des médias. Et en les confrontant aux
témoignages de Palestiniens qu'ils ont recueillis,
ils montrent à quel point le souci d'une prétendue
objectivité peut devenir un obstacle à la vérité.
Loin de tout parti pris militant, ce livre salutaire est aussi
un appel à la responsabilité de ceux qui manient
la parole publique, pour leur rappeler que les mots et les
images peuvent tuer.
Denis Sieffert, directeur de la rédaction de
l'hebdomadaire Politis, a réalisé plusieurs
reportages au Proche-Orient depuis 1986, au Liban, en Palestine
et Israel.
Joss Dray, photographe, est l'auteur de nombreuses
expositions sur la mémoire du peuple palestinien, ainsi
que de chroniques sur des cites de banlieue. Elle a p articipé
à p lusieurs ouvrages, dont Femmes aux mille portes
(avec Lella Houari, EPO-Syros, 1996) et Caravane des quartiers
(avec Béatrice Castoriano et Medhi Laflaoui, Fondation
Abbé Pierre, 1999).
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Aux
origines du Dieu unique :
l'invention du monothéisme
SOLER, Jean
2002, Editions de Fallois, Paris
prix : 21,5 Euros
Commandez
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Michel
Sabbah - Paix sur Jérusalem -Propos
d'un évêque palestinien de Yves Teyssier
d'Orfeuil
aux éditions Desclée de Brouwer
"Prix Palestine - Mahmoud Hamchari 2002"
ISBN : 2220049949 - Avril 2002 - 304 pages - 20,00 euros
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"Ce
pays à la quête de Dieu finira-t-il par rencontrer
Dieu ?" Cet appel vibrant, cest Monseigneur Michel
Sabbah, évêque palestinien et patriarche latin
de Jérusalem qui le lance, renouvelant ainsi son message
de paix et lopposition absolue de lEglise à
la violence. Car justice et réconciliation sont au
c„ur des préoccupations de cet enfant de Nazareth,
devenu porte-parole des chrétiens palestiniens, vivant
au milieu de communautés religieuses différentes
dans un contexte politique dramatique.
Retraçant avec passion litinéraire et
la mission du patriarche de Jérusalem, cet ouvrage
resitue aussi les différentes dimensions de sa quête
incessante de la paix - une paix qui ne peut se concevoir
et se réaliser sans rendre justice au peuple palestinien,
trop souvent bafoué dans ses droits. Etre chrétien
en Terre sainte aujourdhui est à la fois une
vocation et un combat, spirituel, moral et psychologique.
Quel dialogue engager entre les Eglises ? Quel lien entretenir
avec lislam ? Comment trouver un juste équilibre
avec le judaïsme, quand Israël est perçu
comme loppresseur ? Dans son constat, le patriarche
rejoint les grandes intuitions de Jean-Paul II sur Jérusalem
et la Terre sainte.
A lheure où le conflit israélo-palestinien
se durcit et où de nouvelles vagues de violence sabattent
sur le pays, Mgr Michel Sabbah délivre aussi le meilleur
des encouragements : lespérance. Yves Teyssier
d'Orfeuil a écrit ce livre suite à une serie
d'entretiens avec Michel Sabbah à Jérusalem.
Arabisant, diplômé en Histoire et Science politique,
il a enseigné deux ans à l'Université
de Bethléem et est l'auteur de "Bethléem
- 2000 ans d'histoire" paru en 1999 aux éditions
Desclée de Brouwer.
