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SOS GAZA ! ! Le PCHR en
appelle à la présidence européenne
Palestinian Centre for Human Rights, Gaza.

publié
le mardi 18 mai 2004
Ce mardi l'opération
militaire d'envergure de nettoyage ethnique a commencé
à Rafah...
...le PCHR lance un appel
au secours l'Union Européenne, afin d'arrêter ce crime
de guerre.
Lettre ouverte à la
présidence européenne, appel à une action pour
protéger les civils palestiniens.
Monsieur le Premier
Ministre,
Bertie Ahern T.D.
Monsieur le Président du
Conseil Européen,
Cher M. Ahern,
Nous vous écrivons pour
exprimer notre vive préoccupation à propos de la
nouvelle détérioration des droits humains et de la
situation humanitaire dans les Territoires
Palestiniens Occupés (TPO), particulièrement dans la
Bande de Gaza.
Nous pensons que la
dernière escalade des actions militaires israéliennes
dans la Bande de Gaza, y compris l'offensive militaire
massive qui doit être lancée à Rafah aujourd'hui, dans
le but annoncé de détruire des centaines de maisons de
réfugiés palestiniens, exige votre attention en
urgence.
Nous appelons à une action
immédiate de l'Union Européenne, en tant que haute
Parie Contractante de la Quatrième Convention de
Genève, afin d'assurer un arrêt immédiat de cette
escalade des violations de la Convention perpétrés par
les forces d'occupation israéliennes dans les
Territoires Occupés. [Nous appelons tous spécialement
à l'envoi immédiat d'une protection internationale
pour la population civile palestinienne dans les
Territoires Occupés].
La semaine passée les
forces d'occupation israéliennes ont fait usage de
plus en plus de violence pendant toute une série
d'attaques aériennes et terrestres dans la Bande de
Gaza, utilisant des hélicoptères de combat, des chars,
des bulldozers et d'autres véhicules blindés.
Ces attaques avaient pour
cibles des zones résidentielles à très forte densité
de population civile dans la ville de Gaza et dans le
camp de Rafah au sud de la Bande de Gaza. Elles
étaient très loin du principe de proportionnalité et
de distinction requis par le droit international.
En conséquence, depuis la
nuit de lundi 10 mai 2004, au moins 30 Palestiniens
dont 21 civils qui ne combattaient pas, ont été tués
par les forces d'occupation israéliennes pendant des
opérations militaires israéliennes dans la Bande de
Gaza. Plus de 258 civils palestiniens ont été blesses
et au moins188 propriétés civiles ont été détruites ou
endommagées.
La caractéristique de
l'incursion israélienne à grande échelle dans le
quartier de Zeitoun qui a commencé au petit matin,
mardi 11 mai, c'est la destruction ciblée, dans cette
zone résidentielle très peuplée, de propriétés et
d'infrastructures civiles. Cela comprend les réseaux
d'eau et d'électricité, les routes, les dégâts
infligés à 83 maisons d'habitation et de 42 bâtiments
à usage commercial ou leur destruction ainsi que celle
de 30 voitures et l'arasement de 100 dunums (10
hectares) de terres agricoles. Au moins 16
Palestiniens, dont 7 civils qui ne combattaient pas,
ont été tués pendant cette incursion qui a pris fin au
petit matin, jeudi 13 mai. 200 autres civils
palestiniens ont été blessés. Pendant cette incursion
les forces d'occupation israéliennes ont aussi établi
des positions militaires dans des habitations civiles.
Ainsi des tireurs d'élite ont pris position dans des
propriétés civiles dans la zone. Des hélicoptères de
combat ont tiré des missiles sur la foule dans les
rues et sur des propriétés civiles, et ont ouvert le
feu avec des mitrailleuses. Les forces israéliennes
ont utilisé des civils palestiniens comme boucliers
humains pendant les fouilles des maisons. Des
explosifs et des blindés ont été utilisés pour
détruire des propriétés civiles. Le couvre-feu a été
imposé dans le quartier, empêchant l'accès des équipes
de secours médical et l'aide humanitaire.
