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"Nakba": sanglante commémoration Version imprimable Suggérer par mail

La tension était vive samedi 15 mai à Jérusalem, où des heurts ont éclaté après les funérailles d'un jeune palestinien


Milad Said Ayyash, 17 ans, a été blessé vendredi par balles, dans des circonstances non éclaircies, et a succombé samedi à ses blessures.

Les Palestiniens commémorent ce week-end la Nakba (catastrophe en arabe), l'exode qui a accompagné la création de l'Etat d'Israël en mai 1948.


Milad Saïd Ayache, 16 ans, est décédé de ses blessures tôt samedi matin. Il a été touché apparemment par balle dans le quartier palestinien de Silwan, théâtre de violences quotidiennes entre résidents palestiniens et colons israéliens. Il a été atteint alors que des jeunes lançaient des pierres en direction de la police et de colons.

Les circonstances de l'incident n'ont pas été éclaircies. Selon un oncle, l'adolescent "est mort après avoir été blessé au ventre". Un autre de ses parents a affirmé qu'il avait été blessé par un colon juif.


Les funérailles se sont déroulés samedi matin au pied des remparts de la vieille ville de Jérusalem, en présence de 2000 personnes, aux cris de "Dieu est grand" et "Par notre sang et par notre âme, nous vengerons ce martyr".

Des heurts ont alors éclaté entre des dizaines de personnes et la police israélienne, qui a procédé à plusieurs interpellations.

Combien de blessés ?
Les manifestations marquant le début de la commémoration de la "Nakba" ont été émaillées d'incidents à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Les heurts les plus violents ont eu lieu après la prière musulmane du vendredi, dans les quartiers entourant la Vieille ville  ainsi que dans le camp de réfugiés de Chouafat.

A Jérusalem, au moins une dizaine de Palestiniens ont été blessés lors de heurts avec les  forces israéliennes, selon l'AFP.

Un porte-parole du Croissant-Rouge a confirmé neuf blessés palestiniens, dont Milad  Saïd Ayache.

De son côté, la police a mentionné trois protestataires "très légèrement touchés" et trois policiers légèrement blessés. Une source hospitalière palestinienne a fait état d'une trentaine de blessés dans les incidents qui ont éclaté après la prière musulmane du  vendredi, dans les quartiers entourant la Vieille ville, ainsi que dans le camp de réfugiés de Chouafat.

Au total, 34 Palestiniens ont été arrêtés dans la région de Jérusalem, a indiqué le porte-parole de la police, assurant que les forces israéliennes n'avaient pas tiré à balles réelles.

Le calme est revenu dans la soirée.

La police a déployé des milliers d'hommes en renfort à Jérusalem-Est et dans le nord d'Israël, où est concentrée la majorité de la population arabe. L'armée a mobilisé de son côté sept bataillons supplémentaires en Cisjordanie occupée, avec des consignes de retenue pour éviter des effusions de sang.

La "Nakba"
La "Nakba" s'est traduite par l'exode de 760.000 Palestiniens, point de départ de la question des réfugiés, actuellement au nombre de 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les territoires palestiniens.



La résolution 194 de l'ONU dispose que "les réfugiés qui désirent rentrer dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins devraient y être autorisés le plus vite possible".

Tous les gouvernements israéliens se sont opposés à l'application du "droit au retour", au nom du caractère juif de l'Etat. Les responsables palestiniens exigent la reconnaissance par Israël du "principe" de ce droit, tout en se déclarant prêts à en négocier les modalités d'application.

La journaliste israélienne Amira Hass a publié ce dialogue insensé avec un tireur d’élite de l’armée israélienne : « On nous interdit de tuer les enfants », explique-t-il en parlant des ordres de sa hiérarchie.
Mais il ajoute :« Vous ne tirez pas sur un enfant qui a 12 ans ou moins. Au-dessus de 12 ans, c’est autorisé. C’est ce qu’ils nous disent » (Le Monde, 24 novembre 2000).
L?organisation israélienne de défense des droits humains Betselem, s’appuyant sur les chiffres mêmes de l’armée israélienne, a montré que dans les trois quarts des incidents les plus mortels, entre le début de l’Intifada et le 15 novembre 2000, on n’avait décelé aucune présence de tireurs palestiniens (International Herald Tribune, 14 décembre 2000).

La presse a mentionné les nombreux cas où des Palestiniens, oui, des enfants, avaient été délibérément tués alors que la vie des soldats n’était nullement en danger. Le refus de l’armée d’ouvrir des enquêtes sur la plupart de ces cas encourage évidemment un tel comportement.
Tout au long de la seconde Intifada, ces pratiques ont perduré : selon Amira Hass, à la mi-juin 2002, 116 enfants ont été tués à Gaza, 253 en Cisjordanie. Et une enquête d’un autre journaliste israélien Joseph Algazy, du quotidien Haaretz, a révélé le cauchemar de dizaines de Palestiniens de 14, 15 ou 16 ans battus, maltraités et même, pour certains, torturés dans les prisons israéliennes.

Retour à Gaza. Commençons par quelques chiffres, bruts, sans âmes, mais parlants. Selon des statistiques recueillies par Patrick O’Connor, dans son article du 4 novembre, « Israel’s Large-Scale Killing of Palestinians Passes Unreported », entre le 29 mars 2006 (date de l’entrée en fonction du gouvernement dirigé par le Hamas) et le 3 novembre, 491 Palestiniens ont été tués par les Israéliens contre 19 Israéliens tués par les Palestiniens, un ratio de près de 26 Palestiniens pour 1 Israélien.

Depuis le 1er juillet, ce ratio est de 76 Palestiniens pour 1 Israélien.
L’organisation des droits humains israélienne B’Tselem a dit que,, effectivement, l’armée israélienne avait tué 294 Palestiniens à Gaza depuis l’enlèvement du caporal Gilad Shalit. Mais, ajoute-t-elle, plus de la moitié - 155 personnes dont 61 enfants - sont des civils qui ne participaient pas aux combats.

Dernière mise à jour : ( 16-05-2011 )
 
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