Intifada : Bilan
du 28 septembre 2000 au 8 juin 2003

Relevé établi par le Health Development Information and Policy Institute : http://www.hdip.org/

Palestiniens tués 1

2.511 morts, dont 223assassinats extra-judiciaires (infractions graves à la 4ème Convention de Genève, considérées comme des crimes de guerre).

471, soit 19 %< 17 ans.
85 %
civils.
501
tués par des armes lourdes.
1.545
tués par balles réelles.

Ne font l'objet d'aucune enquête, garantissant l'impunité aux forces israéliennes, et leur permettant d'agir en dehors des lois. 2

Palestiniens blessés : + de 41.000 3

Cisjordanie 4 : 35,7% d'enfants, 32,4% par balles réelles, 64,9%atteints dans la partie supérieure du corps, 39%de blessures modérées à graves (sur base de 16.673 cas, au 28 février 2002).

Bande de Gaza 5 : environ 20%d'enfants, 37%par balles réelles, 60%atteints dans la partie supérieure du corps (sur base de 6.000 cas, au 6 mars 2002).

L'UNICEF estime que 7.000enfants ont été blessés. 6 

Handicaps permanents

Estimés à 2.500. 7Estimation de 500 enfants handicapés. 8

Attaques dirigées contre du personnel ou des services de santé 9

15 (dont 1 Allemand) médecins, infirmiers, conducteurs d'ambulance tués en mission (tirs sur les ambulances, ou bombardements de quartiers résidentiels). 10

180infirmiers du service d'urgence du Croissant Rouge blessés.
95
secouristes de l'Union of Palestinian Medical Relief Committees (UPMRC) blessés (dont 2 médecins).
25 ambulances du Croissant Rouge détruites.
197
ambulances du PRCS touchées par des balles réelles, des balles revêtues de caoutchouc et/ou des pierres lancées par des colons juifs.
432 cas de refus de laisser franchir une ambulance à un barrage routier ont été relevés.

Au cours de la longue d'invasion de mars-avril 2002, les équipes de l'UPMRC étaient arrêtées, détenues et se voyaient refuser l'accès jusqu'à 3 fois par jour. Depuis avril 2002, la circulation des cliniques mobiles est fortement entravée.

78volontaires et membres des services d'urgence ont été arrêtés depuis l'invasion du 29 mars 2002. 11

76 personnes sont mortes faute d'avoir eu accès à un traitement médical.

Attaques dirigées contre des hôpitaux (patients blessés, coupures de courant)

Bombardement de l'Hôpital Français à Bethléem (dommages estimés à 25.000$). 12
L'Hôpital Al Hussein à Bethléem. 13
Balles réelles tirées à Beit Jala, A-Dibs, Hôpital Français à Bethléem. 14
Hôpital Al Alia (Hébron) à 3 reprises. 15
Al Yamama (Bethléem), PRCS Maternity Hospital (Ramallah) et Ramallah General Hospital bombardés. 16
Accès refusé à l'hôpital Khalid de Ramallah pendant plusieurs jours. 17
Des colons ont attaqué l'Augusta Victoria Hospital (Jérusalem), un officier de la sécurité touché (fusil mitrailleur). 18
Durant la longue invasion de mars-avril 2002, un grand nombre d'hôpitaux et de cliniques ont été attaqués dans toute la Cisjordanie.

Journalistes

8 reporters palestiniens tués, 1journaliste italien tué.
295journalistes blessés, au moins 167 journalistes attaqués par des soldats israéliens; battus, détenus, matériel confisqué ou détruit.
5 journalistes palestiniens arrêtés et actuellement en détention administrative.
Au moins 94centres de presse bombardés, saccagés ou endommagés, 46incidents au cours desquels du matériel a été endommagé. 19

31 mars 2002 :Ramallah et El-Bireh déclarées zones militaires fermées, empêchant les journalistes d'y pénétrer, et exigeant des journalistes présents dans le secteur de l'évacuer immédiatement.

