Bibliographe Générale



- Bibliographe générale

LES PALESTINIENS
La photographie d'une terre et de son peuple de 1839 à nos jours

Elias Sanbar
Hazan, 2004
383 pages
ISBN 2850259012, 59 Euros
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L'Humanité Article paru dans l'édition du 13 avril 2004

Le Palestinien longtemps escamoté de son paysage

Il a fallu trois décennies à l’écrivain, historien et universitaire palestinien Elias Sanbar pour élaborer, en exil, ce livre d’images personnel et engagé.

Le livre d’Elias Sanbar, Palestiniens, la photographie d’une terre et de son peuple de 1839 à nos jours, est passionnant, sous quelque angle qu’on le prenne. Humainement, d’abord. Il y a quelque chose de bouleversant à entrer dans la peau d’un Palestinien exilé pour tenter de comprendre, à défaut de l’éprouver, le manque venu de son déracinement forcé : s’imagine-t-on, pour ne prendre qu’un exemple, ce que représente l’impossibilité de mettre un visage sur des grands-parents, de retrouver leurs tombes dans un cimetière pillé ? D’entrée, ce livre nous fait donc entrer dans la démarche personnelle d’un enfant - mais combien de dizaines de milliers étaient-ils ? - qui, arraché à sa ville natale de Haïfa, devenue " un trou noir ", a besoin pour se construire, une fois parvenu à Beyrouth, de se confronter à de vraies images et à d’autres, rêvées, pour penser son pays. Idéologiquement, ensuite. Connu comme historien, écrivain, mais aussi comme responsable politique, comme directeur, aux Éditions de Minuit, de la revue d’Études palestiniennes, Elias Sanbar nous livre-là un ouvrage critique. Il n’a pas fait, toute sa vie, que collecter une production photographique, d’autant plus impressionnante que la Palestine, omniprésente dans les esprits comme pays décor de la Bible, est un lieu chargé, un territoire hautement symbolique, à partir duquel se déchaînent, depuis toujours, passions et polémiques. Non, il a scruté et analysé ces tirages en déployant une pensée, en travaillant un point de vue. Et le plus frappant dans la déconstruction qu’il opère grâce à la mise en résonance de ces images entre elles, c’est que, selon lui, les Palestiniens étaient des intrus sur leur terre bien avant l’arrivée des juifs... Photographiquement, enfin. Elias Sanbar n’a pas fait que se débattre dans les affres de la technique, se coltinant les archives des débuts de la photographie, dans les années 1850, avec ses lots de daguerréotypes, talbotypes, de plaques au collodion, jusqu’aux tirages numériques d’aujourd’hui. Non, il a, dans des fonds institutionnels, des collections particulières et de ses propres tiroirs, déterré des trésors, jusque-là restés inédits parce qu’ils étaient d’autant plus parcimonieux qu’ils étaient pris soit d’un point de vue décalé, soit de l’intérieur. Il en est ainsi, par exemple, des rares images de 1948 montrant des Palestiniens qui, alors accusés de jeter les juifs à la mer, y sont eux-mêmes jetés, alors qu’ils sont chassés de leurs terres à Jaffa, Gaza ou Falouja. De quoi donner corps au point de vue de l’auteur et insister sur le fait que la photographie a beau documenter le réel, elle ne détient pas pour autant la vérité. Ce livre n’en fait-il pas, d’ailleurs, la preuve à longueur de page selon que l’on adopte le point de vue d’Élias Sanba ou celui, fabriqué de l’autre côté ?

La quiétude des lieux bibliques

Ainsi, aussitôt le livre ouvert, on est comme envoûtés par la quiétude, la douceur, la lumière qui se dégagent de lieux que l’on croirait figés. Nous sommes dans la première moitié du XIXe siècle, bien loin de l’imagerie véhiculée aujourd’hui par les reporters-photographes à l’affût du spectaculaire. Il s’agit alors, explique Elias Sanbar qui fait parler les images, de faire correspondre les paysages de la terre sainte avec ceux décrits dans l’Ancien et le Nouveau Testament, en d’autres termes de montrer la Palestine comme LE pays décor de la Bible, le photographiant, donc, de façon à ce qu’il soit hissé à la hauteur des Écritures. L’auteur crée un néologisme pour évoquer un phénomène de " géopiété ". Ainsi le photographe Francis Frith se révèle-t-il l’un des meilleurs experts dans la fabrication de cette imagerie. D’autres lui emboîteront le pas comme Maxime du Camp, formé à la photographie par le grand Gustave Le Gray, et qui débarquera bientôt sur place, flanqué de l’écrivain Gustave Flaubert. Le paysage est sensuel, mais sans chair, comme désincarné. Le Bédouin, parce qu’il est nomade et ne fait que se déplacer dans l’image, est tout juste toléré. L’autochtone est gênant. Il est débarqué du cadre, escamoté, réduit à une ombre chinoise, ou servant d’échelle humaine dans le paysage. Il devient " squatteur de son propre pays ". " L’effacement " du peuple palestinien, qui durera des années, est en marche. Comment fabrique-t-on de l’abstrait avec le plus concret des procédés, la photographie ? se demande Elias Sanbar, qui dit avoir, en vain, cherché, dans les tirages d’époque, des vues animées des rues de Jérusalem...

