Chronologie
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ÉTATS-UNIS
D'AMÉRIQUE
Derniers
venus des Occidentaux au Moyen-Orient, où jamais ils
ne furent une puissance coloniale, les États-Unis ont
progressivement pris la relève de la Grande-Bretagne
et de la France pour devenir la nation du monde la plus influente
dans cette région. Ils sont même presque parvenus
à mettre sur pied le fameux " consensus stratégique
", vaste alliance englobant à la fois Israël et
les pays arabes ; la guerre du Golfe a marqué une importante
étape sur cette voie, même si la conclusion d'une
paix israélo-arabe globale reste indispensable pour
stabiliser ce résultat.
Durant toute la guerre froide, l'enjeu du Proche-Orient pour
Washington a été d'abord stratégique
: carrefour de trois continents, point de rencontre des grandes
routes, il est depuis 1917 la ceinture méridionale
de l'Union soviétique. D'où un impératif
militaire : il fallait aux États-Unis une chaîne
de bases s'ajoutant aux régimes qu'ils arment pour
en faire, tel l'Iran, des " gendarmes " locaux régionaux.
Le libre accès à un pétrole bon marché
a également été un élément
important de la politique américaine. Dernier volet,
et non le moindre, des ambitions américaines : le considérable
marché, civil et militaire, que les pays de la région
représentent pour l'économie américaine.
Ces objectifs, qui sous-tendent toute la politique américaine
au Proche-Orient, en déterminent du même coup
les constantes, évidentes sur la durée. Première
constante : la volonté d'éliminer les concurrents
occidentaux - sous couvert du principe de " porte ouverte
" - pour s'assurer une hégémonie indiscutable,
du point de vue de
l'Ouest, et ce avec un succès croissant, d'abord au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale, puis après
le fiasco franco-britannique de Suez en 1956, enfin avec le
retrait britannique du Golfe à la fin des années
60. Seconde constante : l'effort pour constituer une vaste
alliance régionale dirigée à la fois
contre l'URSS et ses alliés locaux, effort vite récompensé
au nord (Grèce - Turquie - Iran), mais difficile
au sud où le rassemblement d'Israël et des pays
arabes bute immanquablement sur la question palestinienne,
l'État juif restant, dans ces conditions, la priorité
stratégique de la Maison Blanche. Troisième
constante, enfin : la détermination à recourir
à tous les moyens, y compris militaires, pour satisfaire
ces exigences, d'une part en appuyant - sauf en 1956 - Israël
dans ses conflits avec ses voisins, d'autre part en intervenant,
lorsque les circonstances l'exigent et le permettent, contre
toute menace de déstabilisation (Iran en 1953, Liban
en 1958, Jordanie en 1970, Liban en 1983, guerre du Golfe
en 1990-1991). L'influence du lobby pro-israélien
rejoint ici la visée stratégique.
Tels sont les objectifs et les traits spécifiques de
la politique proche-orientale des États-Unis, dont
on peut mesurer l'affirmation au fur et à mesure des
grandes phases de leur implantation dans la région.
Il leur a fallu, d'abord, prendre pied, alors qu'ils étaient
absents - sauf culturellement - de l'Empire ottoman. Dans
le règlement consécutif à la Première
Guerre mondiale, les Quatorze Points du président américain
Wilson, qui se prononce contre les accords secrets des Européens
et pour l'autodétermination des nations du Proche-Orient,
ne sont guère pris en compte. Pas plus que l'avis de
la commission formée par les Américains King
et Crane qui, en 1919, critique le programme sioniste. Dépourvue
de mandat et de zone d'influence, Washington place de premiers
pions... pétroliers : en Irak en 1927, puis en Arabie
Saoudite en 1933, et au Koweït en 1934. Dix ans plus
tard, les sociétés américaines contrôleront
20 % de la production du Moyen-Orient et 50 % de ses réserves.
