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Trente-quatre personnes ont été tuées dans le camp d'Ashraf, où vivent des membres de l'opposition iranienne au nord de Bagdad, lors d'un raid de l'armée irakienne vendredi dernier, 8 avril, a annoncé un porte-parole de l'ONU. Alors que le nombre de blessés, 300 selon les dernières informations, augmentait d’heure en heure une équipe médicale de l’armée américaine a été autorisée dimanche à apporter une assistance médicale humanitaire essentielle. L’ASSP a rencontré vendredi 8 avril Mme Micheline-Calmy-Rey, Présidente de la Confédération Helvétique pour lui demander d’entreprendre d’urgence toutes les démarches nécessaires à la protection de la population du camp. Elle l’a fait et nous la remercions d’en avoir rendu compte dans un message que nous reproduisons intégralement.
Monsieur, Je vous remercie de votre message concernant les événements survenus vendredi 8 avril 2011 dans le camp d'Ashraf. Je partage votre préoccupation quant à cette situation et, vendredi déjà, j'ai entrepris diverses démarches. Dès réception des premières dépêches, la représentation suisse compétente, sise à Damas, a été priée de se renseigner, et l'ambassadeur d'Irak à Berne a été invité à un entretien au DFAE. Je me suis par ailleurs entretenue par téléphone, mardi 12 avril 2011, avec le ministre irakien des Affaires étrangères, Monsieur Hoshyar Zebari. J'ai exprimé ma préoccupation et mon inquiétude concernant les récents événements et la situation humanitaire régnant dans le camp d'Ashraf. J'ai rendu attentif le ministre au fait qu'indépendamment du statut des habitantes et habitants du camp, leurs droits fondamentaux devaient en tout état de cause être respectés. Eu égard à la rareté des informations disponibles, je l'ai par ailleurs prié de nous transmettre davantage d'informations quant aux événements et souligné l'importance d'une enquête rapide sur leur déroulement. De son côté, le ministre des Affaires étrangères a souligné que son gouvernement n'extraderait aucune personne vers l'Iran contre sa volonté et veillait à respecter les usages humanitaires dans sa manière de traiter les habitants du camp. Il a assuré que le gouvernement irakien avait d'ores et déjà décidé de procéder à un examen des événements et était prêt à autoriser à nouveau le CICR à accéder au camp. Le ministre a également souligné que le camp d'Ashraf se trouvait sur territoire irakien et que ses quelque 3400 habitantes et habitants avaient dès lors l'obligation de respecter la législation irakienne; pour les autorités irakiennes, il ne saurait être question d'accepter un "Etat dans l'Etat". Je souhaite préciser que les informations concernant le déroulement des événements sont très contradictoires. Selon les sources irakiennes, l'incident de la semaine dernière s'est produit lorsque des policiers irakiens sont entrés dans la partie nord-est du camp habité par environ 3400 Moudjahidines du peuple d'Iran (MKO). Selon les informations du "Conseil national de la résistance iranienne", lié au MKO, les événements ont causé plus de 30 morts. Ces informations n'ont pour l'heure pas été confirmées par des sources indépendantes. Depuis vendredi, le DFAE est en contact avec toutes les organisations internationales pertinentes (CICR, HCR et, surtout, UNAMI) afin d'avoir une vue objective des événements. Avec nos partenaires internationaux, nous nous penchons également sur la question de l'assistance médicale aux blessés. Selon les informations disponibles, le camp dispose d'une infrastructure développée comprenant un centre médical. Selon les indications fournies par l'Irak, les blessés sont soignés dans un hôpital au sein du camp, et l'approvisionnement en nourriture, en électricité et en eau est assuré. Nous vérifions ces indications avec le soutien de nos partenaires internationaux. Suite à ces démarches, le DFAE a repris contact avec le CICR. Ce dernier examine la question d'une nouvelle visite du camp et nous tiendra informés de sa décision. Nous attendons par ailleurs de recevoir davantage d'informations suite à une visite de représentants de l'ONU prévue dans le camp. Comme vous le voyez, le DFAE fait son possible pour recevoir des informations précises et objectives. Dès que nous disposerons d'une évaluation claire des besoins humanitaires, nous pourrons contribuer, avec l'aide de nos partenaires, à la recherche d'une solution à cette situation. Avec mes salutations les meilleures. Micheline Calmy-Rey |