Avril 2002 :L'Association Internationale de la Presse qualifie la Cisjordanie de deuxième région du monde la plus dangereuse pour les journalistes, après l'Afghanistan.

Types de munitions utilisées 20

Balles: 5.56 mm (calibre 223), 7.02 mm, 9 mm, calibre 50, .500 mm, .800 mm, acier recouvert de caoutchouc, plastique.
Missiles. Obus de chars. Chasseurs F-16.

Réoccupation and incursions

Réoccupation des zones ‘A’ (avant les importantes opérations militaires de mars-avril et juin 2002): Pires cas: Bethléem (10 jours), Jénine (40 jours), Ramallah et El Bireh (20 jours), Tulkarem, Qalqilya. Invasions dans les zones ‘A’: Beit Rima, Deir Ghassana, Beit Lahia.

Février-mars 2002 : Sharon déclenche des attaques contre les camps de réfugiés palestiniens de Cisjordanie. Le camp de Balata (Naplouse) est l'objet d'une attaque particulièrement violente.180 Palestiniens, en majorité des réfugiés, sont tués sur 2 semaines de temps (du 28 février au 12 mars). Importantes destructions et dégâts aux propriétés privées.

29 mars - 1 mai 2002 : Les chars israéliens envahissent toutes les villes importantes de Cisjordanie, sauf Hébron et Jéricho. Les villes sont placées sous un couvre-feu de 24 h. Le personnel médical et les ambulances sont systématiquement attaqués. Actes de vandalisme et importantes destructions de l'infrastructure civile. Près de 260 Palestiniens sont tués. Protestations internationales; l'envoyé spécial des Nations Unies déclare que les actes commis à Jénine sont «incroyablement horribles» et «moralement répugnants». 21

19 juin :Le gouvernement israélien déclenche la seconde invasion à grande échelle de toutes les villes et villages de Cisjordanie (sauf Jéricho). Réoccupation totale de la Cisjordanie. Tout au long du mois dernier, 2 millionsde Palestiniens ont été soumis à un couvre-feu de 24h.

Bouclages et couvre-feux.
Sanctions collectives :

Affectent les 3 millions de Palestiniens vivant à Gaza et en Cisjordanie. Depuis le début de l'occupation en 1967, il s'agit du plus long et du plus sévère ensemble de mesures de restrictions frappant la population. 22

- Accès aux soins médicaux refusé

- Restrictions appliquées à la libre circulation du personnel de santé ou des médicaments et équipements médicaux

Bouclages intérieurs et sièges : 120 check-points israéliens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Combinés aux barrages routiers, ils divisent la Cisjordanie en 300 entités séparées, et la Bande de Gaza en 3 entités.

Bouclage intérieur total: Cisjordanie: 66% du temps.
Bouclage intérieur partiel: Cisjordanie 34%, Gaza 94%. 23

Les bouclages entraînent des problèmes humanitaires, tels que coupures d'eau et d'électricité (ex. Beit Furik et Beit Dajan). Autres exemples: Les habitants d'Al Mawasi «marqués» d'un numéro d'identité, pour que l'armée israélienne les autorise à des déplacements minimum dans et hors de la zone. Israël a édifié des barrières électriques à l'entrée d'al Sifa, les habitants ne peuvent entrer ou sortir qu'entre 7 et 9 h du matin, 3 et 5 h de l'après-midi.

Mai 2002 :Le gouvernement israélien instaure un nouveau régime de permis personnel, et rend impossible tout déplacement entre les villes de Cisjordanie. La «bantoustanisation» des Territoires palestiniens est totale. La construction de barrières de «séparation» entre la Cisjordanie et Israël a commencé.

Bouclages extérieurs : La Cisjordanie et la Bande de Gaza sont coupées du reste du monde. L'aéroport international de Gaza est fermé depuis février 2001. Fermeture du «passage protégé» entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie (pourtant interdite par les accords d'Oslo). Fréquents et longs bouclages du passage vers la Jordanie, de la frontière avec l'Égypte (Rafah), et avec Israël (Al-Mintar et Beit Hanoun).

