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CONSEIL NATIONAL
Postulat
par Liliane Maury Pasquier
Halte à la construction du mur israélien dans les territoires
occupés : tout mettre en œuvre, au nom de la protection des
personnes et du droit international, pour interrompre cette
construction qui met en danger tout processus de paix dans la
région.

Texte du postulat du
5 mai 2004 :
Je
demande au Conseil fédéral d’effectuer au plus vite les deux
démarches suivantes :
1.
l’évaluation de la faisabilité d’une rencontre des parties
contractantes des Conventions de Genève du 12 août 1949 pour
examiner la question de la construction du mur israélien dans
les territoires occupés ; cet examen devrait notamment porter
sur la compatibilité de cette construction avec la protection
des personnes et le droit international ;
2.
le
cas échéant, la convocation par la Suisse, en sa qualité d’Etat
dépositaire des Conventions de Genève du 12 août 1949, d’une
telle réunion.
Développement
La Constitution
suisse garantit, entre autres, au titre de droits fondamentaux
, le droit à la vie et à la liberté personnelle, notamment à
la liberté de mouvement (art. 10), la garantie de la propriété
(art. 26) et la liberté économique qui recouvre le libre accès
à une activité économique lucrative et son libre exercice
(art. 27).
Ces droits, qui se
réfèrent notamment aux droits humains tels qu’ils ressortent
de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée
le 10 décembre 1948 par l’Assemblée des Nations Unies, sont
reconnus par nombre d’Etats comme, du reste, toute une
panoplie d’instruments supranationaux tels qu’accords,
conventions et autres protocoles. Parmi ceux-ci, il convient
de relever les Conventions de Genève adoptées le 12 août 1949
et leurs protocoles additionnels du 8 juin 1977.
Ces droits sont
bafoués par la construction par Israël, membre de l’ONU et
signataire des Conventions de Genève, d’une « clôture de
sécurité » – qui s’apparente bien plus à un mur de séparation
digne de n’importe quel système d’apartheid ou de ghetto – ce
qui constitue une violation évidente des droits des
Palestinien-ne-s qui devraient pourtant être garantis par
toute puissance occupante.
Ce fait est du reste
reconnu par de nombreuses autorités à travers le monde.
Ainsi, le Conseil
fédéral a notamment déclaré, dans sa réponse à
l’interpellation 03.3512 de la conseillère nationale Gaby
Vermot, que « le droit international humanitaire dispose que
la puissance occupante peut prendre des mesures de sécurité ;
néanmoins ces mesures ne peuvent pas porter atteinte aux
droits fondamentaux aux personnes protégées. Or, la
construction du mur aggrave les restrictions à la liberté de
circulation des Palestiniens et limite l’accès de la
population aux postes de travail, à leurs terres, aux soins de
santé et à l’éducation ». Le Conseil fédéral ajoute encore que
« le tracé (de ce mur) risque de mener à une annexion de facto
de terres palestiniennes de Cisjordanie par Israël » et que
« jointe à l’expansion continue des colonies de peuplement et
des infrastructures notamment routières en Cisjordanie et à
Gaza, la construction du mur apparaît comme un obstacle à la
réalisation de la vision de deux Etats vivant côte à côte en
paix et dans la sécurité ».
Ailleurs dans le
monde, on a porté le même jugement sur la construction de ce
mur.
Par exemple, au niveau
parlementaire, le Comité pour le Développement International
de la Chambre des Communes anglaise a adopté, à l’unanimité,
un rapport qui conclut notamment que »le mur met la viabilité
d’un futur Etat palestinien en péril » (International
Development Committee, « Development Assistance and the
Occupied Palestinian Territories.
Second report of
session 2003-2004 ». Volumes I and II.
HC 230-1, 15.01.04).
Ou encore, au niveau
supranational, l’Assemblée générale des Nations Unies a
adopté, à l’initiative de l’Italie au nom de l’Union
Européenne, la résolution ES-10/13 qui notamment « exige
qu’Israël arrête et inverse les travaux de construction du mur
dans le territoire palestinien occupé, y compris à
Jérusalem-Est et alentour, qui s’écarte de la Ligne
d’armistice de 1949 et qui est contraire aux dispositions
pertinentes du droit international ».
Seulement, voilà,
pendant ce temps, les travaux continuent. Environ 180 km de ce
mur ont été construits, sur une longueur totale de 687 km, et
le temps joue contre celles et ceux qui cherchent une paix
durable. Or, celle-ci passe, j’en suis convaincue, par la
création d’un Etat palestinien qui ne soit pas un Bantoustan
mais un voisin d’Israël à la capacité économique suffisante
pour se développer.
Pour cela, il convient
de mettre la pression, de toutes les manières pacifiques
possibles. Une rencontre des parties contractantes des
Conventions de Genève du 12 août 1949 peut, semble-t-il,
constituer une démarche pleine de sens pour peu qu’elle
intervienne rapidement, ce qui dépend de la bonne volonté du
Consei fédéral !
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