Les Israéliens ont
intensifié leurs actions à la suite de la destruction
d'un véhicule blindé par des groupes armés
palestiniens qui ont entraîné la mort d'au moins 6
soldats israéliens.
Dans le camps de réfugiés
de Rafah dans le sud de la Bande de Gaza, les forces
d'occupation israéliennes ont lancé une incursion aux
petites heures de jeudi 13 mai utilisant des
bulldozers, des hélicoptères de combat, des chars et
d'autres blindés. Encore une fois cette incursion a
pris pour cible une zone résidentielle civile très
peuplée.
Les actions israéliennes se
sont intensifiées après la mort de plusieurs soldats
israéliens, tués pendant l'incursion. Cette incursion
a entraîné la mort de 14 civils palestiniens, dont
certains tués par des missiles tirés par des
hélicoptères sur la foule dans la rue. De plus, au
moins 48 civils ont été blessés. Les forces
israéliennes se sont retirées momentanément samedi 14
mai mais les préparatifs d'une opération militaire
majeure ont commencé ce matin (17 mai 2004) autour de
Rafah, dans la perspective d'une offensive militaire
prolongée.
Le PCHR est tout
particulièrement préoccupé par la démolition des
maisons palestiniennes, sur une échelle sans précédent
à Gaza qui a caractérisé cette opération à Rafah. Le
camp de réfugiés de Rafah, situé près de la frontière
avec l'Egypte a été soumis à plusieurs reprises à des
opérations de démolition.
Depuis le début de cette
Intifada en septembre 2000, les forces d'occupation
israéliennes ont démoli partiellement ou totalement
environ 2000 maisons palestiniennes à Rafah,
« nettoyant » une vaste étendue de terre le long de la
frontière avec l'Egypte. Des milliers de civils
palestiniens se sont retrouvés sans abri, pour nombre
d'entre eux pour la deuxième ou la troisième fois. Les
démolitions sont en général menées sans donner
d'avertissement qui laisse le temps de faire appel
contre l'opération et de rassembler ses biens. Un
nombre toujours plus grand de Palestiniens a été tué
ou blessés pendant ces opérations. [Depuis lundi 10
mai, au moins 101 maisons ont été détruites ou
endommagées dans le camp de Rafah, faisant 1371
sans-abris civils]. 23 bâtiments commerciaux ont aussi
été détruits ou endommagés. Des responsables
israéliens ont déclaré que l'opération de démolition
en cours amènera probablement la destruction de
plusieurs centaines de maisons.
Les Israéliens affirment
que toutes les maisons qu'ils viennent de démolir
étaient vides ou utilisées par des tireurs d'élite
palestiniens ou pour cacher des tunnels de
contrebande, mais ceci ne correspond en rien au
principe de proportionnalité et de distinction.
La nature stratégique de
cette opération de démolition a été mise encore plus
en évidence par des déclarations faites le mois
dernier, concernant le projet de construire une
tranchée parallèle à la ligne frontière, du côté
palestinien du camp, dans la même zone. Ainsi [la
nécessité de sécurité militaire immédiate dont se
prévalent les Israéliens n'est pas fondée].
Comme vous le savez
certainement, le droit humanitaire international,
surtout la Quatrième Convention de Genève, est fondé
sur le principe de protection de la population civile
en cas de guerre ou d'occupation. La Quatrième
Convention de Genève met en place un vaste éventail de
protections pour les civils sous occupation, y compris
la protection de la vie et de la propriété des civils.
De manière spécifique, [la
destruction massive de propriétés civiles menée de
manière injustifiée et illégale et sans qu'il y ait
nécessité militaire est une grave violation de la
Convention] telle que définie dans l'article 147 et
[un crime de guerre comme défini à l'article 85.5 du
Premier Protocole Additionnel]. De plus, l'article 33
de la Convention interdit « les punitions collectives
et toute mesure d'intimidation de cet ordre ».
L'échelle et les conditions
des destructions récentes et envisages à Rafah
s'inscrivent contre l'idée de nécessité militaire
immédiate que les Israéliens mettent en avant. Comme
l'a déclaré le Commissaire-Général de l'UNRWA, Peter
Hansen, "Avec ces opérations militaires
disproportionnées, Israël commet une violation grave
du droit humanitaire. Cette punition collective ne
peut en rien calmer la situation ou améliorer la
sécurité d'Israël".