Les rapports de forces se transforment avec la Seconde Guerre
mondiale. Alors que la France perd ses seules bases au Liban
et en Syrie, et que la Grande-Bretagne se trouve empêtrée
en Palestine et, en conséquence, dans le monde arabe,
les États-Unis, eux, s'implantent. Harry Truman s'était
engagé, en 1947, à aider " les peuples libres
qui résistent à des tentatives d'asservissement
par des minorités armées ou des pressions venues
de l'extérieur " : c'est ainsi que la Grèce,
la Turquie et l'Iran se voient prêter... de quoi acheter
des armes américaines. L'Arabie Saoudite était
solidement amarrée par le prêt-bail depuis 1943.
Le 20 janvier 1949, une nouvelle loi, dite " Point IV ",
permet d'arroser les pays arabes.
Mais la tâche est, là, plus difficile. Durant
la guerre, Franklin D. Roosevelt avait multiplié les
promesses contradictoires, à Ibn Saoud d'un côté
et aux dirigeants sionistes de l'autre. Ce double jeu devient
impossible à l'heure de la décision : Washington
vote le plan de partage de la Palestine, et, tout en restant
prudent, ne s'opposera pas à Israël dans le conflit
de 1948-1949. Plus : l'Amérique entérine l'expansion
territoriale de l'État juif et la non-création
de l'État arabe. Le 25 mai 1950, les États-Unis,
la Grande-Bretagne et la France annoncent que leurs pays,
" s'ils constataient que l'un quelconque des États
du Moyen-Orient se préparait à violer les frontières
des lignes d'armistice, ne manqueraient pas, conformément
à leurs obligations en tant que membres des Nations
unies ou en dehors de ce cadre, d'intervenir pour prévenir
une telle violation ". Et la Déclaration tripartite
conditionne toute livraison d'armes à l'assurance que
" le pays demandeur n'a pas l'intention de commettre une
agression contre un autre État ".
On imagine la réaction des Arabes, ainsi sommés
d'accepter le statu quo issu de la guerre, catastrophique
pour eux, et de faire appel à une aide sous condition
alors qu'Israël bénéficie, de notoriété
publique, d'une aide sans condition. Leur mécontentement
explique le rejet du Commandement suprême allié
au Moyen-Orient, mis sur pied par Londres en 1950, comme de
l'Organisation de défense du Moyen-Orient à
laquelle Londres, Washington, Paris et Ankara invitent, en
1951, Le Caire à adhérer. Le " non " de l'Égypte
sera d'autant plus retentissant qu'en juillet 1952 les " Officiers
libres ", animés par Gamal Abdel Nasser, prennent le
pouvoir. Si les États-Unis ont avancé au nord,
avec l'entrée de la Turquie dans l'OTAN en 1951, et
progressé à l'est, en mettant fin, en 1953,
à l'expérience du Dr Mossadegh qui prétendait
rendre à l'Iran la maîtrise de son pétrole,
ils sont en échec au sud. La nouvelle tentative, dite
" pacte de Bagdad ", n'a guère plus de succès
: au traité turco-irakien adhèrent la Grande-Bretagne,
le Pakistan et l'Iran, mais ni le Liban, ni la Jordanie, ni
l'Égypte, ni la Syrie. Plus : l'opposition au pacte
stimule le courant neutraliste et nationaliste de l'Égypte
qui conclut, fin septembre 1955, un contrat d'armement avec
l'URSS, à la Syrie où la gauche se renforce.
Consciente de cet effet boomerang, Washington se tiendra à
l'écart de l'opération franco-britannique contre
celui qui vient de nationaliser la Compagnie du canal de Suez.
Coup double : Londres et Paris paient seuls la facture, très
lourde, de leur fiasco, tandis que les États-Unis ont
sensiblement amélioré leur image. Le vide laissé
par leurs alliés, les Américains entendent le
combler : c'est le but de la " doctrine Eisenhower ", définie
le 5 janvier 1957 comme un programme d'aide économique
et militaire destinée à combattre la " politique
de puissance " de l'URSS. Mais seuls l'acceptent l'Arabie
Saoudite, le Liban et l'Irak - où cependant le roi
et son Premier ministre pro-occidental, Nouri Saïd, périssent
dans la révolution du 14 juillet 1958. Le lendemain
d'ailleurs, afin d'éviter la contagion, les marines
débarquent à Beyrouth et les paras britanniques
à Amman. Mais, si Bagdad rejoint Damas et Le Caire
dans le camp du radicalisme, c'est toujours en raison du conflit
israélo-palestinien, source permanente d'anti-impérialisme.