Le jury du "Prix Palestine - Mahmoud Hamchari",
du nom du Délégué de l'Organisation de
Libération de la Palestine en France, assassiné
à Paris en 1972 par le Mossad, s'est réuni le
vendredi 22 novembre en vue de désigner son lauréat
2002. Le choix du jury, présidé cette année
par le journaliste et écrivain Paul Balta, s'est porté
au deuxième tour de scrutin sur ce livre. Premier évêque
palestinien (nommé en 1987) depuis le rétablissement
du Patriarcat latin, Mgr. Sabbah qui s'est toujours voulu
un artisan de la paix (sa devise d'évêque est
"Dans la beauté de la Paix") s'y affirme
comme un rassembleur des énergies - il a réconcilié
les 18 églises divisées de Terre Sainte qui
parlent désormais d'une seule voix - au tempérament
de feu et à la foi intransigeante. "Redonnant
leur fierté à tous les chrétiens arabes,
il plaide pour le respect du droit à la sécurité
des Israéliens aussi bien que pour le respect du droit
à la justice et à un état de ses compatriotes
palestiniens." Le jury unanime s'est plu à souligner
par ailleurs les qualités remarquables du second volume
de la fresque historique conçue par l'éminent
universitaire arabisant Henry Laurens : La question de Palestine,
1922-1947. Une mission de civilisation (Fayard), faisant suite
à L'invention de la terre sainte, 1799-1922 ; le troisième
volume annoncé : Une terre deux peuples ? de 1948 à
nos jours, devant parachever une oeuvre incontournable pour
tous ceux qui veulent apprendre et comprendre le monde arabe.
Parmi les nombreux ouvrages présentés également
cette année - et qui ont tous suscité un vif
intérêt et beaucoup d'hésitations au moment
du choix - figurent notamment : Le droit au retour. Le problème
des réfugiés palestiniens, ensemble de 14 textes
de spécialistes de la question rassemblés par
Farouk Mardam-Bey et Elias Sanbar (Sindbad / Actes Sud) ;
Les femmes palestiniennes de Cécile Auréjac
(L'Hydre) ; Mémoires d'un village palestinien disparu
de Mohammed El Assad (Albin Michel) ; J'ai foi en nous . Au-delà
du désespoir du père Elias Chacour (Presses
de la Renaissance) ; La porte du soleil, d'Elias Khoury (Sindbad
/ Actes Sud). Le jury a salué enfin le courage de la
jeune lycéenne-écrivain Randa Ghazi, âgée
de 15 ans, dont le premier roman Rêver la Palestine
(Flammarion) relate avec beaucoup de force, d'émotion
et de tendresse, le vécu quotidien de jeunes Palestiniens
qui, confrontés à la violence aveugle, à
la souffrance et à la mort, puisent dans l'amitié
fervente qu'ils partagent la force d'aller au-delà
d'eux-mêmes dans le sacrifice. Le jury du Prix Palestine-Mahmoud
Hamchari, créé en 1970 à l'initiative
de l'Association de Solidarité Franco-Arabe et de la
revue France-Pays Arabes est constitué de dix membres
: Mesdames Marie-Claude Hamchari, Kénizé Mourad
et Huguette Pérol ; Messieurs Paul Balta, Lucien Bitterlin,
Francis Crémieux, Henri Loucel, Jean Rabinovici, Philippe
de Saint Robert et Robert Vial, secrétaire permanent
du jury.
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Palestine
- Les déchirures de Valérie Féron
aux Editions Le Félin (collection poche) [nouvelle
édition]
[ISBN : 2866454650 - 9,00 euros / 59,04 francs - 288
pages]
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Ce
livre, dont la première édition remonte à
février 2001, permet de comprendre les événements
actuels en Palestine et en Israël. Résultat d'une
longue enquête, il tient compte des développements
récents de la question palestinienne. Cet ouvrage est
fondé sur de nombreux entretiens et reportages que l'auteur,
journaliste, a effectués principalement à Nazareth,
à Bethléem et à Gaza auprès de la
population et particulièrement de la jeunesse palestinienne.
Celle-ci exprime ses espoirs, sa révolte et parfois son
désarroi. Une histoire en direct et une mise en perspective
de l'histoire des cinquante dernières années.
A l'occasion de sa sortie en format poche, une postface actualise
l'ouvrage dont le fond n'a pas, hélas, pris une ride.
- Extraits de la postface dans la nouvelle édition (octobre
2002) :
« Cest pire que la Nakba » entend-on souvent
en cette année 2002 en Cisjordanie et dans la bande de
Gaza en référence à la « catastrophe
» de 1948 lorsque les deux tiers du peuple palestinien
ont été chassés de la plus grande partie
de sa patrie historique démantelée, sur laquelle
lEtat dIsraël a été crée.
