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JEAN CHARLES PELLAUD, CINEASTE GENEVOIS ET CITOYEN DU MONDE C’est au cours de ma vie, lors de rencontres, que j’ai ressenti le besoin et l’importance de filmer des gens « hors normes ».Des personnes pas forcément connues dans les milieux bourgeois, politiques, économiques et artistiques, des personnes de l’ombre, à qui on ne donne pas la parole. Des personnes, parfois démunies, « marginales », au chemin de vie cabossé, mais ô combien riche en émotions et en humilité. Gérald le clochard, M la prostituée ou encore mon ami Jacky, toxicomane, que j’ai filmé durant 20 ans, ont prouvé, par leur authenticité et leur « différence » que les normes fixées par notre société, aussi sélectives soient –elles, n’ont pas entaché leur volonté d’oser dire , de communiquer et d’être. Tous les acteurs que l’on découvre dans mes films sont « décalés », « singuliers » et à leur contact, j’ai appris le non jugement et le respect de l’autre. Passionné par l’être humain, vous l’aurez compris, mon travail se base essentiellement sur le dialogue et la découverte de l’autre, à différents stades de la vie, dans des situations bien précises, à travers l’art et au gré de mes voyages. Et toutes ces rencontres extraordinaires, sont bien sûr complices de mon engagement politique. Les enfants et les adolescents occupent une place très importante dans ma filmographie. « Une cloche n’est pas partie pour Rome, elle s’est envolée pour Ouagadougou », « Avec les enfants de l’abbaye de Presinge », ou encore « Poupées Magiciennes » sont autant de témoignages poignants d’enfants d’ici et d’ailleurs et il me paraissait primordial de partager avec eux mon expérience de cinéaste et de leur enseigner à tenir une caméra, comme dans « La Bretagne est si jolie ». Les aînés, ont eux aussi, une place prépondérante dans mon œuvre. Avec « La tournée du Facteur », « La petite épicière » et « Voulez- vous un café ? », ces « seniors » nous livrent leurs souvenirs et leur regard sur la vie, souvent drôles, parfois mélancoliques, mais toujours avec véracité et une extrême pudeur. Avec « Walter Mafli » et « Ruth Durrenmatt », je vous propose de découvrir des artistes suisses atypiques, au parcours parfois difficile, voire chaotique et qui sont aujourd’hui, reconnus dans le monde entier. Et avec mes voyages, je vous emmène dans des contrées éloignées, auprès d’un guérisseur camerounais dans « Une folie qui aide » et à plus de 4300 m d’altitude dans les Andes Péruviennes avec « Brigitte Chevalay ». Ces rencontres bouleversantes, cette remise en question de soi incessante, ont conforté mon engagement politique et je vous le dévoile dans « David contre Goliath » Chacun de ses films a été un moment d’intense vérité, de réel partage et d’amour pour l’autre « pas comme les autres ». Propos recueillis par Pernette Gaulis et Sophie Féraud
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