L’époque des studios photo

Le livre ne tombe jamais dans la chronologie. N’empêche ! Le temps passe. La Palestine se retrouve sous mandat britannique. Les déplacements internes se multiplient. Cela n’aide pas à rendre visible le Palestinien, toujours aussi transparent. Pourtant, au début du siècle, des studios photo ouvrent, bientôt tenus par des photographes du cru. Khalil Raad est de ceux-là. Il est très mobile. Un jour à Naplouse, un autre à Ramallah, Jérusalem, quand ce n’est pas dans le village d’Askar. Ses paysages sont sublimes, puissants, pleins de profondeur de champ ; ses portraits de groupe, saisissants. Les gens, en confiance, sont captés dans le vif de leur vie, qui ne manque pas d’énergie. Ils sourient, ils se marrent, ils sont eux-mêmes. L’un des clous du livre met en scène la rupture entre d’un côté le troublant mimétisme qui se dégage des portraits exotiques d’une jeune Peau-Rouge des États-Unis, photographiée dans l’esprit d’Edward S. Curtis, et celui d’une mariée de Bethléem, immortalisée, dans le même décor, par la Maison Bonfils, et de l’autre, le portrait en pied, attachant, vivant, espiègle, rieur d’une très jeune femme avec enfant, tenant son voile dans ses dents. Le jour et la nuit ! Cette dernière photo est prise par Khalil Raad. On s’en serait douté tant son regard est différent, tant il révèle une autre relation photographiant-photographié.

La récupération d’une visibilité

Suivent des séries de cartes postales, de vues stéréoscopiques, de photos coloriées d’avant l’invention de la photo couleur. Magnifiques chromos qui font, aujourd’hui, la joie des collectionneurs. Et, miracle ! la reconstitution d’un album photo idéal, totalement improbable tant il envoie bouler la lutte des classes, mêlant, dans un même élan, portraits de maquisards, cartes de visite de gens humbles, photos de nantis, de notables, bal masqué à la résidence d’Alfred Roch, parade au drapeau, orchestre de la radio, enfants, propriétaires terriens, scènes de combat qui, rarement montrées, opposent Palestiniens et soldats de la Haganah, saisies entre novembre 1947 et mai 1948.

Enfin, les Palestiniens sont en train de récupérer leur nom, de reprendre pied dans la vie, sur leur sol, dans la photographie. En 1967, les violences reprennent. Avec elles, les photos montrant l’exode, l’installation et la vie quotidienne dans les camps de réfugiés installés aux frontières de Syrie, de Jordanie, du Liban, avant que ceux-ci ne soient atrocement bombardés par l’aviation israélienne. Scènes de groupe avec femmes montrées comme des Vierges à l’enfant. Colonies qui déboulent. Bombardements. Atmosphère de guerre civile. Les feydayins prennent l’habitude de se faire tirer le portrait avant de s’enrôler dans les mouvements clandestins. Désormais au centre de l’actualité internationale, quelle image le mouvement de résistance veut-il produire de lui-même ? se demande l’auteur qui n’esquive pas les sujets embarrassants comme la propagande montrant les Palestiniens occupés aux travaux des champs pour faire croire à une " révolution sociale ".

La première Intifada est marquée par la dangereuse chorégraphie des lanceurs de pierre, documentée par des clichés ne montrant rien : " Ni le lanceur, ni l’occupant entre lesquels les photographes ont choisi de s’interposer ", remarque Elias Sanbar. En tout cas, le peuple, ses enfants deviennent soudain extraordinairement visibles pour l’artiste Patrick Tosani, pour le reporter Jean-Claude Coutausse, pour des photographes comme Olivier Thébaud, Joss Dray ou Antoine d’Agata dont les éuvres, soigneusement choisies, ne dénaturent pas le propos de l’auteur. Le travail de ce dernier, réalisé en avril 2002, alors que le camp de Jénine vient de subir le même sort que ceux de Sabra et Châtila, est exemplaire d’une démarche qui, en multipliant les angles, cherche à éviter le point de vue simplificateur. Rarement on avait eu sous les yeux un matériau photographique sur le conflit dans cette région aussi possiblement complexe pour réfléchir...

Magali Jauffret

Palestiniens, la photographie d’une terre et de son peuple de 1839 à nos jours, par Elias Sanbar. Éditions Hazan. 400 pages, 650 illustrations. 59 euros.



ETAT DE SIEGE

Mahmoud Darwich
Actes Sud - Sindbad
mars 2004
120 pages
CHF 41.60

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PALESTINE - LA DERNIERE COLONIE

Lucas Catherine
EPO, 2004
311 pages
ISBN 2-87262-200-4
CHF 42.90

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  L'implantation incessante de nouvelles colonies juives en Palestine, des attentats suicides en Israël, une paix impossible à conquérir au Proche-Orient?
En partant du XVI ème siècle, Lucas Catherine nous immerge dans cette région pour nous décrire la Palestine comme une terre fertile et Jérusalem comme une ville en plein essor.
A la fin du 19ème siècle, une infime minorité juive y est présente mais pour des raisons essentiellement religieuses; elle n'avait à cette époque aucune ambition économique ou politique. En 2003, 92% des territoires palestiniens ressortent «de la propriété inaliénable de l'ensemble du peuple juif»... Alors que plus de 4 millions de Palestiniens ont déjà été exilés en dehors des frontières historiques de la Palestine, les enfants de la seconde Intifada subissent l'occupation militaire de Tsahal et restent confrontés au principe sioniste: «Un pays sans peuple pour un peuple sans pays»...
Qu'est-ce que le sionisme? Que prône cette idéologie et qui la soutient? Est-ce la dernière forme du colonialisme? Quelle est l'implication des Etats-Unis et des principaux pays européens dans ce conflit sanglant? Et quelles sont les conditions pour y mettre fin?
Richement illustré avec des photos et des cartes, cet ouvrage de fond s'imposait pour répondre à l'une des questions les plus complexes de l'histoire contemporaine.