Un sentiment qui semble faire lugubrement écho aux propos
de Ariel Sharon élu Premier Ministre en février
2001 « la guerre dindépendance nest
pas finie. 1948 nétait quun épisode
». Jamais peut être la politique de conquête
de la terre et déviction du peuple palestinien
na été aussi clairement affichée
que pendant cette « Intifada al Aqsa », visant à
créer une « autre réalité »
(chapitre "l'identité palestinienne, p.260), dont
la terre tant revendiquée reste la première des
victimes.
Comme par le passé, la propagande israélienne
est active : un discours pour la Communauté Internationale
à laquelle on assure ne vouloir quéradiquer
« le terrorisme » palestinien, puis un discours
pour les Israéliens auxquelles on présente des
plans successifs de démonstrations de force de larsenal
militaire ultra-sophistiqué de Tsahal comme « le
seul langage que les Palestiniens comprennent » et ensuite
un discours pour les Palestiniens : leur anéantissement
politique social et moral. Et cest bien ce dernier message
qui s'affiche pour quiconque vit sur place en ces années
2001/2002, parfaitement résumé par les généraux
de larmée israélienne dans leur appel à
refuser de servir dans les territoires palestiniens :
« Nous qui avons été en service de réserve
dans tous les territoires et qui avons reçu des ordres
et des instructions qui n'ont rien à voir avec la sécurité
de l'Etat, mais dont le seul objectif est la domination du peuple
palestinien(ð) Nous déclarons que nous ne continuerons
pas à combattre dans cette guerre pour les colonies,
que nous ne continuerons pas à combattre au-delà
de la ligne verte pour dominer, expulser, affamer et humilier
tout un peuple » (Haaretz, 24 janvier 02). Certains clichés
qui continuent dêtre véhiculés sur
le conflit semblent nêtre quune sempiternelle
répétition de la déclaration de Lord Balfour
cité en début de cet ouvrage annonçant
clairement le parti pris occidental pour le sionisme1 (p.13).
On ne se gêne par ailleurs pas en Israël pour discuter
ouvertement à nouveau du « transfert les Palestiniens
» hors du Jourdain, en bref dune nouvelle déportation.
Dans le même temps la Communauté Internationale
exigera de lAutorité Palestinienne quelle
empêche les attaques contre les colons et les attentats
sur le territoire israélien, exigeant ainsi de loccupé
quil garantisse la sécurité de loccupant.
Sur le plan intérieur, Ariel Sharon a mis les institutions
au service de sa politique de répression, alors que lopposition
est minoritaire et a du mal à se faire entendre. Au sein
même de la société, le million de Palestiniens
citoyens dIsraël reste perçu comme une cinquième
colonne, et les pressions se font de plus en plus fortes sur
les députés arabes de la Knesset. Mais si lHistoire
semble se répéter la situation na rien de
comparable avec celle de 1948 : dabord parce que les Palestiniens
ont accédé à une légitimité
internationale indéniable. Ensuite parce qu'il y a une
évolution des sociétés dans le cadre notamment
des mouvements antimondialisation et des médias occidentaux,
notamment européens, qui fait réagir de plus en
plus, à défaut des gouvernants, les sociétés
civiles. Cest ainsi que régulièrement des
personnes de tout âge et de tout horizon viennent partager
la vie des Palestiniens et se faire témoins de leur quotidien.
Ce nest pas un hasard si les « missions de protection
du peuple palestinien » sont devenues une des cibles de
létat hébreu qui interdit fréquemment
à des étrangers dentrer sur son territoire
alors que de nombreux groupes sont expulsés dans des
conditions souvent violentes. De là découlent
des questions essentielles : que veulent les Israéliens
et quel avenir se préparent-ils ? Restent pour lheure,
des Palestiniens privés dun Etat souverain, mais
ancrés dans leur patrie. Quant aux Israéliens
citoyens dun Etat, ils semblent toujours à la recherche
de la leur. (Valérie Féron - Jérusalem-est,
le 20 juillet 2002)
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