Chronologie

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La Commission Singleton-Hutcheson


A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, une commission anglo-américaine d'enquête est créée afin qu'elle fasse ses recommandations sur la Palestine aux Gouvernements britannique et américains dans un nouveau cadre, la SDN ayant été remplacée par l'ONU.

La Commission présente en 1946 ses conclusions qui vont à l'encontre des grandes lignes politiques que la Grande-Bretagne s'était décidé à suivre.

La Commission Singleton-Hutcheson analyse la position juive ainsi : "Les Juifs de Palestine sont convaincus que la violence arabe  apayé. Durant tout le soulèvement arabe, les Juifs du foyer national, en dépit de toutes les provocations, ont obéi aux ordres de leurs chefs et ont fait preuve d'une autodiscipline remarquable. Ils ont tiré, mais seulement pour se défendre; il est rare qu'ils aient exercé des représailles sur la population arabe. Ils constataient avec amertume que leur réserve a eu pour salaire la Conférence et le Livre blanc de 1939...

Le succès du terrorisme arabe a immédiatement entraÓné la naissance du terrorisme juif et, fait encore plus significatif, le resserrement des rangs et de la discipline ainsi qu'une militarisation générale de la vie des Juifs palestiniens. L'Agence juive est devenue le centre politique d'une armée de citoyens qui savait qu'à chaque moment elle pourrait avoir à combattre pour l'existence même de sa communauté. Dépouillés, comme ils croyaient l'être, de leurs droits naturels aussi bien que juridiques, les Juifs palestiniens ont commencé à perdre confiance en la puissance mandataire. La croyance dangereuse s'est répandue que c'est par la violence, et non par la patience, qu'ils obtiendraient justice. La position des modérés, qui recommandaient de faire preuve de retenue et d'avoir foi dans les promesses solennelle de la Grande-Bretagne, a été progressivement sapée; celle des extrémistes, tout prêt à se mettre à l'école des Arabes, a été progressivement renforcée..."

La position des Arabes est présentée ainsi : "...ramenée à ses données élémentaires, la thèse arabe se fonde sur le fait que la Palestine est un pays occupé par les Arabes depuis plus de 1 000 ans, et sur un refus de la revendication historique juive sur la Palestine. En promulguant la Déclaration Balfour, soutiennent les Arabes, le Gouvernement britannique faisait présent de ce qui n'appartenait pas à la Grande-Bretagne, et ils n'ont jamais cessé d'affirmer que le mandat entrait en conflit avec le Pacte de la SDN dont il tirait son autorité. Les Arabes nient que le rÙle joué par les Britanniques dans leur affranchissement de la domination turque donne le droit à la Grande-Bretagne de disposer de leur pays. Ils déclarent même que la domination turque préférable à la domination britannique, si celle-ci conduit en fin de compte à les soumettre aux Juifs. Le mandat est à leurs yeux une violation de leur droit à l'autodétermination, puisqu'il leur impose une immigration qu'ils ne désirent pas et ne supporteront pas - une invasion de la Palestine par les Juifs...

La proposition que la Palestine ne doit pas être autorisée à se gouverner elle-même tant que les Juifs n'y ont pas atteint la majorité apparaÓt inacceptable aux Arabes. Ils veulent être maÓtres chez eux. Les Arabes étaient opposés à l'idée d'un foyer national juif même avant le Programme de Biltmore et la revendication d'un Etat juif. Inutile de le dire, leur opposition est devenue plus intense et plus amère depuis que ce programme a été adopté..."

La Commission formule la recommandation suivante : "Les Juifs ne domineront pas les Arabes et les Arabes ne domineront pas les Juifs en Palestine; la Palestine ne sera ni un Etat juif, ni un Etat arabe." La Commission précise encore que le futur gouvernement de Palestine sera placé sous garantie internationale. Parmi les mesures immédiates, la Commission recommande l'annulation des Land Transfer Regulations (ordonnance sur le transfert des terres) de 1940 et la délivrance immédiate de 100 000 permis d'immigration aux victimes des persécutions nazies,  recommande de faire une déclaration concernant la lutte contre le terrorisme et fait appel à l'Agence juive pour qu'elle coopère à cette fin.(sic)

 
 
Aide Sanitaire Suisse aux Palestiniens (ASSP)
15, rue des Savoises 1205 Genève
Tél. 0041(0)22/329.82.13