Palestine & Palestiniens
ATG
GROUPE DE TOURISME ALTERNATIF

Plus qu'un simple guide touristique, cet ouvrage permet une découverte profonde du patrimoine historique, archéologique, religieux, architectural et culturel palestinien, comme des réalités quotidiennes de l'occupation israélienne. Il présente et raconte des lieux enracinés dans la mémoire et la culture palestiniennes, des sites témoins d'une histoire et d'une identité forgées au contact des civilisations du Moyen-Orient, de la Méditerranée et de la Péninsule arabe, mais aussi les tragédies contemporaines et la lutte du peuple palestinien pour recouvrir ses droits.
Des documents variés, des biographies de personnalités culturelles et politiques, des poèmes, des chants populaires, des suggestions de lecture donnent à ce guide un ton didactique. En outre, de nombreuses adresses d'institutions et d'association fournissent aux visiteurs l'opportunité de multiplier les rencontres  et les visites.
Par ses informations pratiques (transports, hôtels, cafés, restaurants, musées, centres culturels), il offre également des renseignements utiles pour préparer un voyage inoubliable.
Une invitation à découvrir la Palestine

P.O. BOX 173
BEIT SAHOUR, PALESTINE
Tél. : 972-2-277 21 51
Fax. : 972-2-277 22 11
e-mail :
atg@p-ol.com
web : www.patg.org

Le parfum de notre terre. Voix de Palestine et d'Israël
par Kenizé Mourad
Robert Laffont, 2003
ISBN: 2-221-09822-6, 21 EUR
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Les Editions Laffont viennent de publier un recueil de témoignages poignants sur la situation en Palestine et en Israël, réunis au cours des derniers mois par Kenizé Mourad, reporter spécialisée dans le Moyen-Orient sous le double titre de ´Le Parfum de notre terreª et ´Voix de Palestine et d'Israëlª.

L'auteure a parcouru le pays en interrogeant des enfants, des adultes, des familles et nous livre la preuve accablante des conditions de vie et de mort des Palestiniens, de l'impossibilité de connaître l'enfance et l'espérance dans les Territoires occupés, de l'horizon totalement bouché pour des millions d'êtres humains, farouchement déterminés à résister malgré un terrible sentiment d'abandon.

Croyants et non croyants, combattants et pacifistes, s'expriment en toute sincérité. Et c'est peut-être de quelques Israéliens, malheureusement atypiques, que s'élève le réquisitoire le plus violent et le plus désespéré sur la politique israélienne et sur ses conséquences.

Ainsi s'exprime Jeremy Milgrom, un rabbin de l'association ´Rabbins pour les Droits de l'Hommeª:

´Nous avons soutenu le plan Rabin, mais aujourd'hui il est clair qu'Israël a utilisé le processus d'Oslo pour consolider son contrôle sur les Territoires occupés. Nous faisons dans ces territoires exactement ce que faisaient les Sud-Africains: créer des bantoustans, les contrôler, conserver la totale maîtrise de l'eau. Les Israéliens ne veulent rien partager, la grande majorité d'entre eux ne vit pas au Moyen-Orient, mais dans un îlot européen, crée artificiellement. Nous avons une attitude négative envers cette région, sa culture et sa religion. Nous avons construit notre ghetto de luxe (...) Pour le moment, le monde ne réagit pas car les Juifs sont influents et les gens ont peur d'être taxés d'antisémitisme. Mais c'est nous, Juifs, qui sommes aujourd'hui responsables de l'antisémitismeª.

Léa Tsemel, avocate israélienne qui défend depuis trente ans les droits de l'Homme, explique comment elle a compris qu'Israël n'était ni plus ni moins qu'un Etat colonialisteª. ´La seule différenceª, précise-t-elle étant que ´cet Etat, au lieu de dominer la population indigène, l'a chasséeª. ´J'ai compris que l'on m'avais trompée, que nous n'étions pas cette grande démocratie dont j'étais si fière, et que le slogan sur lequel nous avions construit notre pays: ´un peuple sans terre pour une terre sans peupleª n'était qu'un mensongeª. Et quand Kenizé Mourad lui demande: ´¿ votre avis, ce sont les attentats-suicides qui ont durci l'opinion?ª, elle répond sans hésiter: ´Mais non, voyons! Le gouvernement israélien ne veut pas négocier et il prend cela comme excuse. ¿ une époque, l'excuse, c'était les pierres. Il disait ´On ne peut pas discuter: comment pouvez-vous avoir confiance en des gens qui vous lancent des pierres?ª ´En fait, ajoute-t-elle, l'impact des attentats-suicides aurait dû être énorme sur les Israéliens. Nous aurions dš nous poser la question: ´Pourquoi font-ils cela?ª Nous aussi, Juifs, nous avons eu nos suicides héroïques, depuis Samson jusqu'à Massada. En 1947-48, nous avons eu beaucoup de martyrs dans l'armée. Les Israéliens devraient admirer les Palestiniens qui se sacrifient pour leur cause, comme nous l'avons fait nous-mêmes. Au lieu de cela, on les qualifie de monstres et de fanatiques. Pas un instant on ne se demande ce qui pousse ces jeunes à se faire exploser dans la rue! Les gens gobent la propagande du gouvernement, et ils s'endurcissent de plus en plus. (...) Les Israéliens sont persuadés qu'ils sont au-dessus de toute critique morale. Ne voyez-vous pas leur réaction, si les Nations Unies ou un quelconque gouvernement osent un mot: ´Qui êtes-vous donc pour nous accuser? C'est nous les victimes, ne l'oubliez pas, vous êtes des antisémites, voulez-vous un autre holocauste?ª

