Rapport de Nadi al-asir al-filistini
(club du prisonnier palestinien)

A l’occasion de la Fête des mères

80 prisonnières palestiniennes dans les prisons de l’occupation
dont 9 mères avec leurs bébés

 

La fête des mères est là, et 80 prisonnières demeurent dans les prisons de l’occupation israélienne. 80 prisonnières qui ont été transférées il y a un mois et demi de la prison de Ramleh, pour femmes, à la prison de Telmond Hasharon. 9 mères de famille palestiniennes sont enfermées en prison, ainsi que leurs bébés, qui sont Wael, le fils de Mirvat Taha et Nour, le fils de Manal Ghanim.

Six filles mineures sont également en prison.

Pendant les trois années de l’intifada al-Aqsa, près de 500 femmes palestiniennes ont été emprisonnées, et c’est la plus vaste opération d’arrestations touchant les femmes palestiniennes depuis 1967. 

Dans les prisons, les pratiques sauvages contre les femmes ont atteint un niveau jamais égalé jusque là, elles ont été plusieurs foi battues, malmenées, arrosées de gaz, punies très sévèrement, comme par l’isolement, la confiscation de leurs affaires personnelles et l’interdiction de visites.

Dans le dernier appel lancé par les prisonnières aux institutions des droits de l’homme, elles ont décrit l’état de sauvagerie et de sadisme auquel elles font face en disant : « Nous ne pouvons pas décrire ces geôliers… Même si nous disons qu’ils sont sauvages, cela ne les décrit pas parfaitement, ils ne se comportent avec nous qu’avec des coups… les geôliers exigent des prisonnières de se déshabiller entièrement sous prétexte de les fouiller... une humiliation et une dépravation incroyables… »

Dans cet appel, elles disent : « La prisonnière Souad Abu Hamad a été agressée pendant son sommeil, sur son matelas, lorsque les gardiens sont entrés en force dans la cellule.. Ils lui ont attaché les mains, l’ont traînée par terre et l’ont ensuite lancée sur un chariot et lorsque nous avons protesté, une force de l’armée est intervenue, elle s’est mise à arroser nos cellules et à nous arroser avec des tuyaux d’eau ».

Les prisonnières demandent : « Comment les Palestiniens et les Arabes acceptent-ils d’être ainsi humiliés par l’ennemi ? Pourquoi ne demandent-ils pas des nouvelles du nouveau-né Nour, âgé de 5 mois, et de Wael, qui a maintenant un an ? Pourquoi ne demandent-ils pas des nouvelles de la prisonnière Souna Ra’i, qui a passé 6 ans sans pouvoir voir sa petite fille ?? »

L’appel poursuit : « Nous ne profitons aucunement des manifestations, ni des paroles des dirigeants sur les chaînes satellites, et même la Croix-Rouge Internationale ne fait rien pour s’assurer de nos conditions, aucune chaîne télévisée, aucune radio, ne se préoccupe de notre sort, ne consacre une émission à notre question ».

Les prisonnières palestiniennes manquent du nécessaire vital dans les prisons israéliennes. Il n’y a pas de meubles dans les pièces, les vêtements sont insuffisants, il n’y a ni livres ni matériels culturels, et dans le cadre de ce qui s’appelle « l’interdiction sécuritaire », les visites des parents à la plupart des prisonnières de la Cisjordanie sont interdites. Les problèmes des prisonnières deviennent de plus en plus critiques, surtout que la direction des prisons n’assure pas les besoins.

Les prisonnières mènent constamment des protestations, en déclarant les grèves de la faim, ou la grève des sorties, mais la direction se comporte sauvagement dans ces cas : les prisonnières sont frappées avec des matraques, elles sont isolées pendant une longue période, elles sont privées de cantines et de la visite des familles et des avocats.

Le gouvernement d’Israël refuse de se comporter avec les prisonnières selon des critères humains, et les considère des terroristes.

La mère qui accouche dans la prison voit en général sa peine diminuée par trois, à cause de son nouveau-né, mais cette mesure ne s’applique pas aux prisonnières palestiniennes, au contraire, la peine de la prisonnière Mirvat Taha a été augmentée, après son accouchement de son fils Wael, en prison.

Israël impose des mesures très sévères sur la visite des avocats aux prisonnières, et très souvent, l’avocat est laissé, seul, dans la pièce d’attente, et il est obligé de mener la visite après une coordination préalable avec les autorités israéliennes.

Plusieurs prisonnières souffrent de graves maladies, et aucun remède ne leur est apporté. La prisonnière Manal Ghanem qui a accouché de Nour en prison souffre de talasemie, et Manal a appelé son fils Nour (lumière) mais Nour n’a pas vu la lumière de la vie, à l’intérieur de la prison, entre les barreaux et les murs.

Plusieurs prisonnières souhaitent se présenter aux examens des études secondaires cette année, et l’année passée, la direction de la prison leur a interdit de passer leurs examens.

Les prisonnières ont pris une attitude ferme contre la mise en place de carreaux de verre dans les pièces de visites, au lieu des guichets, elles ont refusé les visites jusqu’à ce que les carreaux de verre soient enlevés.

La représentante des prisonnières, Amné Mouna, a été isolée dans une cellule individuelle dans la prison de Ramleh après qu’elle ait été sauvagement agressée, et la direction de la prison essaie de nommer une autre représentante, pour susciter les divisions et empêcher leur unité.

La prisonnière qui a été libérée, Wasfia Abu Ajmia, de Dhayshé, a évoqué la nourriture, mauvaise, et la négligence médicale, et elle a décrit la répression dans la prison de Hasharon comme une tentative de tuer et de faire plier les prisonnières.

La fête des mères. Aucune fleur pour la mère prisonnière. Ni baiser, ni visite. Seule dans un monde de sauvagerie gouverné par des barbares. Le cri de la mère prisonnière secoue les consciences.

Nadi al-asir al-filistini

20 mars 2004-03-21

 

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