Paradoxalement, la guerre des Six Jours en 1967, qui voit
Israël quadrupler son territoire aux dépens de
l'Égypte, de la Jordanie et de la Syrie, réduit
quelque peu la contradiction dont souffre Washington, qui
pourtant a soutenu à bout de bras Tel Aviv. Déstabilisatrice
pour les régimes radicaux, au sein desquels elle favorise
les éléments modérés, la défaite
arabe pose les États-Unis en recours possible en vue
d'une paix séparée, à défaut de
la paix globale que garantiraient ensemble les deux superpuissances.
Déjà à l'oeuvre dans le cadre du plan
Rogers et de la médiation Jarring, en 1970, cette logique
l'emportera après la guerre de 1973. Certes, les États-Unis
se sont rangés aux côtés d'Israël
mais, faute d'une conférence de paix qui échouera
à peine inaugurée, eux seuls proposent une perspective
: celle des " petits pas " d'Henry Kissinger, qui déboucheront
sur le grand pas de Camp David.
Pour " récupérer " ces pays arabes longtemps
hostiles, sans pour autant devoir mettre à l'épreuve
les " relations privilégiées " entre Washington
et Tel Aviv, les États-Unis manient, durant ces années
décisives, à la fois la carotte et le bâton.
La carotte, c'est la restitution des territoires égyptiens
et syriens occupés par Israël depuis 1967, la
question palestinienne étant traitée au niveau
de vagues principes. C'est aussi l'ouverture économique
américaine répondant à l'infitah
arabe. Quant au bâton, c'est la menace d'utiliser la
force - déjà déployée, après
l'Iran en 1953 et le Liban en 1958, en Jordanie pour sauver
le roi Hussein en 1970 - contre toute tentative intérieure
ou extérieure de déstabilisation. L'effondrement
du régime du Chah d'Iran, qui assurait l'ordre dans
le Golfe, renforcera cette tendance : " Toute tentative
de s'assurer le contrôle du Golfe, déclarera
Jimmy Carter début 1980, sera considérée
comme une attaque contre les intérêts des États-Unis,
et sera repoussée par tous les moyens, y compris la
force militaire. " Et de constituer, pour étayer
la menace, cette Force de déploiement rapide dont rêvait
déjà l'administration Kennedy - et qui a fait
preuve de son efficacité, en 1988, dans le Golfe, face
à l'Iran. Et plus encore, bien sûr, face à
l'Irak en 1990-1991...
La méthode fait à ce point merveille que Ronald
Reagan, au lendemain de la guerre du Liban (1982)*, peut croire
détenir tous les atouts : Israël pro-américain
et plus fort que jamais, l'Égypte ralliée depuis
Camp David, la Jordanie fragilisée, l'Arabie Saoudite
et le Golfe entre des mains amies, l'OLP saignée et
le Liban dirigé par les Phalanges, l'Irak et l'Iran
s'épuisant dans un conflit meurtrier ; seuls le lointain
Yémen du Sud et la Syrie affaiblie semblent à
même d'offrir une résistance aux projets de Washington.
Le consensus stratégique, incarné par le plan
Reagan du ler septembre 1982, serait-il enfin réalisé
? La réponse, négative, ne tardera guère.
L'échec d'Amine Gemayel et du traité israélo-libanais
du 17 mai 1983 rejaillira sur les États-Unis, dont
les troupes devront quitter Beyrouth sans gloire. Ce camouflet
atteindra également leur crédibilité
auprès des dirigeants arabes modérés
qui, du coup, s'empresseront d'enterrer le plan Reagan et
de reprendre langue avec l'URSS, revenue en force dans la
région aux côtés de la Syrie, maîtresse
du jeu au Liban.
