Chronologie

1869 - 1918

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2000 - 2002


 

Bourguiba, Habib


(1957-1987). NÈ ý Monastir, il effectua des Ètudes de droit ý Paris, o˜ il s'engagea dans le Destour, parti qui luttait pour l'Èmancipation de la Tunisie, alors protectorat franÁais. De retour en Tunisie, Habib Bourguiba crÈa, en 1930, un journal nationaliste dans lequel s'affirmËrent rapidement ses idÈes modernes et laÔques. La scission du Destour devait avoir lieu quatre ans plus tard. Les partisans d'une Tunisie indÈpendante, moderne et laÔque, dont Bourguiba, fondËrent le NÈo-Destour (´?Nouvelle Constitution?ª), tandis que les traditionalistes se rassemblaient dans le Vieux Destour.

DËs lors qu'il avait choisi l'indÈpendance pour son pays, Bourguiba fut poursuivi par les autoritÈs franÁaises, arrÍtÈ et internÈ ý deux reprises, de 1934 ý 1936 puis de 1938 ý 1942. ¿ cette date, il fut libÈrÈ par les Allemands mais condamnÈ de nouveau par les gaullistes dËs son retour en Tunisie. PlacÈ en rÈsidence surveillÈe, Bourguiba s'Èchappa, passa dans la clandestinitÈ, devenant bientÙt prÈsident du NÈo-Destour. Repris en 1952, il fut placÈ en rÈsidence surveillÈe durant deux annÈes, pendant lesquelles la Tunisie connut une campagne de terrorisme. Lorsque Pierre MendËs France accÈda ý la prÈsidence du Conseil, en 1954, il fit de Bourguiba son interlocuteur privilÈgiÈ dans les nÈgociations qui devaient mener ý l'autonomie interne de la Tunisie, en 1955, puis ý l'indÈpendance en mars 1956.

Bourguiba fit destituer le bey et, aprËs la victoire Èlectorale Ècrasante du NÈo-Destour, proclama la rÈpublique le 25 juillet 1957. Šlu chef du nouvel Štat rÈpublicain il entreprit d'audacieuses rÈformes dans un pays de tradition musulmane, interdisant la polygamie, accordant le droit de vote et d'ÈligibilitÈ aux femmes et substituant un droit civil au droit coranique. Sur le plan politique cependant, fort de sa lÈgitimitÈ de ´?Combattant suprÍme?ª de l'indÈpendance, il devait exercer un pouvoir fort, appuyÈ sur un parti unique. Dans le domaine Èconomique, Bourguiba donna au pays une orientation socialiste, les secteurs industriels de base Ètant pris en charge par l'Štat. Une collectivisation trop poussÈe des terres suscita l'hostilitÈ des agriculteurs et l'expÈrience prit fin en 1969.

Soucieux de l'indÈpendance rÈelle de son pays, Habib Bourguiba choisit pour celui-ci le non-alignement. Hostile au panarabisme Ègyptien, il fit cependant entrer la Tunisie dans la Ligue arabe, en 1958, y occupant une position trËs modÈrÈe. Le soutien apportÈ par la Tunisie aux indÈpendantistes algÈriens avait tendu les relations entre Tunis et Paris, relations qui s'amÈliorËrent quand Bourguiba s'affirma comme un partisan de la coopÈration avec l'Occident et de la paix au Proche-Orient. En 1965, il proposa ainsi un plan de rËglement du conflit israÈlo-arabe, qui prÈvoyait la reconnaissance par les pays arabes de l'Štat d'IsraÎl. Ce plan lui valut l'hostilitÈ de l'Šgypte de Nasser, derriËre laquelle il se rangea pourtant lors de la guerre des Six Jours, en 1967. En 1974, Bourguiba se brouillait avec le colonel Kadhafi, aprËs avoir rejetÈ le projet de fusion de la Libye et de son pays.

L'Èlection du ´Combattant suprÍmeª comme prÈsident ý vie de la RÈpublique par l'AssemblÈe nationale, en mars 1975, provoqua l'hostilitÈ d'une partie du peuple tunisien, exaspÈrÈ par la flambÈe des prix et la montÈe du chÙmage. Une tentative d'ouverture politique conduite par le Premier ministre Èchoua aprËs la rÈpression meurtriËre d'Èmeutes ý Tunis, en janvier 1978. Le rÈgime de Bourguiba devait en mÍme temps faire face ý l'influence croissante des islamistes et ý une dÈtÈrioration des relations avec la Libye. En janvier 1980, un commando rebelle, soutenu par la Libye, attaquait les mines de phosphate de Gafsa.

En 1981, sentant son pouvoir vaciller, Bourguiba paria sur la dÈmocratisation, acceptant le multipartisme et accordant l'autonomie ý la puissante centrale syndicale UGTT (Union gÈnÈrale des travailleurs tunisiens). AprËs de nouvelles Èmeutes en 1984, suscitÈes par les conditions Èconomiques de plus en plus difficiles, le prÈsident lanÁa une campagne contre la corruption et pour le redressement Èconomique. Affaibli par la maladie, il fut destituÈ de ses fonctions, le 7 novembre 1987, par le Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali, celui-ci invoquant l'incapacitÈ ý gouverner de Bourguiba.


 
 
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