Chronologie
|
1869
- 1918
1919 - 1932
1934 - 1945
1946 - 1950
1951 - 1966
1967 - 1974
1975 - 1985
1986 - 1989
1990 - 1995
1996 - 1999
2000 - 2002
|
Bourguiba,
Habib
(1957-1987).
NÈ ý Monastir, il effectua des Ètudes de droit ý Paris, o˜
il s'engagea dans le Destour, parti qui luttait pour l'Èmancipation
de la Tunisie, alors protectorat franÁais. De retour en Tunisie,
Habib Bourguiba crÈa, en 1930, un journal nationaliste dans
lequel s'affirmËrent rapidement ses idÈes modernes et laÔques.
La scission du Destour devait avoir lieu quatre ans plus tard.
Les partisans d'une Tunisie indÈpendante, moderne et laÔque,
dont Bourguiba, fondËrent le NÈo-Destour (´?Nouvelle Constitution?ª),
tandis que les traditionalistes se rassemblaient dans le Vieux
Destour.
DËs
lors qu'il avait choisi l'indÈpendance pour son pays, Bourguiba
fut poursuivi par les autoritÈs franÁaises, arrÍtÈ et internÈ
ý deux reprises, de 1934 ý 1936 puis de 1938 ý 1942. ¿ cette
date, il fut libÈrÈ par les Allemands mais condamnÈ de nouveau
par les gaullistes dËs son retour en Tunisie. PlacÈ en rÈsidence
surveillÈe, Bourguiba s'Èchappa, passa dans la clandestinitÈ,
devenant bientÙt prÈsident du NÈo-Destour. Repris en 1952,
il fut placÈ en rÈsidence surveillÈe durant deux annÈes, pendant
lesquelles la Tunisie connut une campagne de terrorisme. Lorsque
Pierre MendËs France accÈda ý la prÈsidence du Conseil, en
1954, il fit de Bourguiba son interlocuteur privilÈgiÈ dans
les nÈgociations qui devaient mener ý l'autonomie interne
de la Tunisie, en 1955, puis ý l'indÈpendance en mars 1956.
Bourguiba
fit destituer le bey et, aprËs la victoire Èlectorale Ècrasante
du NÈo-Destour, proclama la rÈpublique le 25 juillet
1957. Šlu chef du nouvel Štat rÈpublicain il entreprit d'audacieuses
rÈformes dans un pays de tradition musulmane, interdisant
la polygamie, accordant le droit de vote et d'ÈligibilitÈ
aux femmes et substituant un droit civil au droit coranique.
Sur le plan politique cependant, fort de sa lÈgitimitÈ de
´?Combattant suprÍme?ª de l'indÈpendance, il devait exercer
un pouvoir fort, appuyÈ sur un parti unique. Dans le domaine
Èconomique, Bourguiba donna au pays une orientation socialiste,
les secteurs industriels de base Ètant pris en charge par
l'Štat. Une collectivisation trop poussÈe des terres suscita
l'hostilitÈ des agriculteurs et l'expÈrience prit fin en 1969.
Soucieux
de l'indÈpendance rÈelle de son pays, Habib Bourguiba choisit
pour celui-ci le non-alignement. Hostile au panarabisme Ègyptien,
il fit cependant entrer la Tunisie dans la Ligue arabe, en
1958, y occupant une position trËs modÈrÈe. Le soutien apportÈ
par la Tunisie aux indÈpendantistes algÈriens avait tendu
les relations entre Tunis et Paris, relations qui s'amÈliorËrent
quand Bourguiba s'affirma comme un partisan de la coopÈration
avec l'Occident et de la paix au Proche-Orient. En 1965, il
proposa ainsi un plan de rËglement du conflit israÈlo-arabe,
qui prÈvoyait la reconnaissance par les pays arabes de l'Štat
d'IsraÎl. Ce plan lui valut l'hostilitÈ de l'Šgypte de Nasser,
derriËre laquelle il se rangea pourtant lors de la guerre
des Six Jours, en 1967. En 1974, Bourguiba se brouillait avec
le colonel Kadhafi, aprËs avoir rejetÈ le projet de fusion
de la Libye et de son pays.
L'Èlection
du ´Combattant suprÍmeª comme prÈsident ý vie de la RÈpublique
par l'AssemblÈe nationale, en mars 1975, provoqua l'hostilitÈ
d'une partie du peuple tunisien, exaspÈrÈ par la flambÈe des
prix et la montÈe du chÙmage. Une tentative d'ouverture politique
conduite par le Premier ministre Èchoua aprËs la rÈpression
meurtriËre d'Èmeutes ý Tunis, en janvier 1978. Le rÈgime de
Bourguiba devait en mÍme temps faire face ý l'influence croissante
des islamistes et ý une dÈtÈrioration des relations avec la
Libye. En janvier 1980, un commando rebelle, soutenu par la
Libye, attaquait les mines de phosphate de Gafsa.
En
1981, sentant son pouvoir vaciller, Bourguiba paria sur la
dÈmocratisation, acceptant le multipartisme et accordant l'autonomie
ý la puissante centrale syndicale UGTT (Union gÈnÈrale des
travailleurs tunisiens). AprËs de nouvelles Èmeutes en 1984,
suscitÈes par les conditions Èconomiques de plus en plus difficiles,
le prÈsident lanÁa une campagne contre la corruption et pour
le redressement Èconomique. Affaibli par la maladie, il fut
destituÈ de ses fonctions, le 7 novembre 1987, par le
Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali, celui-ci invoquant
l'incapacitÈ ý gouverner de Bourguiba.
|