Yitzhak Frankenthal, Président du Forum des familles, une association qui réunit des parents ayant perdu leur enfant victime du terrorisme, et dont le fils de 19 ans a été enlevé et tué, en 1994, par le Hamas quand il était soldat, a tenu publiquement les propos suivants, le 27 juillet dernier: ´Il est contraire à la morale de tuer des femmes et des enfants innocents, israéliens ou palestiniens. Il est Egalement contraire à la morale de dominer une autre nation et de l'amener à perdre son humanité. (...) Nous avons perdu nos valeurs morales bien avant les attentats-suicides. Le point de rupture a été atteint quand nous avons commencé à dominer une autre nation. Mon fils Arik est né dans une démocratie, avec la possibilité de mener une vie normale, tranquille. L'assassin d'Arik est né au milieu d'une occupation effroyable, dans un chaos moral. Si mon fils était né à sa place, il aurait peut-être fini par faire la même chose. Si moi-même j'étais né dans le chaos politique et moral qui constitue la vie quotidienne des Palestiniens, j'aurais certainement essayé de tuer et de nuire à l'occupant; sinon j'aurais été un traître à ma nature même d'homme libre. Que tous les gens si contents d'eux-mêmes, qui parlent d'assassins palestiniens impitoyables, se regardent sans complaisance dans la glace, qu'ils se demandent ce qu'ils auraient fait, s'ils avaient été ceux qui vivent sous l'occupation. Pour ce qui est de moi, Yitzhak Frankenthal, je peux dire que serais devenu, sans aucun doute, un combattant pour la liberté, et que j'aurais tué autant de ceux d'en face que j'aurais pu. C'est cette hypocrisie perverse qui pousse les Palestiniens à nous combattre sans répit: notre duplicité, qui nous permet de nous vanter des critères très élevés de notre éthique militaire, pendant que ces mêmes militaires assassinent des enfants innocents. Mon fils Arik a été tué quand il était soldat par des combattants palestiniens qui croyaient au fondement moral de leur lutte contre l'occupation. Mon fils Arik n'a pas été tué parce qu'il était juif, mais parce qu'il faisait partie de cette nation qui occupe le territoire d'une autre. (...) Quiconque refuse de tenir compte de cette terrible vérité nous conduira en fin de compte à la destruction.

Les Palestiniens ne peuvent pas nous chasser - cela fait longtemps qu'ils ont reconnu notre existence, qu'ils sont prêts à faire la paix avec nous. C'est nous qui ne voulons pas faire la paix avec eux. C'est nous qui persistons à les maintenir sous domination; c'est nous qui aggravons la situation dans la région et qui entretenons le cycle de carnage. Je regrette de le dire, mais la responsabilité est entièrement de notre cité.

Je n'ai pas l'intention d'absoudre les Palestiniens, ni en aucun cas de justifier les attaques contre les civils israéliens. On ne peut trouver d'excuse à aucune attaque contre des civils. Mais en tant que force d'occupation, c'est nous qui foulons aux pieds la dignité humaine, c'est nous qui étouffons la liberté des Palestiniens et c'est nos qui poussons une nation entière à la folie de ces actes désespérésª.

Marie-Claude Vignaud - Al Hamchari

 

Praline Gay-Para
CONTES POPULAIRES DE PALESTINE
Actes Sud , n° 564
Contes et comptines
novembre 2002 / 11 x 17,5 / 112 pages
ISBN 274274150X / F79158
prix indicatif : 6 euros
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Merveilleux, facétieux ou animaliers, ces contes sont extraits d'un vaste corpus provenant de différents recueils collectés dans la tradition orale palestinienne.
Le lecteur reconnaîtra dans certains récits une parenté avec des contes célèbres du répertoire international, d'autres textes l'étonneront par leur originalité de ton ou de motif – tous sont le fruit d'un métissage millénaire, une alchimie que seul un pays comme la Palestine, où se sont succédé et croisés tant de peuples, de religions et de cultures, pouvait nous offrir.
Conteuse, Praline Gay-Para se produit dans de nombreux lieux ou festivals en France et dans le monde. Elle a publié plusieurs ouvrages pour enfants et recueils de contes.


 



Moyen-Orient 1945-2002,
histoire d'une lutte de classes.

Théo Cosme
Éditions
Senonevero 320 pages
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De la fin de l’Empire ottoman à la guerre du Golfe (1991), la « Question d’Orient » était celle du développement des rapports capitalistes au Moyen-Orient. L’Orient constituait une « Question » car ce développement n’était pas endogène. La formation de bourgeoisies y fut cahotique et la production de prolétaires catastrophique. Depuis la fin de l’Empire ottoman, la formation de rapports sociaux spécifiquement capitalistes s’est déroulée au Moyen-Orient au travers de la succession de trois factions dominantes de la bourgeoisie : bourgeoisie foncière, administrative et commerçante ; bourgeoisie nationaliste ; bourgeoisie rentière (malgré nos critiques, nous reconnaissons notre dette envers les travaux de Georges Corm). Chacune, dans sa spécificité, inclut et exprime à un moment donné les nécessités générales du développement du capital. Par là également, leur action peut parvenir d’autres buts que ceux qu’elles s’étaient primitivement fixés. C’est dans ce cadre que nous étudions ici la formation de l’Etat d’Israël, la montée de l’islamisme, la révolution iranienne, la guerre du Liban, la première Intifada, l’échec du mouvement palestinien, l’invasion du Koweit et l’élimination finale de la figure autonome du rentier. Plus généralement, les guerres israélo-arabes constituent, pour les pays arabes, le critère et l’histoire du développement en leur sein des rapports sociaux capitalistes, l’existence d’Israël ayant été jusqu’à maintenant la contrainte à ce développement.
C’est la guerre du Golfe en 1991 qui a définitivement résolu le problème essentiel que posait le Moyen-Orient dans la restructuration mondiale du mode de production capitaliste : l’intégration de la rente pétrolière dans la péréquation générale du taux de profit. On peut alors cesser de considérer le Moyen-Orient comme une question particulière. La « Question d’Orient » se trouve fondamentalement résolue dans la mondialisation des rapports capitalistes, ce que confirment la caducité du sionisme, l’effacement et les risques d’implosion de l’Arabie Saoudite, la seconde Intifada, l’évolution de l’islamisme et la guerre américaine en Afghanistan.
Reste maintenant la question générale de la définition, de l’exploitation et de la reproduction d’un prolétariat massivement déraciné et paradoxalement renvoyé à des solidarités apparemment traditionnelles.
Outre son découpage et la compréhension de celui-ci, le parcours du capitalisme au Moyen-Orient pose donc plusieurs problèmes théoriques majeurs : le caractère non endogène du développement du capitalisme ; le rapport entre les identités intermédiaires (communautés religieuses ou ethniques) et l’Etat-nation ; le rapport de la rente pétrolière à la péréquation du taux de profit ; les formalisations religieuses et nationalistes de la lutte de classe.


