Chronologie

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DAVID BEN GOURION


" Nous les mettrons dehors et nous prendrons leur place "
David Ben Gourion dans une lettre à son fils en 1937.

David Grin est né à Plonsk, en Pologne, le 16 octobre 1886. Il est le fils d'un des fondateurs des Amants de Sion lesquels ont organisé la première aliya juive en Palestine. En 1905, il adhère aux thèses sionistes socialistes du Poalei Sion, "le travailleur de Sion". En 1906, il émigre en Palestine à la suite des pogroms polonais. Il y sera ouvrier agricole pendant quatre ans. En 1910, il entre à la rédaction du journal socialiste Ahdout (L'unité). Il signe ses articles sous la plume de Ben Gourion, nom qu'il emprunte au leader du gouvernement juif indépendant du temps de la révolte contre Rome. La première guerre mondiale anéantit ses espoirs de voir, depuis Constantinople, la renaissance d'un Etat juif par l'ottomanisation de la Palestine. Il part pour les Etats Unis où il tentera en vain d'y lever une armée de pionniers juifs. Il publie son premier livre, Eretz Israël (Le pays d'Israël). La déclaration de Balfour, en date du 2 novembre 1917, ne lui inspire guère la joie qui caractérise pourtant la plupart des sionistes. Pour lui, en effet, seul le peuple juif est à même " de construire son foyer national et de mener à bien sa rédemption (...) par son corps et par son ’me, par sa force et par son capital ".

En 1918, il retourne en Palestine pour y reprendre sa lutte à travers le terrain syndical. Ses qualités de meneur d'hommes le conduisent rapidement à gravir les échelons du syndicat Histadrout et à le développer. Lorsqu'en 1929 les différents partis socialistes approuvent l'unification, Ben Gourion devient premier secrétaire général du Mapai. Il est alors président de l'exécutif sioniste et président de l'agence juive. Après l'éclatement de révoltes arabes de plus en plus généralisées, la Grande Bretagne finit en 1936 par proposer la partition de la Palestine. Alors que le Yichouv va refuser, Ben Gourion va lui accepter, considérant qu' " un Etat hébreu partiel n'est pas une fin mais seulement un début ", et que l'installation d'un état juif " sur d'autres parties du pays ", pourra se faire par tous les moyens avec le consentement ou non des voisins. Il finira par imposer ses vues à son mouvement en 1939 et se tournera vers les Etats-Unis où il préparera notamment la conférence de Biltmore et la constitution d'un Common Wealth juif. Du fait de sa forte personnalité, il orchestrera la proposition de partage qui sera formulée en août 1946 par l'exécutif de l'agence juive et qui inspirera le plan de partage adopté par l'ONU le 29 novembre 1947.

La lecture qu'il donne le 14 mai 1948 de la déclaration d'indépendance précède les dispositions qu'il prend pour imposer l'autorité du nouvel état et conduire les forces juives durant la guerre de 1948/1949. Président de la République, premier ministre et ministre de la défense, il concentre ainsi la quasi totalité pouvoirs. Après la victoire d'Israël, Ben Gourion use de plusieurs stratagèmes pour empêcher la naissance d'un Etat arabe palestinien en favorisant notamment une entente tacite avec le roi Abdalllah de Jordanie, en étendant le territoire de l'état juif et en le vidant de l'essentiel de sa population arabe.

Ben Gourion se retire en 1953, laissant la place à Moshe Sharett. Cependant, il sera amené à revenir au pouvoir en raison d'un scandale, " l'affaire Lavon ", relative à des attentats ordonnés par le ministre de la défense Pinhas Lavon.

Dès l'année 55, Ben Gourion va préparer la guerre de Suez. Il démissionne en 1963, cédant sa place à Levy Eshkol, avec qui il n'entretient pas de bonnes relations. Il fait scission du Mapaï en 1965 et crée le Rafi. Après la guerre de 1967, il prend position pour la restitution des tous les territoires occupés arabes, excepté Jérusalem-Est. L'année 1969 marque la fin de sa carrière. Sa décision d'y mettre un terme est prise après l'échec de son mouvement aux élections puisqu'il n'obtiendra que quatre sièges. Retiré à Sde Boker, Ben Gourion meurt le 1er décembre 1973.

 
 
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