Double exode ?
Israël - Palestine, une invitation
théâtre, films, conférences, dialogues
et rencontres
du 5 au 17 décembre
Le voyage n’a pas commencé, le chemin n’a pas
abouti, les sages n’ont pas atteint leur exil, ni les exilés leur sagesse.
Mahmoud Darwich
Le théâtre comme
observatoire, la scène comme point de mire pour tenter de raconter ce qui se
joue dans ce si Proche-Orient, au-delà des caricatures médiatiques et de
leurs surenchères, au-delà des affrontements aveugles.
Au cœur du
programme, deux spectacles invités pour la première fois en Suisse : deux
troupes, comme il n’en existe bientôt plus en Europe, composées d’une
trentaine d’artistes, d’artisans et de techniciens ; l’une de Jaffa-Tel Aviv,
l’autre de Jérusalem-Est. Ces deux troupes viendront d’abord pour jouer,
mais elles participeront aussi à des rencontres avec le public, parleront de
leurs conditions de travail respectives en Israël et en Palestine, de leurs
traditions, leurs histoires particulières et leurs répertoires. Pour les
accompagner : des films, des conférences, des moments de débats et de
dialogues multiples. Comme un va-et-vient sensible entre la scène, la pensée
et le monde.
Entre optimisme et
pessimisme, épuisement et espoir, il s’agit de proposer une constellation
d’images et de récits, élaborés par celles et ceux qui, «envers et malgré
tout», créent des deux côtés du mur. L’art et la culture éclairent-ils une
voie pour affronter la brutalité du présent ? Pour émanciper le passé et
libérer l’avenir ? Pour dégager les possibilités d’une société apaisée à
laquelle ces deux peuples aspirent ?… Le thème de la résilience apparaît dès
lors comme un enjeu existentiel, repris et décliné par plusieurs de nos
invités.
À quelque distance
du « théâtre du Proche-Orient » et de ses guerres récurrentes, les deux
spectacles programmés sont habités par la question de la poésie, comme salut
improbable pour dire la séparation, l’exil, les retrouvailles
problématiques, l’espérance et la nostalgie du futur. Les destins des
peuples juif et palestinien ont partie liée avec la tragédie de l’exil, de
tous les exils ; ils n’en demeurent pas moins des exodes singuliers.
La troupe de Jaffa
est constituée de comédiens juifs et palestiniens d’Israël, celle de
Jérusalem-Est de comédiens palestiniens. Ensemble et séparés, ces artistes
témoigneront à leur façon de la réalité, complexe et spécifi que, des
sociétés israélienne et palestinienne ; au fi l d’une quinzaine que nous
espérons fertile en connaissance respective renouvelée et partage
d’expériences contradictoires. Comme une suspension, une petite halte à
Genève, cet oeil du cyclone qui est aussi la ville de l’Accord qui porte son
nom : au-delà du sang, des frontières à géométrie variable et des
territoires occupés.
Acteurs, metteurs en scène, écrivains, cinéastes, anthropologues,
intellectuels, ils seront les passeurs et les ambassadeurs d’une scène
culturelle exceptionnelle, une scène que les divisions politiques ne doivent
pas nous empêcher de découvrir en Europe.
Avec le soutien de la Ville de Genève, du Département des affaires
culturelles de la Ville de Genève, du Département des affaires sociales et
de l’environnement de la Ville de Genève, du Département de l’instruction
publique du Canton de Genève, de Pro Helvetia-Fondation suisse pour la
culture, de la Loterie Romande, du Fonds Mécénat SIG, et le soutien
particulier d’un mécène anonyme.