S’adressant à la XXVIIIe Conférence
internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
à Genève, le président du CICR, Jakob Kellenberger, a
déploré le fait que les conflits armés continuent
d’engendrer des souffrances immenses et durables. « Même
lorsque les conflits diminuent d’intensité sur le
plan militaire, ils continuent à prendre la vie de ceux
qui mettent le pied sur une mine, de ceux qui n’ont
plus accès à de l’eau potable ni à des soins adéquats.
En outre, des milliers de familles restent sans
nouvelles de parents disparus. »
Le président de la Fédération internationale, Juan
Manuel Suárez del Toro, a déclaré que le paysage
humanitaire avait radicalement changé ces dernières
années. « Nous avons été particulièrement alarmés
par la détérioration du respect de notre action neutre
et impartiale qui vise à soulager les souffrances
humaines, ainsi que par l’insécurité grandissante à
laquelle les membres du personnel humanitaire sont
confrontés, en particulier ceux qui travaillent comme
volontaires, l’emblème étant quasiment leur seule
protection. »
M. Kellenberger a souligné que dans un monde de plus en
plus polarisé, le droit international humanitaire
demeure le meilleur cadre de référence à disposition
dans lequel on peut réaliser un équilibre entre les
exigences légitimes en matière de sécurité et la nécessité
tout aussi légitime de préserver la dignité humaine :
« … [J]e reste convaincu qu’il est possible
d’assurer la sécurité d’un État sans violer les
droits fondamentaux de la personne, que l’on peut
contrôler un territoire tout en respectant sa
population, que l’on peut détenir des personnes qui
menacent l’ordre public sans porter atteinte à leur
dignité, dans le respect de leur intégrité physique
et spirituelle. »
Le président du CICR a rappelé que les mesures
antiterroristes devaient être conformes à des règles
juridiques claires :« …[L]e combat contre le
terrorisme, si nécessaire et légitime soit-il, […]
ne doit pas saper les valeurs sur lesquelles une société
doit se baser, notamment la protection de la dignité
humaine conformément au droit international. »
M. Suárez del Toro a pour sa part déclaré que le
monde ne pouvait ignorer l’impact des catastrophes ni
des urgences sanitaires, ni le fléau quotidien que
constituent la pauvreté, l’intolérance et la
discrimination, qui menacent des centaines de millions
de personnes chaque année. « Trop souvent, les lois,
les politiques et les procédures servent d’obstacles
à une intervention efficace et coordonnée en cas de
catastrophe et de maladie, et sont discriminatoires vis-à-vis
des groupes vulnérables. C’est la raison pour
laquelle nous pensons que les gouvernements et le
Mouvement international de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge doivent unir leurs efforts pour que la législation
protège effectivement la dignité humaine de toutes les
personnes, quels que soient leur statut ou les
circonstances, dans toutes les situations qui menacent
leur vie et leurs moyens de subsistance. »
Le président de la Fédération internationale a ajouté
qu’il était nécessaire que les gouvernements
soutiennent plus activement l’action du Mouvement,
notamment en reconnaissant le rôle important que jouent
les volontaires en renforçant la société civile. Et
si le Mouvement peut travailler en tant que partenaire
de bonne volonté avec les gouvernements afin de relever
les défis humanitaires d’aujourd’hui, nous devons
en tout temps préserver notre indépendance, notre
neutralité et notre autonomie. »
3-12-2003
Informations complémentaires :
Jemini Pandya, Fédération internationale, Genève,
tél. : +41 79 217 33 74
Ian Piper, CICR Genève, tél. : +41 22 730 20 63,
+41 79 217 32 16 ou +41 79 203 43 38
Antonella Notari, CICR Genève, tél. : +41 22 730
22 82 ou +41 79 217 32 80
Documentation et renseignements complémentaires : http://www.icrc.org/fre/conf28