"Israël/Palestine, le livre noir"

Éditions La Découverte
240 pages, 16 EUR
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Pour la première fois, et à l'initiative de Reporters sans frontières, un ouvrage rassemble des enquêtes de huit organisations israéliennes, palestiniennes et internationales sur les violations des droits de l'homme commises depuis plus de deux ans en Israël et en Palestine. Son objectif  : recenser et dénoncer les exactions d'où qu'elles viennent et quelles qu'elles soient. Sortie le 7 novembre.

Pour la première fois, et à l'initiative de Reporters sans frontières, un ouvrage rassemble des enquêtes de huit organisations israéliennes, palestiniennes et internationales sur les violations des droits de l'homme commises depuis plus de deux ans en Israël et en Palestine. Son objectif est simple : dénoncer les exactions d'où qu'elles viennent et quelles qu'elles soient. Afin de dépasser les émotions partisanes que suscite le conflit israélo-palestinien, les rapports des organisations israéliennes et palestiniennes ne concernent que les violations imputables à leur propre camp. Ces contributions " offrent une perspective spécifique, voilée aussi bien par les reportages d'actualité que par les analyses géopolitiques et diplomatiques ", écrit Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, dans la préface de " Israël/Palestine, le livre noir ".

Après une introduction qui retrace les grandes étapes du conflit israélo-palestinien, "Israël/Palestine, le livre noir" recense des violations des droits de l'homme devenues dramatiquement banales tant elles sont nombreuses du côté israélien comme du côté palestinien. Certaines sont directement liées à la reprise du conflit, en septembre 2000 : morts de civils (incursions militaires à Naplouse et Jénine ou opérations "kamikazes"), arrestations et détentions arbitraires, exécutions extrajudiciaires, intimidations à l'égard de la presse. D'autres s'inscrivent dans la politique de colonisation menée par Israël : démolition de maisons, destruction de terres agricoles, sanctions collectives, blocage des voies de communication. Qu'elles prennent encore la forme de torture, de discrimination ethnique et religieuse, d'entraves à la liberté d'expression ou d'association, elles ont toutes un point commun : elles constituent de graves manquements à tous les textes internationaux relatifs aux droits de l'homme.

Réunis et présentés par Reporters sans frontières, ces quinze rapports sur les violations des droits de l'homme en Israël et en Palestine ont été rédigés par : Amnesty International, B'Tselem, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, Human Rights Watch, Reporters sans frontières, Palestinian Center for Human Rights, The Palestinian Human Rights Monitoring Group et The Public Committee Against Torture in Israel.