Après quinze ans d'une spectaculaire remontée,
revanche sur les années de rayonnement soviétique
au Proche-Orient, le coup subi au Liban et ses contrecoups
semblent avoir fait hésiter Washington, sinon sur les
objectifs, en tout cas sur la méthode. Le temps semble
venu de négocier avec la Syrie, pour élaborer
un règlement d'ensemble tenant compte de ses atouts
et reconnaissant le leadership régional de Damas. Il
importe, après avoir contraint l'Iran - notamment par
la présence massive de la flotte américaine
dans le Golfe - à accepter un cessez-le-feu avec l'Irak,
de renouer avec les " modérés " de Téhéran,
sur la voie frayée par l'Irangate. Enfin et
surtout, la détente avec l'URSS pourrait avoir des
retombées au Proche-Orient, en favorisant la tenue
d'une conférence de paix.
Ralliée au printemps 1988, avec le plan Shultz, à
son principe, l'administration Reagan insistait cependant
sur son caractère de " parapluie " pour des négociations
bilatérales entre Israël et ses voisins. Au lendemain
du Conseil national palestinien d'Alger, Ronald Reagan, avant
de céder la place à George Bush, prenait, le
15 décembre 1988, un nouveau tournant. Yasser Arafat
ayant, selon la Maison Blanche, satisfait aux conditions posées,
treize ans auparavant, par Henry Kissinger - en reconnaissant
explicitement Israël et en renonçant à
toute forme de terrorisme -, Washington engageait un " dialogue
substantiel " avec l'OLP. Mais celui-ci sera stoppé
un an et demi plus tard par la nouvelle administration, le
Front le libération de la Palestine (FLP) d'Aboul Abbas
ayant rompu, par une tentative de débarquement armé
au sud de Tel Aviv, l'engagement de l'OLP de ne plus avoir
recours au terrorisme.
De toute façon, George Bush et ses conseillers ont
déjà, depuis la chute du Mur de Berlin, la tête
ailleurs. Les bouleversements qui se produisent en Union soviétique
et en Europe centrale, outre qu'ils détournent l'attention
du Moyen-Orient vers le Vieux Continent, lancent de nouveaux
et redoutables défis à l'Amérique. Si
son adversaire principal depuis la guerre froide, l'URSS et
son " empire ", est en voie d'effondrement, d'autres concurrents
se profilent : la montée en puissance du Japon et de
la Communauté économique européenne menace
directement la suprématie, jusque-là indiscutée,
des États-Unis, qui ne fournissent plus que 25 % du
produit brut mondial contre 40 % au lendemain de la Seconde
Guerre mondiale. Voilà qui accélère la
dégradation de la situation économique et sociale
en Amérique : les faillites bancaires se multiplient,
les emplois industriels sont en chute libre, la misère
touche des dizaines de millions de citoyens. D'où l'urgente
nécessité, pour eux, de rattraper, sur le plan
stratégique, militaire, politique et diplomatique,
le terrain économique perdu au cours des années
70 et 80.
Pour une telle opération, le Golfe - avec sa situation
stratégique, ses richesses pétrolières,
le marché civil et militaire qu'il constitue, les possibilités
d'alliance qu'il recèle pour Washington et le dispositif
militaire dont elle dispose déjà - présente
les conditions idéales. Par son aventure koweïtienne,
Saddam Hussein va lui offrir une occasion inespérée.
S'il est douteux que le dirigeant irakien soit tombé
dans un " piège " - les hésitations américaines
des semaines précédentes s'expliquent plutôt
par la pesanteur de la politique pro-irakienne des huit ans
écoulés -, il est en revanche évident
que la Maison Blanche, le Département d'État
et le Pentagone ont immédiatement saisi la perche tendue.
