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19-02-2004
Le mur/barrière viole le droit international
Par
Amnesty International
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
À la veille de l'ouverture des délibérations de la
Cour internationale de justice sur la construction par
Israël du mur/barrière (fréquemment appelé «barrière
de séparation»), Amnesty International appelle les
autorités israéliennes à abattre les sections déjà
construites à l'intérieur de la Cisjordanie et à
stopper la construction de ce mur/barrière et de
l'infrastructure qui s'y rattache à l'intérieur des
Territoires occupés.
Le gouvernement israélien s'oppose à ce que la Cour
internationale de justice débatte de l'affaire,
considérant qu'il s'agit d'une question «politique».
"La construction par Israël de ce
mur/barrière à l'intérieur des Territoires occupés
viole le droit international et favorise de graves
atteintes aux droits humains. Il y a donc lieu qu'une
cour de justice procède à l'examen de ce dossier",
a déclaré Amnesty International.
Le 8 décembre 2003, l'Assemblée générale des
Nations unies, conformément aux pouvoirs que lui confère
l'article 96 de la Charte des Nations unies, a adopté
une résolution par laquelle elle demandait à la Cour
internationale de justice (CIJ) d'émettre un avis
consultatif sur les conséquences juridiques de la
construction par Israël d'un mur/barrière à l'intérieur
des Territoires occupés.
Selon les autorités israéliennes, le mur/barrière
est «un dispositif défensif, érigé pour empêcher
l'entrée de terroristes, d'armes et d'explosifs à
l'intérieur de l'État d'Israël.»
On note cependant que la plus grande partie du
mur/barrière n'est pas construite sur le tracé de la
«Ligne verte» séparant Israël de la Cisjordanie.
Presque 90 p. cent se situent en terre palestinienne,
à l'intérieur de la Cisjordanie, encerclant des
villes et des villages palestiniens et coupant les uns
des autres les voisins et les familles. Des paysans se
retrouvent séparés de leurs terres, des Palestiniens
privés d'accès à leurs lieux de travail, aux écoles,
aux centres de santé et autres services de base.
«Le besoin légitime d'Israël d'assurer la sécurité
à ses frontières et d'empêcher que ne pénètrent
dans le pays des personnes pouvant constituer une
menace pour sa sécurité ne justifie pas la
construction d'un tel mur/barrière à l'intérieur
des Territoires occupés. Il serait possible de le
construire en territoire israélien sur le tracé de
la ligne verte, où les mécanismes de contrôle à
l'entrée pour les personnes extérieures pourraient
également être renforcés si nécessaire», a déclaré
Amnesty International.
La construction du mur/barrière à l'intérieur des
Territoires occupés a des conséquences désastreuses
pour des centaines de milliers de Palestiniens. Elle
fait peser des restrictions sans précédent,
discriminatoires et disproportionnées, sur les
mouvements de population à l'intérieur des
Territoires occupés et entraîne d'autres graves
violations des droits humains fondamentaux de la
population, notamment le droit au travail, à la
nourriture, aux soins médicaux, à l'éducation et à
un niveau de vie correct.
«Toute mesure prise par Israël dans les
Territoires occupés au nom de la sécurité doit être
conforme aux obligations de ce pays au regard du droit
international», a déclaré Amnesty
International.
Le tracé du mur/barrière a été conçu de façon à
englober plus de 50 colonies israéliennes situées
dans les Territoires occupés ; la majeure partie des
colons israéliens vit dans ces colonies, illégales
au regard du droit international.
"Les exceptions pour raison de sécurité,
prévues en droit international, ne peuvent être
invoquées pour justifier des mesures qui profitent à
des colonies israéliennes illégales, au détriment
de la population palestinienne occupée.
La construction du mur/barrière à l'intérieur des
Territoires occupés est une mesure de ce type et,
dans sa présente configuration, elle viole les
obligations d'Israël au regard du droit international
humanitaire", a déclaré Amnesty
International.
Le droit international humanitaire et relatif aux
droits humains impose à Israël, en tant que
puissance occupante, de protéger les droits de la
population palestinienne des Territoires occupés et
de veiller à ce qu'ils soient respectés.
Amnesty International demande à la communauté
internationale de veiller à ce qu'Israël remplisse
ses obligations au regard du droit international
humanitaire et relatif aux droits humains, et
notamment à ce qu'il se conforme à ses obligations
en tant que puissance occupante, définies par la
Quatrième Convention de Genève.
«Les tentatives de résolution du conflit entre Israël
et les Palestiniens par des négociations politiques
doivent aborder la question des droits humains
fondamentaux des deux populations et veiller à ce que
ces droits soient respectés», a déclaré Amnesty
International.
L'organisation a également renouvelé son appel aux
groupes palestiniens armés pour qu'ils mettent immédiatement
fin à leur politique d'homicides délibérés prenant
pour cible des civils israéliens, en Israël et dans
les Territoires occupés ; elle a également appelé
l'Autorité palestinienne à prendre de toute urgence
des mesures concrètes visant à empêcher de
nouvelles attaques de civils israéliens par des
groupes palestiniens armés.
Source : www.web.amnesty.org
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