Le voyage en palestine

Ouvrage Collectif de
Russell BANKS, Breyten BREYTENBACH, Hélène CIXOUS, Vincenzo CONSOLO, Bei DAO, Jacques DERRIDA, Juan GOYTISOLO, Christian SALMON, Wole SOYINKA
du Parlement International des écrivains Le voyage en palestine
En librairie le 15 septembre 2002
Essai. Collection Essais, 144 p. ISBN 2.84158-213,2. 13 ..
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Le voyage en Palestine regroupe neuf textes écrits par les membres d'une délégation du Parlement International des écrivains, envoyée au Proche-Orient en réponse à un appel d'un des membres fondateurs du Parlement, le poète palestinien Mahmoud Darwich. Il s'agissait de lui témoigner, ainsi qu'aux intellectuels palestiniens, et donc au peuple de Palestine, la solidarité du PIE à un moment où les conditions réservées à l'exercice de la pensée sont, dans cette zone, devenues intolérables pour tout homme libre. à la violence cadastrale exercée contre le territoire, à la dissémination des frontières, à l'effondrement du langage et au rapport panique à autrui, répondent ici sept écrivains, plus soucieux d'observer attentivement la vie quotidienne que de prÍter leurs voix aux litanies idéologiques. Les textes ici publiés l'ont été pour la plupart dans les colonnes du Monde et de Libération au printemps 2002, quelques jours après leur retour de Palestine. Au-delà des vives polémiques qu'ils ont suscitées, ils représentent tous des témoignages extrÍmement précis et vivants d'un quotidien que la spectacularisation médiatique ne peut ou ne veut généralement saisir. Bien plus denses, profonds et évocateurs que la plupart des reportages écrits, ils sont donc, au-delà également de l'actualité la plus immédiate, destinés à rester. Russell Banks est romancier et président du Parlement International des écrivains. Breyten Breytenbach est poète. Vincenzo Consolo est romancier. Bei Dao est poète. Juan Goytisolo est romancier. Christian Salmon, écrivain, est secrétaire général du Parlement International des écrivains. Wole Soyinka est prix Nobel de littérature. EXTRAIT NOTE DE L'EDITEUR C'est à la demande du poète palestinien Mahmoud Darwish, qui n'avait pas eu la possibilité depuis de longs mois de répondre à plusieurs invitations à l'étranger, qu'une délégation du Parlement international des écrivains s'est rendue au printemps 2002 dans les territoires occupés. Le discours prononcé par le poète, lui-mÍme membre du Parlement, à Ramallah le 25 mars, en plein siège, à l'attention de la délégation, ouvre ce recueil. Ses membres (issus de quatre continents : d'Afrique avec le prix Nobel nigérian Wole Soyinka, et le poète sud-africain Breyten Breytenbach ; de Chine avec le poète dissident Bei Dao ; d'Europe, avec le romancier espagnol Juan Goytisolo, le prix Nobel portugais José Saramago, le romancier italien Vincenzo Consolo et l'écrivain franÁais, secrétaire général du PIE, Christian Salmon ; ainsi que d'Amérique du Nord, avec le romancier Russell Banks), en se déplaÁant pour plusieurs jours sur les lieux, souhaitaient exprimer, à lui, aux intellectuels et donc au peuple de Palestine, la solidarité du PIE à un moment où les conditions réservées à l'exercice de la pensée sont, dans cette zone, devenues intolérables pour tout homme libre. Il s'agissait à la fois d'aller à la rencontre des écrivains palestiniens assiégés, de briser l'isolement de personnes qui ne souhaitent pas quitter leur pays et trouver asile ailleurs, et de témoigner d'une situation invraisemblablement malheureuse. à la violence cadastrale exercée contre le territoire, à la dissémination des frontières, à l'effondrement du langage et au rapport panique à autrui, répondent donc sept écrivains, plus soucieux d'observer attentivement le quotidien que de prÍter leurs voix aux litanies idéologiques. Les textes ici publiés constituent des témoignages précis et vivants d'une réalité dont la spectacularisation médiatique ne permet pas de prendre conscience. Force de la littérature sans doute qui, par sa saisie de la durée et de l'expérience intérieure, pulvérise les représentations aseptisées de l'horreur propagées par l'industrie ´ de l'information ª. Bien plus évocateurs que la plupart des reportages, ils sont donc, au-delà également de l'actualité la plus immédiate, destinés à rester. Ils sont accompagnés de messages de Hélène Cixous et Jacques Derrida. Le lecteur trouvera en fin de volume le texte intégral de l'Appel à la paix en Palestine lancé par le PIE le 6 mars 2002, qui a recueilli en tout plus de six cents signatures.



" Rêver la Palestine "
Auteur : Randa GHAZY
éditeur : Flammarion
Collection : GF FLAMMARION
Genre : LITTéRATURE - DOCUMENTS
Prix éditeur : 10,00 euros
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Premier roman d'une jeune adolescente de 15 ans, qui aborde un sujet d'actualité que les générations d'aujourd'hui maîtrisent mal, le conflit du Proche-Orient, et ce, vu de l'intérieur. Tout commence par le récit de la vie d'Ibrahim, dont le père, muezzin, passionné par la religion et la guerre, a été abattu par des soldats israéliens. Sa rencontre avec Nedal lui redonnera le goût du bonheur... Mais jusqu'à ce que des troupes israéliennes envahissent son village. Un roman fort, qui ne donne pas des solutions, mais permet de réfléchir sur ce conflit qui semble insoluble et qui pourra parfois déranger par les prises de position. Un récit étonnant par sa maturité. À lire pour essayer de comprendre.




LA GUERRE ISRAELIENNE DE
L'INFORMATION

Denis Sieffert

aux éditions La Découverte
128 pages -8 euros - ISBN : 2-7071-3839-81
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La guerre, avant d'être une affaire militaire, est une affaire de mots. Ils ont joué un rôle majeur dans l'offensive déclenchée, le 28 février 2002, par l'armée israélienne contre les villes palestiniennes. On sait à quel point, à cette occasion, elle a placé l'information sous contrôle. Mais on sait moins que l'offensive a été préparée par un long travail de délégitimation de l'Autorité palestinienne. Cette entreprise de désinformation commence dès le lendemain de la négociation de Camp David Il, en juillet 2000 : le « refus » de Yasser Arafat d'accepter la « généreuse)) proposition israélienne de restitution de «97%» des territoires occupés va devenir une vérité acceptée par l'ensemble de l'opinion internationale. Or, comme le démontrent les auteurs de ce livre, il s'agit d'un pur mensonge, suivis de bien d' autres. Pourquoi ont-ils pu être aussi largement repris par la presse mondiaie, et française en particulier? Pour répondre à cette question, les auteurs ont décrypté la presse écrite et audiovisuelle, révélant comment, au même moment, les mêmes réécritures de l'histoire ou de l'actualité immédiate apparaissent dans la plupart des médias. Et en les confrontant aux témoignages de Palestiniens qu'ils ont recueillis, ils montrent à quel point le souci d'une prétendue objectivité peut devenir un obstacle à la vérité. Loin de tout parti pris militant, ce livre salutaire est aussi un appel à la responsabilité de ceux qui manient la parole publique, pour leur rappeler que les mots et les images peuvent tuer.

Denis Sieffert, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Politis, a réalisé plusieurs reportages au Proche-Orient depuis 1986, au Liban, en Palestine et Israel.