Et pour cause ! Avec la guerre du Golfe, les États-Unis
vont en effet réaliser une quintuple opération
: une démonstration militaire d'envergure, un rassemblement
politico-diplomatique sans précédent sous leur
direction, une percée exceptionnelle sur le marché
des armes comme des industries et une profonde redistribution
des cartes dans un Moyen-Orient restructuré sous la
houlette américaine. Mais l'essentiel réside
sans doute dans le réalignement des Européens
sommés de participer, directement ou indirectement,
à une opération " Tempête du Désert
" qui porte un coup sérieux à leurs relations
avec le monde arabe, tandis que les États-Unis, eux,
y étendent leur nasse.
L'élection de William (dit Bill) Clinton à la
présidence des États-Unis, en novembre 1992,
confirme qu'une nouvelle page est tournée au Proche-Orient,
marquée par la fin de la guerre froide et l'affirmation
de l'hégémonie américaine. Désormais,
Washington a deux buts affichés : l'accès au
pétrole de la région et l'alliance avec Israël.
Jamais, depuis 1948, une administration n'aura été
aussi favorable à l'État hébreu : durant
les négociations de Madrid, elle fera preuve d'une
hostilité totale à l'OLP, alors même que
le gouvernement israélien négocie secrètement
à Oslo. Elle prend des distances avec les positions
traditionnelles de la diplomatie américaine : les colonies
deviennent désormais un facteur qui complique la négociation,
mais cessent d'être " illégales " ; Washington
arrête de voter la résolution 194 des Nations
unies sur le droit au retour des réfugiés palestiniens
; elle considère la Cisjordanie et Gaza non plus comme
des " territoires occupés ", mais comme des
" territoires contestés ". Parallèlement,
le gouvernement Clinton décrète une politique
de " double containment " à l'égard de
l'Irak et de l'Iran : ces deux pays sont considérés
comme des parias et doivent être, en même temps,
exclus de la communauté internationale.
Surpris par les accords d'Oslo, le président Clinton
n'en organise pas moins la signature officielle du texte de
la Déclaration de principes, le 13 septembre 1993,
à la Maison Blanche. Mais, durant toutes les négociations
qui suivront, il laissera Israéliens et Palestiniens
face à face, se contentant de faire pression sur les
seconds quand ils ne se montrent pas assez dociles. Le seul
dossier proche-oriental pris en main par le département
d'État, celui du Golan et des négociations israélo-syriennes,
n'aboutit à rien. Parallèlement, la lutte contre
le terrorisme devient un mot d'ordre central de la stratégie
américaine, comme en témoigne le sommet de Charm
al Cheikh, le 13 mars 1996. Washington tente d'isoler la Libye,
le Soudan, l'Irak et l'Iran. Des mesures de " boycott secondaire
", décidées en juillet 1996 contre les sociétés
qui investiraient dans le secteur pétrolier en Libye
et en Iran, soulèvent l'indignation des Européens,
et notamment de la France, qui fait un retour remarqué
dans la région.
Bien que n'ayant épargné aucun effort pour obtenir
la réélection de Shimon Peres en mai 1996, les
États-Unis doivent s'accommoder de la victoire de la
droite israélienne et de Benyamin Netanyahou. Les domaines
de coopération entre les deux pays sont tellement larges,
la vision qu'ils ont du monde tellement similaire, le Congrès
américain tellement favorable à la politique
de l'État hébreu - malgré l'affaiblissement
du lobby - qu'une crise entre Washington et Tel Aviv
paraît peu probable. En revanche, les alliés
arabes des États-Unis, notamment l'Égypte, se
retrouvent en position difficile et semblent se tourner vers
l'Europe pour élargir leur marge de manoeuvre. Marquée
par une rivalité commerciale, notamment dans le domaine
des armements, et une conception différente de la paix,
cette concurrence entre l'Europe et les États-Unis
remettra-t-elle en cause l'hégémonie que Washington
a réussi, après bien des décennies, à
s'assurer au Proche-Orient au début des années
90, mais qui semble fissurée en 1996 ?
Alain Gresh - Dominique Vidal
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