Cependant, bien que la
communauté internationale ait reconnu clairement
l'applicabilité de la Convention pour les Territoires
Palestiniens Occupés (TPO) et aussi les violations
répétées par Israël dans ses actions dans les TPO, ces
démolitions illégales et d'autres violations
continuent à recevoir l'aval de la Haute Cour
israélienne.
Vendredi 14 mai 2004 le
PCHR a soumis à la Haute Cour une demande au nom de 13
familles, contre la destruction prévue de maisons dans
le Bloc O à Rafah. Bien qu'un ordre temporaire ait été
émis vendredi soir, la demande a été rejetée par la
Haute Cour dimanche 16 mai, invoquant les nécessités
des opérations militaires. Israël a régulièrement
refusé d'accepter l'applicabilité de jure de la
Quatrième Convention de Genève dans les TPO et la
Haute Cour d'Israël a systématiquement refusé de tenir
les militaires et l'Etat israéliens pour responsables
en conformité avec leurs obligations explicites dans
le cadre de la Quatrième Convention de Genève et de la
loi et des traités internationaux sur les droits
humains qui s'y rapportent, dont l'Etat d'Israël est
partie.
Dans ce contexte [le PCHR
veut rappeler aux Etats Européens leurs obligations
légales]indiquées par la Quatrième Convention de
Genève afin d'assurer le respect par Israël de la
Convention dans le TPO.
En ce qui concerne
l'obligation générale, contenue dans l'article 1,
d'assurer le respect de la Convention en toutes
circonstances, [toutes les Hautes Parties
Contractantes ont l'obligation d'assurer l'arrêt des
violations par les militaires israéliens et d'assurer
la protection de la population civile palestinienne].
Les actions requises pour
remplir cette obligation ne sont pas spécifiées dans
l'article 1 mais peuvent inclure un éventail
d'activités légales dont la suspension des accords
d'association entre l'Union Européenne et Israël et le
non renouvellement d'autres accords et privilèges
commerciaux. Il peut aussi s'agir de réduire les
représentations diplomatiques, de réduire ou interdire
le commerce des armes, la technologie militaire et la
coopération scientifique, de réduire les exportations
et/ou importations.
De mùanière plus
spécifique, l'article 146 exige que les Hautes Parties
Contractantes se chargent de rechercher et de
poursuivre les responsables qui ordonnent ou
commettent de graves violations de la Convention.
Alors que nous apprécions
votre récente condamnation de l'opération de
destructions de maisons menée les jours passés par les
militaires israéliens, nous considérons qu'un telle
déclaration n'est pas suffisante pour remplir les
conditions requises des Etats Européens en tant que
Hautes Parties Contractantes.
Au vu de la détérioration
rapide de la situation actuelle et des intentions
exprimées des commandants militaires israéliens quant
à la démolition imminente de centaines de maisons
palestiniennes il convient de prendre des mesures
concrètes immédiates telles qu'imposées à toutes les
Hautes Parties Contractantes à la Quatrième Convention
de Genève.
Au vu de la gravité de la
situation actuelle et des opérations militaires
majeures en cours dans la Bande de Gaza et surtout à
Rafah, le PCHR demande instamment aux Etats de l'Union
Européenne d'[envoyer immédiatement une force de
protection internationale des Palestiniens dans les
Territoires Palestiniens Occupés].
Au vu de l'impunité
effective qui continue à se développer en ce qui
concerne les violations par Israël des droits humains
et du droit humanitaire internationaux dans les TPO,
le cycle de violence continuera à s'élever jusqu'à une
situation d'absence totale du droit.
[Une action concrète en
conformité avec les obligations légales clairement
établies est requise d'urgence, afin d'imposer la fin
de l'escalade de la violence actuelle et pour faire un
pas vers une paix juste et durable pour les Israéliens
et les Palestiniens].
Merci de nous avoir accordé
votre attention.
Salutations respectueuses
PCHR, Gaza, 17 mai 2004
"Palestinian
Centre for Human Rights"
http://info@pchrgaza.org
traduction C. Léostic AFPS
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