Communiqué de presse de la Délégation générale de Palestine

Une tragédie humanitaire au nom de la sécurité

La construction de la soi-disant „barrière de sécurité“ que l’armée israélienne a entamée en juin 2002 doit être considérée comme extrême menace de toute perspective de paix au Proche-Orient, créant des conditions qui favorisent l’instabilité, l’insécurité et la violence. Cette soi-disant « me­sure de sécurité » n’isole pas en premier lieu, comme prétend Israël, les Palestiniens des Israé­liens, mais sépare au contraire les Palestiniens des Palestiniens. Le mur se prolonge dans la plu­part des cas profondément à l’intérieur de la Cisjordanie et disloque ainsi les relations familiales, économiques et sociales de centaines de milliers de Palestiniens et Palestiniennes. Plus que 100'000 Palestiniens se retrouvent déjà isolés dans des enclaves, en plus des 200'000 habitants de Jérusalem-Est qui vont être totalement coupés du reste de la Cisjordanie.

D’après les résultats de la dernière étude du Norwegian Statistic Bureau, la première phase de la construction du mur qui vient de s’achever a des impacts désastreux pour la population concernée des deux côtés du mur et touche tous les aspects vitaux de leur vie quotidienne, ce qui est démon­tré notamment par les résultats suivants :

Isolés de leur familles :                                     51% à l’ouest du mur

                                                                   37% à l’est du mur

Coupés des services médicaux :                         74% à l’ouest du mur

                                                                   39% à l’est du mur

Sans accès aux centres médicaux                      63% à l’ouest du mur

et aux cliniques                                              36% à l’est du mur 

Sans accès aux soins pédiatriques :                   64% à l’ouest du mur

                                                                   25% à l’est du mur

Sans accès aux soins prénatals :                       65% à l’ouest du mur

                                                                   22% à l’est du mur

Instituteurs isolés de leurs écoles :                    75% à l’ouest du mur

                                                                   43% à l’est du mur

Par la construction du mur, Israël a pu annexer de facto plusieurs milliers d’hectares de terres fer­tiles. Des centaines de milliers d’arbres ont été déracinés, des centaines de maisons détruites et des milliers de fermiers palestiniens sont coupés de leurs terres et des sources d’eau. L’Etat d’Is­raël contrevient ainsi à plusieurs articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et viole la Quatrième Convention de Genève qui interdit toute réquisition de terres dans les terri­toi­res occupés, la destruction et la saisie de propriété ainsi que la pratique des punitions collectives. Il faut instamment prendre des mesures pour arrêter la construction de ce mur et de réparer les dé­gâts humanitaires, économiques et environnementaux que cette construction a déjà engendrés. Il s’agit d’une exigence essentielle pour arrêter cette catastrophe humanitaire et pour donner une chan­ce à la paix.

Berne, le 04.02.2004 

Pour plus d’infirmation veuillez contacter :

Dr. Anis Al-Qaq
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J
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Aide Sanitaire Suisse aux Palestiniens (ASSP)
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