La
Caravane du Droit a marqué son passage
UNE
NOUVELLE CONCEPTION DE L’ACTION CITOYENNE
Effets directs et indirects considérables
mercredi 17 août 2005. Des mêmes auteurs
ATTEINTE DES OBJECTIFS COMMUNIQUES, ARTICLES DE PRESSE,
DEPECHES D’AGENCE
En date du 2 août 2005 et
du 5/07 au 1/08/2005, période couvrant le cheminement de la
Caravane du Droit, plus de 38O communiqués, articles de
presse ou dépêches d’agence ont été détectés en provenance
des pays suivants : France, Italie, Espagne, RFA, Belgique,
Pays-Bas, Suisse, Grèce, Luxembourg, Pologne, Danemark,
Suède, Bulgarie, Serbie, Turquie, Syrie, Jordanie, Canada,
USA, Russie, Maroc. Une recherche plus exhaustive est en
cours et devrait aboutir à un chiffre tout à fait
considérable en terme de médiatisation.
Par ailleurs, plus de 60
interviews ont été donnés à diverses chaînes de télévision,
y compris en direct et pendant des heures de grande écoute
(exemple : 35 minutes à 14h30 sur la chaîne nationale turque
en duplex avec Gush-Shalom à Tel-Aviv et un membre de
l’Autorité palestinienne à Ramallah). Le nombre d’interviews
pour des radios nationales, locales ne peut être estimé tant
les Caravaniers furent sollicités.
Une centaine de Kms de
bobines de film ont été tournées
et sont actuellement en phase de " dérushage " chez un
réalisateur-monteur qui, avec des jeunes professionnels
français et allemands, prépare le montage d’un film de
jeunes européens qui sera probablement présenté au prochain
festival de Cannes. Les images sont d’excellentes qualités
et le film promet d’être du même ordre.
134 citoyens de 18
nationalités différentes ont vécu les évènements qui ont
marqué le passage de la Caravane et constituent autant de
témoins incontestables des situations constatées.
Quant aux objectifs que
s’était fixés la Caravane, ils ont été tous atteints, voire
largement dépassés. Citons les principaux :
1 Traverser un maximum de pays en ayant des
contacts avec les populations et les organisations et
autorités rencontrées afin d’attirer leur attention sur la
situation intolérable vécue par le peuple palestinien et les
violations permanentes du Droit international commises par
le gouvernement israélien et ses forces armées, policières
et autres administrations déléguées.
Les pays suivants ont été
traversés et informés : France, RFA, Suisse, Italie,
Croatie, Serbie, Bulgarie, Turquie, Syrie, Jordanie et au
retour les mêmes plus la Grèce. En Palestine occupée et en
Israël, l’interdiction d’entrée décidée par le Ministère de
la Défense israélien a fait l’objet de très nombreux
articles, conférences de presse, commentaires et
manifestations publiques israélo-palestiniennes..
Au retour, les
informations concernant les mauvais traitements infligés par
l’armée israélienne aux membres, y compris handicapés ou
mineurs, de la Caravane ont mis l’accent sur les méthodes
brutales et déshumanisées utilisées au quotidien par les
" représentants de l’ordre " israéliens.
2 Tenter de pénétrer en Palestine occupée et ceci
muni de tous les documents requis pour être en parfaite
conformité avec la loi qu’Israël revendique exercer sur ces
territoires. But de cette démarche : témoigner de la
situation de non droit dans laquelle l’occupant israélien
exerce sa main mise sur les " territoires occupés " et en
Cisjordanie et dans la zone de Gaza : Succès partiel
puisque, seuls 14 caravaniers (et un véhicule) ont pu
pénétrer par d’autres voies en Palestine occupée et en
Israël, mais à eux seuls ils ont pu rencontrer une grande
partie de nos interlocuteurs palestiniens et israéliens
espérés et ont pu constater, tant à Jérusalem que dans
d’autres parties des Territoires, les multiples opérations
illégales menées au quotidien par l’armée d’occupation ainsi
que l’emprise de plus en plus importante du mur et des
colonies . Succès global car l’opposition à l’entrée de la
Caravane du Droit et l’apposition d’un cachet d’interdiction
pour une durée de 5 ans fournit une preuve de plus de
l’illégalité permanente dans laquelle se complait le
gouvernement israélien et ceci vis à vis de plus de 60
citoyens de plusieurs pays différents qui se présentaient
" en règle " aux frontières d’un pays dont il occupe
illégalement le territoire en y exerçant une police des
frontières totalement illégale elle aussi.
