Chronologie
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HERZL
(Theodor)
Fondateur
du sionisme. Né en 1860 à Budapest, il s'installe
avec sa famille à Vienne, à dix-huit ans. Après
des études juridiques, devenu avocat, Herzl se tourne
vers la littérature et l'art dramatique. À trente
et un ans, séparé de sa femme et marqué
par le suicide de son meilleur ami, il se rend en France où
il est nommé correspondant de la Neue Freie Presse,
jeune quotidien autrichien libéral. C'est à
Paris qu'il subit le choc de l'antisémitisme, qui renaît
avec l'affaire Dreyfus.
Jusque-là, Theodor Herzl, comme la plupart des
intellectuels juifs d'Europe occidentale, croit à
la solution du " problème juif " par l'assimilation
de ses coreligionnaires aux peuples parmi lesquels ils
vivent, voire même par leur conversion. L'émancipation
des Juifs et la reconnaissance de leurs droits égaux,
initiées par la Révolution française,
lui semblent une tendance historique irréversible.
Jacob Samuel, le principal personnage de sa pièce,
Le Nouveau Ghetto, écrite en 1894, meurt
en s'écriant : " Je veux sortir du ghetto...
"
Mais
le calvaire du capitaine Alfred Dreyfus, lui-même
partisan de l'assimilation, et la vague antijuive qui
l'accompagne modifient du tout au tout le point de vue
de Theodor Herzl. Son prédécesseur, Léon
Pinsker, avait déjà, dans Auto-émancipation,
en 1882, résumé de manière saisissante
cette image du Juif, " considéré par
les vivants comme un mort, par les autochtones comme un
étranger, par les indigènes sédentaires
comme un clochard, par les gens aisés comme un
mendiant, par les pauvres gens comme un exploiteur, par
les patriotes comme un apatride, et par toutes les classes
sociales comme un concurrent qu'on déteste ". Partant
donc de l'existence d'un peuple juif et de l'impossibilité
de son assimilation, Herzl conçoit pour unique
issue la création, si possible en Palestine, d'un
État juif. C'est le sens de son ouvrage de 1896,
L'État des Juifs, puis des rencontres qu'il
sollicitera et obtiendra de l'empereur d'Allemagne, du
sultan turc, du pape Pie X, du roi d'Italie, de ministres
de Grande-Bretagne comme de Russie (dont un organisateur
de pogroms), etc.
À
chacun d'eux, il fait valoir la portée de son projet
: aux Anglais, le rôle stratégique d'une Palestine
juive qui défendrait la " ligne vitale " de l'Empire
britannique, aux Allemands et aux Russes la possibilité
d'en finir avec leur " problème juif ", aux Turcs un
échange entre le rachat de l'énorme dette de
l'Empire ottoman et la concession de la Palestine. Tout est
bon pour que se réalise la perspective adoptée,
à Bâle, du 29 au 31 août 1897, par le premier
congrès juif mondial, convoqué par Theodor Herzl
qui en devient le président.
"
À Bâle, écrira-t-il dans son Journal,
j'ai créé l'État juif. Si je disais cela
aujourd'hui publiquement, un rire universel serait la réponse.
Dans cinq ans peut-être, dans cinquante sûrement,
tout le monde comprendra. " Cinquante ans et neuf mois
plus tard, en effet, l'État d'Israël voyait le
jour. Mais Herzl n'aura pas connu l'aboutissement de sa "
vision " : après s'être vainement battu pour
la fondation de son État juif, serait-ce en Argentine,
dans le Sinaï ou au Mozambique, il devait mourir le 3
juillet 1904.
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