Depuis début mars 2002, l'armée israélienne a régulièrement envahi les secteurs sous contrôle palestinien, et soumis à des couvre-feux prolongés les villes et les villages.

Voir Réoccupation et incursions

Palestiniens arrêtés et détenus par les autorités israéliennes

Estimation: depuis le 29 mars 2002, 15.000 Palestiniens ont été détenus, dont 6.000 sont toujours en prison.

Parmi eux, 1.700Palestiniens sont en détention administrative 24, ce qui signifie qu'ils n'ont pas fait l'objet d'un procès, et qu'ils sont détenus sans que des charges soient retenues contre eux.

350enfants palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes et les centres de détention situés en Israël et en Cisjordanie.

Parmi eux, quelque 30enfants sont en détention administrative. 25

De nombreux prisonniers sont soumis à la torture, et ne reçoivent pas les soins médicaux appropriés.

Dégâts à des biens publics ou privés
Attaques sur des quartiers résidentiels
(Sanctions collectives)

Au cours des 15 premiers mois de l'Intifada, les dégâts matériels se sont montés à 305 millions de dollars. 26

Au cours de la longue invasion de mars-avril 2002, l'armée israélienne a détruit et pillé pour 361 millions de dollars. 27

Du début de l'Intifada jusqu'à février 2002 : Bombardements et démolitions ont détruit complètement 720 maisons, et endommagé 11.553 autres.

73.600personnes ont été touchées. 28

30 mosquées, 12 églises 29134 puits 30, des cimetières... ont été détruits.

34.606oliviers et arbres fruitiers ont été arrachés 31 et 1.162,4 dunums [116 hectares] de terres ont été confisqués 32, 14.339 dunums [1.434 hectares] de terres ont été passés au bulldozer ou incendiés. 33

Durant l'invasion de mars-avril 2002 : 881 maisons ont été détruites,  2.883 maisons ont été endommagées dans les camps de réfugiés, affectant 22.500 personnes habitant ces maisons. 34

Bande de Gaza : plus de 601 maisons ont été démolies complètement, environ 16.000 dunums [1.600 hectares] de terres, en majorité agricoles, ont été rasés par l'armée israélienne. 35

Enseignement
(Sanctions collectives)

Le Ministère de l'Éducation fait état de 850 écoles fermées temporairement,
8
écoles converties en camps militaires.
185 écoles ont été bombardées ou ont été la cible de tirs par des soldats israéliens;
11 écoles ont été complètement détruites,
9 ont été saccagées.
15 écoles ont été transformées en centres de détention militaires.
132
étudiants palestiniens ont été tués, et 2.500 ont été blessés sur le chemin de l'école.
1.135 journées scolaires ont été perdues du fait d'attaques israéliennes. 36

Durant la longue invasion de mars-avril 2002 54.730 heures de cours par jour ont été perdues du fait de la fermeture totale des classes.

Conditions économiques
(Sanctions collectives)

Estimation des pertes de revenus pour l'économie palestinienne : entre 3,2 et 10 milliards de dollars (pour les seuls revenus, sans y inclure le coût des dégâts aux propriétés publiques et privées).

PIB : perte quotidienne de 6,0 à 8,6 millions de dollars par jour ouvrable.

Perte totale de revenus salariaux : 59,4 millions $.

Chômage : Gaza 67%, Cisjordanie 48%.