3 Rencontrer les réfugiés palestiniens dans les
différents pays traversés. Ces rencontres furent une
révélation pour de nombreux Caravaniers encore mal avertis
de la situation réelle faite aux Palestiniens " de
l’extérieur ". Ces rencontres nous ont convaincus que le
droit au retour est plus que jamais au centre des
préoccupations d’une majorité de Palestiniens du dedans et
du dehors. Cette préoccupation, souvent citée en dernière
position après l’occupation et la disparition des colonies,
doit à nouveau être remise en exergue et constitue une donne
essentielle et non secondaire de la résolution du conflit
latent. Le sort réservé aux réfugiés dans les différents
pays est très différent et la Syrie, dans ce domaine, est à
citer en exemple pour la convivialité dont elle fait preuve
vis à vis des centaines de milliers de Palestiniens qui y
vivent en très bons termes avec la population syrienne.
4 Visiter le Golan et se rendre compte sur place
de la façon ravageuse dont les forces israéliennes ont
occupé le terrain lors de leur main mise sur cette partie du
territoire syrien (occupée en 1967 et annexée en 1981) Face,
aux ruines de villes et villages totalement détruits (127),
les témoins Caravaniers subissent le choc de la réalité et
comprennent par une preuve palpable supplémentaire la
politique expansionniste, colonialiste, brutale et dénuée de
toute légalité internationale des gouvernements qui se sont
succédés depuis des décades en Israël.
5
Densifier, par un contact direct entre les
intéressés, les réseaux existants mais insuffisants entre
les personnes et organisations des différents pays traversés
et les Caravaniers, eux mêmes, pour la plupart, membres ou
responsables d’associations dans leur propre pays. Cette
démarche essentielle et programmée dès le départ a, elle
aussi, abouti à des résultats qui dépassent les prévisions
les plus optimistes. L’existence de nouveaux et très
nombreux points de contact vont permettre une action plus
ample, mieux concertée et basée sur une confiance réciproque
née de la meilleure connaissance des différents acteurs.
6 Dès le 25 juillet, c’est à dire 5 jours après
le refus d’entrer en Palestine, et au motif de ce même refus
d’entrée, un communiqué en provenance de quatre églises est
divulgué et fait part de la décision de ces quatre églises
de désinvestir 10 milliards de US$ des entreprises qui
assistent d’une façon ou d’une autre l’Etat israélien dans
son œuvre de colonialisation et de violation du Droit
international. Cette décision majeure et aux effets, bien
que non médiatisés, certainement très importants apportent
la preuve que la Société Civile en marche a décidé de ne
plus s’en laisser compter et prendra désormais des mesures
concrètes afin d’exercer la pression nécessaire pour que les
institutions politiques nationales et internationales
prennent des mesures concrètes aboutissant à obliger le
gouvernement israélien à respecter le Droit international et
les résolutions ou avis des organismes internationaux.
7 Enfin, avant, pendant et après le déroulement
des phases de préparation, exécution et suivi de la
Caravane, les défenseurs du Droit international ont pu
clairement compter leurs partisans dans leur propre pays et
dans les pays traversés et c’est forts de cette expérience
unique, enrichissante et irremplaçable qu’ils poursuivront
leur lutte pour le Droit.
Michel Flament