Joss Dray, photographe, est l'auteur de nombreuses expositions sur la mémoire du peuple palestinien, ainsi que de chroniques sur des cites de banlieue. Elle a p articipé à p lusieurs ouvrages, dont Femmes aux mille portes (avec Lella Houari, EPO-Syros, 1996) et Caravane des quartiers (avec Béatrice Castoriano et Medhi Laflaoui, Fondation Abbé Pierre, 1999).


 

Aux origines du Dieu unique :
l'invention du monothéisme

SOLER, Jean
2002, Editions de Fallois, Paris
prix : 21,5 Euros
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Michel Sabbah - Paix sur Jérusalem -Propos d'un évêque palestinien de Yves Teyssier d'Orfeuil
aux éditions Desclée de Brouwer
"Prix Palestine - Mahmoud Hamchari 2002"
ISBN : 2220049949 - Avril 2002 - 304 pages - 20,00 euros
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"Ce pays à la quête de Dieu finira-t-il par rencontrer Dieu ?" Cet appel vibrant, c‚est Monseigneur Michel Sabbah, évêque palestinien et patriarche latin de Jérusalem qui le lance, renouvelant ainsi son message de paix et l‚opposition absolue de l‚Eglise à la violence. Car justice et réconciliation sont au c„ur des préoccupations de cet enfant de Nazareth, devenu porte-parole des chrétiens palestiniens, vivant au milieu de communautés religieuses différentes dans un contexte politique dramatique.
Retraçant avec passion l‚itinéraire et la mission du patriarche de Jérusalem, cet ouvrage resitue aussi les différentes dimensions de sa quête incessante de la paix - une paix qui ne peut se concevoir et se réaliser sans rendre justice au peuple palestinien, trop souvent bafoué dans ses droits. Etre chrétien en Terre sainte aujourd‚hui est à la fois une vocation et un combat, spirituel, moral et psychologique. Quel dialogue engager entre les Eglises ? Quel lien entretenir avec l‚islam ? Comment trouver un juste équilibre avec le judaïsme, quand Israël est perçu comme l‚oppresseur ? Dans son constat, le patriarche rejoint les grandes intuitions de Jean-Paul II sur Jérusalem et la Terre sainte.
A l‚heure où le conflit israélo-palestinien se durcit et où de nouvelles vagues de violence s‚abattent sur le pays, Mgr Michel Sabbah délivre aussi le meilleur des encouragements : l‚espérance. Yves Teyssier d'Orfeuil a écrit ce livre suite à une serie d'entretiens avec Michel Sabbah à Jérusalem. Arabisant, diplômé en Histoire et Science politique, il a enseigné deux ans à l'Université de Bethléem et est l'auteur de "Bethléem - 2000 ans d'histoire" paru en 1999 aux éditions Desclée de Brouwer.
Le jury du "Prix Palestine - Mahmoud Hamchari", du nom du Délégué de l'Organisation de Libération de la Palestine en France, assassiné à Paris en 1972 par le Mossad, s'est réuni le vendredi 22 novembre en vue de désigner son lauréat 2002. Le choix du jury, présidé cette année par le journaliste et écrivain Paul Balta, s'est porté au deuxième tour de scrutin sur ce livre. Premier évêque palestinien (nommé en 1987) depuis le rétablissement du Patriarcat latin, Mgr. Sabbah qui s'est toujours voulu un artisan de la paix (sa devise d'évêque est "Dans la beauté de la Paix") s'y affirme comme un rassembleur des énergies - il a réconcilié les 18 églises divisées de Terre Sainte qui parlent désormais d'une seule voix - au tempérament de feu et à la foi intransigeante. "Redonnant leur fierté à tous les chrétiens arabes, il plaide pour le respect du droit à la sécurité des Israéliens aussi bien que pour le respect du droit à la justice et à un état de ses compatriotes palestiniens." Le jury unanime s'est plu à souligner par ailleurs les qualités remarquables du second volume de la fresque historique conçue par l'éminent universitaire arabisant Henry Laurens : La question de Palestine, 1922-1947. Une mission de civilisation (Fayard), faisant suite à L'invention de la terre sainte, 1799-1922 ; le troisième volume annoncé : Une terre deux peuples ? de 1948 à nos jours, devant parachever une oeuvre incontournable pour tous ceux qui veulent apprendre et comprendre le monde arabe. Parmi les nombreux ouvrages présentés également cette année - et qui ont tous suscité un vif intérêt et beaucoup d'hésitations au moment du choix - figurent notamment : Le droit au retour. Le problème des réfugiés palestiniens, ensemble de 14 textes de spécialistes de la question rassemblés par Farouk Mardam-Bey et Elias Sanbar (Sindbad / Actes Sud) ; Les femmes palestiniennes de Cécile Auréjac (L'Hydre) ; Mémoires d'un village palestinien disparu de Mohammed El Assad (Albin Michel) ; J'ai foi en nous . Au-delà du désespoir du père Elias Chacour (Presses de la Renaissance) ; La porte du soleil, d'Elias Khoury (Sindbad / Actes Sud). Le jury a salué enfin le courage de la jeune lycéenne-écrivain Randa Ghazi, âgée de 15 ans, dont le premier roman Rêver la Palestine (Flammarion) relate avec beaucoup de force, d'émotion et de tendresse, le vécu quotidien de jeunes Palestiniens qui, confrontés à la violence aveugle, à la souffrance et à la mort, puisent dans l'amitié fervente qu'ils partagent la force d'aller au-delà d'eux-mêmes dans le sacrifice. Le jury du Prix Palestine-Mahmoud Hamchari, créé en 1970 à l'initiative de l'Association de Solidarité Franco-Arabe et de la revue France-Pays Arabes est constitué de dix membres : Mesdames Marie-Claude Hamchari, Kénizé Mourad et Huguette Pérol ; Messieurs Paul Balta, Lucien Bitterlin, Francis Crémieux, Henri Loucel, Jean Rabinovici, Philippe de Saint Robert et Robert Vial, secrétaire permanent du jury.


