|
L’histoire, une science qui s’écrit continuellement elle-même.
L’histoire veut être une science objective et pourtant il y a entre le passé et le présent une curieuse relation : l’un modifie l’autre.
Un exemple : le traitement de certains juifs par le régime de Vichy (pas de tous, car environ quatre cents auraient eu des papiers pour pouvoir voyager et commercer dans les deux zones française, l’occupée et la libre), ce qui a créé quelques frictions entre ces juifs et ceux qui étaient revenus; frictions effacées rapidement selon le livre de Rajfus “Les juifs dans la collaboration”; un livre qui a aussi disparu des bibliothèques publiques). Il y eut une chasse aux juifs (qui n’a cependant rien à voir avec la manière dont les soldats israéliens chassent les Palestiniens, au fusil à lunette, au char, à l’hélicoptère, au bulldozer etc.), qui furent rassemblés et transportés par autobus de la RATP dans des camps, des camps, je crois, administrés par des juifs (les camps allemands furent administrés par des prisonniers comme le rapporte Paul Rassinier dans “Le mensonge d’Ulysse” à propos de Buchenwald, où les arrivants communistes étaient envoyés aux cuisines, où on devenait bien rond parce qu’on pouvait manger les rations d’autrui, et les non communistes dans les carrières, où l’on mourrait). ... Voyons maintenant ce qui se passe en Palestine. Des juifs arrivent dans un pays qui ne leur appartient pas, terrorisent la population, en font fuir des centaines de milliers dans les pires conditions. Dans une émission de la télévision française, un ex officier israélien d’origine allemande — donc venant d’un pays civilisé — rapporte qu’il aurait dû passer devant un tribunal militaire — ceux qui commandaient étaient des juifs venus d’Europe de l’Est, — parce qu’il avait donné à boire à un enfant palestinien chassé de chez lui. Une partie de la Palestine fut transformée en camp de travail — ce sont des ouvriers palestiniens qui construisirent les maisons israéliennes —, des camps qui devinrent peu à peu des camps d’extermination. Si les Palestiniens n’y étaient pas nourris par l’Europe, ils seraient déjà morts.
A côté de cela on voit des soldats israéliens tirer avec des fusils à lunette sur des femmes et des enfants palestiniens, quelquefois visant simplement un genou, parce que des estropiés seront une charge supplémentaire pour les survivants. Des bulldozers Caterpillar viennent raser de temps à autre les refuges construits par les Palestiniens chassés de leur village (environ quatre cents de ces villages avaient été rasés au bulldozer, église et cimetière inclus, ce que le fils de l’ex-grand-rabbin du Bas-Rhin, Michel, trouva insupportable, car cela ne correspondait pas, selon son témoignage, à ce que son père, ex-résistant en France, lui avait enseigné). Un de ces bulldozers enterra même vivante la jeune chrétienne Américaine Rachel Corrie qui voulut empêcher une telle démolition. Pour bien faire son travail, le conducteur passa même deux fois sur le corps de Rachel. Sans aucune conséquence pour lui. Et sans aucune protestation du gouvernement américain. Ni, que je sache, de Madame Simone Veil. Ni d’Elie Wiesel. Compte tenu de ce que nous voyons aujourd’hui, les policiers français des années 1940 et l’ensemble des fonctionnaires du gouvernement de Vichy s’occupant de cette question furent de vrais gentlemen. En tous les cas des humains hautement civilisés comme il ne semble y en avoir qu’en Europe (le général Eisenhower, qui fit mourir plus d’un million de prisonniers allemands de faim, fut américain, avec une éducation de “témoins de Jehovah”; à mon avis pire que Bush; Eisenhower semble d’ailleurs été nommé commandant en chef à cause de ces qualités morales, car il n’avait ni le rang, ni la formation, ni l’expérience pour un tel commandement ).
Nous sommes là en présence d’un curieux phénomène : une histoire en train de s’écrire. Voire : d’une histoire qui s’écrit perpétuellement. Et sans historiens. Une occasion de rappeler une curieuse déclaration faite à la radio France-Culture par le juif George Steiner, juif autrichien élevé à Paris, émigré en Angleterre, homme de gauche lisant des auteurs de droite : “le comportement des Israéliens envers les Palestiniens fera de Hitler un prophète”. George Steiner semblait savoir que l’histoire s’écrit et se réécrit continuellement (je dois cette citation à un ami qui a une mémoire d’éléphant et l’en remercie ici une nouvelle fois). Manfred STRICKER
Note de l'ASSP : Ce large extrait d'un courriel de Manfred STRICKER reflète parfaitement sa conclusion « l’histoire s’écrit et se réécrit continuellement » Chaque historien, chercheur écrivain ou témoin donne aux événements des interprétations souvent contradictoires tout en étant objectives. La victoire des uns est nécessairement une défaite pour les vaincus ! Liens video sur la mort de Rachel Corrie le 16 mars 2003: www.ourmedia.org/node/158271 et www.ism-france.org/news/article.php?id=821&type=temoignage&lesujet=Victimes%20ISM |