Golan occupé par Israël :
célébration de deux mariages et retour de 21
étudiants sous les auspices du CICR
Le 25 mars 2004, le
Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a
organisé deux mariages et le retour de 21
étudiants, qui ont franchi la ligne de démarcation
à Kuneitra, dans la zone démilitarisée séparant la
Syrie proprement dite du Golan occupé par Israël.
En outre, un malade nécessitant une
transplantation rénale, accompagné d’un membre de sa
famille, a voyagé du Golan occupé à Damas.
Quelque 19 000 Druzes vivent au Golan occupé par
Israël. La IVe Convention de Genève donne au CICR le
mandat de protéger les civils qui vivent dans des
territoires occupés. Chaque année, depuis 1978, les
délégations de Damas et de Tel-Aviv ont permis à des
centaines d’étudiants de traverser la ligne de
démarcation pour fréquenter des universités
syriennes. De même, le CICR se charge des formalités
administratives pour les pèlerins druzes qui
souhaitent visiter des lieux saints à Damas une fois
par an. En 1983, le CICR a organisé le premier d’une
longue série de mariages entre des personnes vivant
de part et d’autre de la ligne de démarcation.
La Force des Nations Unies chargée d’observer le
dégagement (FNUOD) et le CICR coordonnent la
logistique des mariages. D’un côté de la zone de
séparation – une vieille route asphaltée bordée de
mines, de fils barbelés et de tours de guet – des
parents accompagnent leur fils ou leur fille à la
rencontre de la famille qui vient de l’autre côté.
Pour les 21 étudiants, rentrer chez soi au Golan
occupé par Israël est devenu une habitude.
Cependant, pour les participants aux mariages, cette
réunion exceptionnelle est un moment de grande
émotion. Aujourd’hui, les parents de Salim
rencontrent pour la première fois leur bru et sa
famille. Ils apportent des pommes, des confiseries
et du kibbeh (plat traditionnel à la viande). Bana,
la jeune mariée, reçoit de magnifiques colliers et
bracelets en or.
Pendant l’heure de rencontre que leur ont accordée
les autorités israéliennes, les 44 convives rient,
chantent et s’embrassent. Ensuite, les délégués du
CICR doivent leur dire qu’il est temps de se
quitter. Pour Bana, la joie se mêle à la tristesse.
Elle s’unit enfin à Salim, l’homme qu’elle aime. Et
elle en rêve depuis des mois. Mais elle embrasse ses
sœurs en pleurant, car sa famille vit à Damas, à 70
kilomètres seulement de la ligne de démarcation, et
elle ne sait pas quand elle reverra les siens.
« Nous leur donnons la possibilité de passer de
brefs instants de bonheur intense », déclare Klaus,
le délégué du CICR responsable de Kuneitra, « et
s’il est certain qu’une heure est peu de chose,
c’est déjà mieux que rien ». En se dirigeant vers le
poste israélien, Bana et Salim se retournent vers
leurs familles avec un sourire.
Informations complémentaires :
Simon Schorno, CICR Jérusalem, tél. : + 972 52
956 371