Shoulamit Aloni Ynet (Yediot Aharonot), 7 août 2008 www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-3578823,00.html L’avenir montrera la dimension du dommage ccasionné par l’arrêt de la Cour Suprême d’Israël autorisant à exiger de l’Autorité Palestinienne des compensations. La dernière digue de l’autorité de la Loi a cédé.
Un nouveau « coup décisif » a été porté aux Palestiniens et cette fois, par la Cour Suprême qui a décrété que l’Autorité Palestinienne n’était pas à l’abri de poursuites venant d’Israéliens et qu’elle ne disposait pas d’une immunité souveraine. L’arrêt de la Cour Suprême fait suite à un appel introduit par l’association Midreshet Eretz Israël représentée par l’avocate Nitsana Darshan-Leitner. Selon elle, « maintenant, l’Autorité Palestinienne ne pourra pas échapper à sa responsabilité dans des préjudices et des souffrances qu’elle a occasionnés et qu’elle occasionne à de nombreux habitants du pays ». Hourra, hourra ! Alors qu’il est permis à l’armée et à la police de tuer et de liquider des centaines, des milliers de personnes, civils innocents, femmes, hommes, vieillards, enfants, sans être obligées à des indemnisations, alors qu’il est permis à Israël de larguer fièrement des bombes d’une tonne et d’une demi tonne ou encore de disséminer des bombes à fragmentation sur une population civile, le gouvernement israélien établissant dans ses lois qu’il n’y a pas à indemniser les victimes, voilà maintenant que la Cour Suprême y ajoute sa formule de « justice » : l’Autorité Palestinienne qui n’est pas responsable des actions des terroristes, qui ne les a pas elle-même envoyés se suicider comme des bombes vivantes, la voici responsable des actes de ses citoyens et des organisations clandestines, et si elle n’indemnise pas les victimes des terroristes, il sera permis de voler cette somme dans les taxes retenues en Israël [et dues à l’Autorité palestinienne - ndt] Hourra, hourra ! Jamais il n’est venu à l’idée d’Israël, qui occupe, qui vole les terres et l’eau, qui permet l’arrachage d’oliviers et leur commercialisation, dont la police et l’armée protègent ceux qui mettent le feu aux récoltes, jamais il ne lui est venu à l’idée d’indemniser ceux qui en étaient victimes. L’armée et la police ne sont pas violentes seulement à l’égard des Palestiniens, elles ne supportent pas non plus la poignée d’Israéliens humanistes qui essaient d’empêcher le vol, la barbarie, la destruction et la tuerie. Aujourd’hui en Israël, un humaniste qui lutte pour les droits de l’homme et pour une justice humaine est un « gauchiste » qu’il est permis de frapper en toute liberté et de toute sa force. On peut même lui tirer dessus avec ces balles d’acier recouvertes de caoutchouc. Aux yeux de l’autorité chargée de « veiller sur la loi », l’humaniste a cessé d’être un citoyen respectable et loyal, et c’est ainsi que l’armée et la police, au lieu de remplir leur rôle comme il convient dans un Etat démocratique, brandissent le « drapeau du patriotisme » en compagnie des colons violents. Ces temps-ci, les citoyens du camp de la gauche et les citoyens arabes et druzes ne sont pas les seuls à être visés par les investigations de la Sûreté Générale [Shabak] et par les coups et les atteintes de l’armée et de la police israéliennes. Dernièrement, l’institution suprême de l’appareil judiciaire est devenue l’objet du mépris de la part des « patriotes ». Le dernier arrêt de la Cour est-il une manière de tenter de suivre les vagues de « fascisation » en Israël ? Des jours mauvais nous arrivent. Voyez : Avi Dichter veut être Premier ministre, et Shaul Mofaz se comporte déjà comme un général sur le point de prendre le pouvoir et qui déclare que lui, et lui seul, conduira les négociations avec l’Autorité Palestinienne. Ces deux-là n’ont aucun entendement à apporter dans le domaine social, économique et de l’enseignement. Aucune montrant de la largeur d’esprit n’est venue de ces personnages menaçants, mais leur ego s’enfle déjà, comme il est arrivé, depuis la seconde Guerre mondiale, à la plupart des généraux qui sont saisi du pouvoir et ont apporté la destruction dans leur pays. La digue unique, importante et puissante, qui existait en Israël depuis la création de l’Etat, a cédé L’avenir dira l’importance de la brèche et des dégâts. J’espère qu’il se trouvera un doigt pour fermer cette brèche. (Traduction de l'hébreu : Michel Ghys) |