75%des Palestiniens vivent sous le seuil de pauvreté (moins de 2 dollars par jour): 84,6%à Gaza et 57,8%en Cisjordanie. 37

Les pertes économiques obligent 69% des entreprises palestiniennes soit à cesser leurs activités, soit à réduire leur production. 38

Chute de 51% du PNB. 39

Israël empêche 125.000 Palestiniens de se rendre à leur travail. 40

La Banque Mondiale estime qu'en cas de solution du conflit et levée de tous les bouclages, 2 années au moins seraient nécessaires à l'économie palestinienne pour se relever et revenir au revenu par personne d'avant l'Intifada. 41

Note: Il y a lieu de noter que les chiffres mentionnés dans ce rapport sont plutôt en deçà de la réalité, tous les cas n'étant pas connus. De plus, certains chiffres sont basés sur des rapports qui ne sont plus à jour (veuillez vous reporter aux dates des sources d'information).

1Health, Development, Information, and Policy Institute(HDIP) Statistiques établies sur base des informations disponibles au moment de leur calcul

2Rapport de B’TselemIllusions of restraint: Human Rights Violations During the Events in the Occupied Territories 29th September – 2nd December, 2000

3 Ces statistiques ne prennent en compte que les personnes qui se sont rendues dans un établissement de soins

4Ministère de la Santé

5Palestinian Center for Human Rights

6UN Special Rapporteur of Commission on Human Rights, rapport mars 2002, cité dans un communiqué de presse du DCI-PAL du 19 mars 2002

7 General Union of Disabled Palestinians

8UN Special Rapporteur of Commission on Human Rights, rapport mars 2002, cité dans un communiqué de presse du DCI-PAL du 19 mars 2002

9 Palestinian Red Crescent Society 27 octobre 2001
 Union of Palestinian Medical Relief Committees

10 Palestinian Center for Human Rights 28 juin 2002

11Palestinian Red Crescent Society10 juillet 2002

12Directeur du Holy Family Hospital à Bethléem

13Durant l'occupation israélienne de Bethléem du 19 au 29 octobre 2001

14Quotidien Al-Ayyam, 19 octobre 2000

15LAW Society4 et 8 novembre 2000

16 Durant les 3 jours de l'invasion et de l'occupation of Ramallah, du 12 au 15 mars 2002

17 Durant l'occupation israélienne de Ramallah en octobre 2001

18LAW Society29 octobre 2000

19 Information émanant du Syndicat des Journalistes Palestiniens (Ramallah)

20 Al-Haq

21 Terje Rød Larsen dans une interview à la BBC, 19 avril 2002

22 Rapport du bureau de Gaza de l'envoyé des Nations Unies au Proche-Orient, Terje Rød-Larsen, février 2001

23UNSCO. The Impact on the Palestinian economy of confrontation, border closures and mobility restrictions, octobre 2000 - 30 septembre 2001

24LAW Society Communiqué de presse, 17 juillet 2002

25 DCI Information communiquée en août 2002

26UNSCO

27 Ne prend pas en compte les pertes de revenus, ni les coûts humanitaires et sociaux. Évaluation effectuée par les donateurs internationationaux

28Palestinian Humanitarian Disaster, U.S. Agency for International Development, 10 juillet 2002

29Palestinian Council for Justice and Peace

30Al-Mezan 2001

31LAW Society 29 novembre 2001 (chiffres depuis début 2000)

32LAW Society 29 novembre 2001 (chiffres depuis début 2000)

33LAW Society 29 novembre 2001 (chiffres depuis début 2000)

34Palestinian Center for Human Rights3 juin 2002

35 Ibid

36 Ministère de l'Éducation, 17 janvier 2002, information pour les seules écoles dépendant du Ministère de l'Éducation (depuis le 28 septembre 2000)

37 PCBS, avril 2002

38 Toutes les statistiques ci-avant : UNSCO. The Impact on the Palestinian Economy of Confrontation, Border Closures and Mobility Restrictions, octobre 2000 - 30 septembre 2001

39 Rapport du Ministère du Plan et de la Coopération Internationale

40Associated Press, 29 octobre 2000

41 Rapport de la Banque Mondiale, mars 2002

Traduit de l'anglais par Giorgio Basile

 


 

Aide Sanitaire Suisse aux Palestiniens (ASSP)
15, rue des Savoises 1205 Genève
Tél. 0041(0)22/329.82.13