Chronologie

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Le programme de Biltmore


La guerre ne tait pas pour autant les critiques sionistes à l'égard du Livre blanc. Ainsi, Ben-Gourion déclare : "Nous n'avons aucun droit d'atténuer notre résistance au Livre blanc". Mais l'heure est aussi au regroupement des forces pour lutter contre les nazis. C'est ce qui explique l'ambiguité de la position sioniste, notamment exprimée par Haïm Weizmann dans ses notes : "Dans le combat à venir, nous nous engagerions plus qu'aucun autre peuple de la planète dans la défense de la démocratie et, pour ce faire, dans la coopération avec l'Angleterre, auteur du Livre blanc. Tel était le paradoxe de notre position".
L'influence de Nathan Goldmann sera alors déterminante et permettra aux sionistes d'avancer une synthèse. Chargé par l'Agence juive du Comité sioniste d'urgence aux Etats-Unis, Goldmann qui a jusqu'à présent réfusé la fondation d'un Etat juif est convaincu qu'une partition du territoire de la Palestine historique est inévitable. Par soucis tactique, il estime que les juifs eux-mêmes ne doivent pas défendre cette idée mais la faire endosser par d'autres. D'ailleurs, on évite de parler d'Etat, préférant la formule plus souple de commonwealth juif.
Lorsque le 6 mai 1942 les délégués de l'Agence juive et des délégués américains pénètrent dans l'hôtel Biltmore à New York où ils ont été convoqués par l'exécutif pour trancher le débat, ils ignorent que les nazis ont mis au point la "solution finale" à Wansee, le 20 janvier de cette même année. Face au modéré Weizmann, Ben-Gourion est décidé à précipiter le choix étatique. Devant les délégués, David Ben-Gourion soutient qu'il ne saurait après la guerre y avoir de nouvel ordre mondial "tant que le problème de l'absence de patrie des Juifs ne sera pas finalement résolu". C'est cette nouvelle ligne qui est adoptée, une ligne qui rejette l'idée binationale, une ligne tactique qui ouvre la porte au partage d'après-guerre, une ligne qui dissimule mal les clivages au sein des organisations sionistes.
Mais Biltmore marque aussi un changement d'alliance. Jusqu'alors, c'est la Grande-Bretagne qui avait servi de tuteur aux organisations sionistes. Désormais, c'est aux Etats-Unis que celles-ci vont trouver leurs meilleurs alliés.

 

 
 
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