Palestine - Les déchirures de Valérie Féron
aux Editions Le Félin (collection poche) [nouvelle édition]
[ISBN : 2866454650 - 9,00 euros / 59,04 francs - 288 pages]
Ce livre, dont la première édition remonte à février 2001, permet de comprendre les événements actuels en Palestine et en Israël. Résultat d'une longue enquête, il tient compte des développements récents de la question palestinienne. Cet ouvrage est fondé sur de nombreux entretiens et reportages que l'auteur, journaliste, a effectués principalement à Nazareth, à Bethléem et à Gaza auprès de la population et particulièrement de la jeunesse palestinienne. Celle-ci exprime ses espoirs, sa révolte et parfois son désarroi. Une histoire en direct et une mise en perspective de l'histoire des cinquante dernières années. A l'occasion de sa sortie en format poche, une postface actualise l'ouvrage dont le fond n'a pas, hélas, pris une ride.
- Extraits de la postface dans la nouvelle édition (octobre 2002) :
« C‚est pire que la Nakba » entend-on souvent en cette année 2002 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza en référence à la « catastrophe » de 1948 lorsque les deux tiers du peuple palestinien ont été chassés de la plus grande partie de sa patrie historique démantelée, sur laquelle l‚Etat d‚Israël a été crée. Un sentiment qui semble faire lugubrement écho aux propos de Ariel Sharon élu Premier Ministre en février 2001 « la guerre d‚indépendance n‚est pas finie. 1948 n‚était qu‚un épisode ». Jamais peut être la politique de conquête de la terre et d‚éviction du peuple palestinien n‚a été aussi clairement affichée que pendant cette « Intifada al Aqsa », visant à créer une « autre réalité » (chapitre "l'identité palestinienne, p.260), dont la terre tant revendiquée reste la première des victimes.
Comme par le passé, la propagande israélienne est active : un discours pour la Communauté Internationale à laquelle on assure ne vouloir qu‚éradiquer « le terrorisme » palestinien, puis un discours pour les Israéliens auxquelles on présente des plans successifs de démonstrations de force de l‚arsenal militaire ultra-sophistiqué de Tsahal comme « le seul langage que les Palestiniens comprennent » et ensuite un discours pour les Palestiniens : leur anéantissement politique social et moral. Et c‚est bien ce dernier message qui s'affiche pour quiconque vit sur place en ces années 2001/2002, parfaitement résumé par les généraux de l‚armée israélienne dans leur appel à refuser de servir dans les territoires palestiniens :
« Nous qui avons été en service de réserve dans tous les territoires et qui avons reçu des ordres et des instructions qui n'ont rien à voir avec la sécurité de l'Etat, mais dont le seul objectif est la domination du peuple palestinien(ð) Nous déclarons que nous ne continuerons pas à combattre dans cette guerre pour les colonies, que nous ne continuerons pas à combattre au-delà de la ligne verte pour dominer, expulser, affamer et humilier tout un peuple » (Haaretz, 24 janvier 02). Certains clichés qui continuent d‚être véhiculés sur le conflit semblent n‚être qu‚une sempiternelle répétition de la déclaration de Lord Balfour cité en début de cet ouvrage annonçant clairement le parti pris occidental pour le sionisme1 (p.13). On ne se gêne par ailleurs pas en Israël pour discuter ouvertement à nouveau du « transfert les Palestiniens » hors du Jourdain, en bref d‚une nouvelle déportation. Dans le même temps la Communauté Internationale exigera de l‚Autorité Palestinienne qu‚elle empêche les attaques contre les colons et les attentats sur le territoire israélien, exigeant ainsi de l‚occupé qu‚il garantisse la sécurité de l‚occupant.
Sur le plan intérieur, Ariel Sharon a mis les institutions au service de sa politique de répression, alors que l‚opposition est minoritaire et a du mal à se faire entendre. Au sein même de la société, le million de Palestiniens citoyens d‚Israël reste perçu comme une cinquième colonne, et les pressions se font de plus en plus fortes sur les députés arabes de la Knesset. Mais si l‚Histoire semble se répéter la situation n‚a rien de comparable avec celle de 1948 : d‚abord parce que les Palestiniens ont accédé à une légitimité internationale indéniable. Ensuite parce qu'il y a une évolution des sociétés dans le cadre notamment des mouvements antimondialisation et des médias occidentaux, notamment européens, qui fait réagir de plus en plus, à défaut des gouvernants, les sociétés civiles. C‚est ainsi que régulièrement des personnes de tout âge et de tout horizon viennent partager la vie des Palestiniens et se faire témoins de leur quotidien. Ce n‚est pas un hasard si les « missions de protection du peuple palestinien » sont devenues une des cibles de l‚état hébreu qui interdit fréquemment à des étrangers d‚entrer sur son territoire alors que de nombreux groupes sont expulsés dans des conditions souvent violentes. De là découlent des questions essentielles : que veulent les Israéliens et quel avenir se préparent-ils ? Restent pour l‚heure, des Palestiniens privés d‚un Etat souverain, mais ancrés dans leur patrie. Quant aux Israéliens citoyens d‚un Etat, ils semblent toujours à la recherche de la leur. (Valérie Féron - Jérusalem-est,
le 20 juillet 2002)

 

 
 
Aide Sanitaire Suisse aux Palestiniens (ASSP)
15, rue des Savoises 1205 Genève
Tél. 0041(0)22/329.82.13