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APRÈS
L’ASSASSINAT DE CHEIKH YASSINE :
APPEL
À LA SOCIÉTÉ CIVILE

L’assassinat au quotidien de civils palestiniens, parmi lesquels de
nombreux enfants, n’avaient droit dans les médias
qu’à la mention laconique d’un banal fait divers.
Trois missiles tirés avec une inexorable précision
sur un patriote de 68 ans, sourd, quasi aveugle,
sortant en chaise roulante de la prière communautaire
où il tenait à se rendre chaque jour, ont soulevé
une saine et unanime indignation dans le monde. Le
pouvoir israélien a franchi la ligne rouge qui lui
enlève toute possibilité de revenir en arrière.
Dans le foisonnement des commentaires - nombreux sont
des appels à la vengeance -,
celui d’un juif israélien, Uri Avnery,
militant de Gush Shalom, est implacable dans sa sobriété :
«C'est pire qu'un crime, c'est un acte de stupidité!».*
« C’est le début d'un nouveau chapitre dans
le conflit israélo-palestinien. Cela déplace le
conflit du niveau d'un conflit national résoluble au
niveau d'un conflit religieux qui, du fait de sa
nature, est insoluble.
«La destinée de l'État d'Israël est aujourd'hui
entre les mains d'un groupe de personnes dont les
perspectives d'avenir sont primitives et la perception
des choses attardée. Ils sont incapables de
comprendre les dimensions mentales, émotionnelles et
politiques du conflit. C'est un groupe de politiciens
et de responsables militaires incompétents qui ont échoué
dans toutes leurs actions. Ils essaient de couvrir
leurs échecs par une escalade catastrophique.
«Cet acte ne met pas uniquement en danger la sécurité
personnelle de chaque Israélien, dans et en dehors
d'Israël, il met aussi en danger l'existence même de
l'État d'Israël. Il a gravement réduit les chances
de mettre un terme aux conflits israélo-palestinien,
israélo-arabe et israélo-musulman.»
Avnery ajoute qu'au début des années 80, les autorités
occupantes (Israël) ont encouragé les fondateurs du
Hamas, espérant qu'ils arriveraient à créer un
contrepoids à Yasser Arafat et à l'OLP. Même
pendant la première Intifada, l'armée et les
services de sécurité ont octroyé un traitement de
faveur au Hamas. Cheikh Yassine n'a d'ailleurs été
arrêté qu'un an après ces événements.
«Il semble n'y avoir aucune limite à la bêtise de
nos responsables politiques et militaires. Ils mettent
en danger le futur de l'État d'Israël.»**
Tous les gouvernements, excepté celui des Etats-Unis,
se sont trouvés dans l’obligation de dénoncer le
crime et sont du même coup dans celle de traduire les
criminels en jugement. Ils en ont et la possibilité
et le devoir. Les mécanismes de procédures adéquates
sont parfaitement établies et connues. Si les
gouvernements tergiversent pour y recourir,
n’appartient-il pas à la société civile
de les y contraindre ?
Les ONGs droits de l’homme et humanitaires sont
libres de la forme des protestations qu’elles
entendent proposer à la société civile et des
actions à entreprendre***, mais l’ASSP demande à
toutes que, par leur intermédiaire, elles invitent de
façon pressante les citoyennes et les citoyens de
tout pays dont ils sont ressortissants - y compris
Israël et les pays arabes - à faire savoir au Chef
de leurs Etats respectifs leur volonté de la
convocation d’une Conférence générale des Hautes
parties contractantes des Conventions de Genève
faisant suite à celle du 5 décembre 2001 pour que
l’une d’entre elles, Israël, comparaisse pour y
être jugé sur les violations fondamentales qui, en
persistant, la met hors de la communauté des Nations
Unies.
Chaque
citoyenne et chaque citoyen a le légitime devoir de
soutenir et de défendre son pays et sa communauté.
Cela n’implique pas de cautionner aveuglément les
dirigeants du moment s'ils trahissent, pour n'importe
quelle raison, les valeurs fondamentales du pays ou de
la communauté. Il appartient alors à la société
civile d’exiger un renversement de politique
Jacques Vittori
Président de l’ASSP
Source : http://www.gush-shalom.org/english/index.html
Traduction
Tarek Naba'a, 22 mars 2004
Charte des
Nations Unies, Pacte International relatif aux Droits
économiques, sociaux et culturels, Conventions des
Droits de l’enfants, contre la torture, de l’OIT,
de l’OMS, de l’UNESCO et de toutes les
institutions des Nations Unies ; Cour
internationale de justice de La Haye, etc.
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