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CPDH Centre Palestinien pour les Droits Humains – Communiqué de presse (PCHR Palestinian Centre for Human Rights Press Release)
Le CPDH est profondément concerné par la détérioration de la situation des droits humains en Palestine occupée, causée par les services de sécurité dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie, incluant des attaques contre des organisations civiles ou des journalistes, et des campagnes d’arrestations politiques. Le CPDH appelle les deux gouvernements palestiniens de Gaza et Ramallah à mettre fin aux violations des droits humains, et à assurer le respect de la constitution et des standards internationaux en matière de droits humains.
Les services de sécurité du gouvernement de Gaza ont continué leurs attaques contre les institutions civiles du mouvement Fatah dans la bande de Gaza. Une des dernières de ces attaques eut lieu le mardi 29 juillet, lorsque les services de sécurité ordonnèrent la fermeture du club de service de Rafah pour la seconde fois en deux jours, ainsi que du Sharek Forum des Jeunes dans la ville de Gaza. Les services de sécurité, avec les «Brigades Izzidin al-Quassam » le bras armé du Hamas avaient déjà lancé le 26 juillet 2008 une campagne contre des organisations de la société civile appartenant à, soupçonnées d’être proches du, ou même sans liens avec le mouvement Fatah dans la bande de Gaza. Selon la documentation du CPDH, le nombre d’ organisations de la société civile qui y furent attaquées depuis ce jour s’élève à 152. Ces derniers jours les campagnes d’arrestations politiques se sont intensifiées dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, menées par les services de sécurité des gouvernements de Gaza et Ramallah. En Cisjordanie les services de sécurité palestiniens ont repris les arrestations des supporters du Hamas. La documentation du CPDH indique que la campagne d’arrestations commencée le 26 juillet a concerné plus de 100 personnes, universitaires, chefs religieux, directeurs d’école, étudiants, élus du parti pro-Hamas « Changement et réforme », personnalités diverses. A Gaza, les services de sécurité palestiniens détiennent des supporters du Fatah dans des prisons ou des centres de détention. Ces arrestations font partie de le campagne lancée par les services de sécurité le 26 juillet contre des douzaines de supporters du Fatah. Ces derniers jours les attaques menées par les services de sécurité contre la liberté d’expression se sont intensifiées dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie. Les investigations préliminaires du Centre indiquent que les dernières violations ont eu lieu dans la Bande de Gaza . Le mercredi 30 juillet vers une heure du matin un escadron de police est arrivé à la maison du journaliste Emad Eid (36 ans ) dans le quartier de Tal El-Hawa de la ville de Gaza. Eid est directeur du bureau de l’agence de presse Maan et correspondant de la station satellite d’Al-Manar. Les policiers lui demandèrent de les accompagner au poste de police d’El-Abbas pour parler d’une nouvelle publiée par l’agence de presse Maan le 29 juillet. Il fut relâché une demi-heure plus tard. Dans le même genre, la police palestinienne de la ville de Gaza a interdit l’entrée de trois journaux (Al-Quds, Al-Ayyam et Al-Hayat) pour le troisième jour consécutif. Les distributeurs vinrent les chercher au point de passage de Beit Hanoun (Eretz), mais des policiers près de là les en ont empêché et ont confisqué les éditions du 28 juillet. Samedi vers 21 heures 30 le 26 juillet, des agents de l’appareil de sécurité intérieure de Gaza ont fait une descente dans les bureaux de l’agence de presse WAFA dans l’immeuble El-Aydi, quartier de Tal El-Hawa de la ville de Gaza. Ils ont confisqué tout le matériel et l’ont emmené dans des camions vers une destination inconnue. Une force de l’appareil de sécurité intérieure est toujours stationnée dans l’entrée de l’immeuble. Vers trois heures du matin samedi (le 26 juillet) des hommes armés et masqués de l’appareil de sécurité intérieure de Gaza ont arrêté le journaliste Sawwah Abu Seif (41 ans), correspondant de la télévision allemande, dans sa résidence de l’immeuble des journalistes du quartier de Tal El-Hawa, ville de Gaza. Ils l’ont emmené vers une destination inconnue. Ces agents de l’appareil de sécurité intérieure ont confisqué son ordinateur portable. Le sort d’ Abu Seif est inconnu à ce jour. En Cisjordanie, une force de l’ de l’appareil de sécurité préventive ont fait une descente au Centre Arabe des Médias de la ville de Durra, au sud-ouest d’Hébron vers 21 heures 30 mardi 29 juillet. Ils ont arrêté le directeur de centre, le journaliste Awad Ibrahim Mohammad Rjoub (31 ans), qui est correspondant d’Al-Jazeera et d’autres agences de presse, et l’ont emmené au quartier de la de sécurité préventive de cette ville. Le frère d’ Awad, Mu’ath a informé le personnel du CDPH que la force de sécurité a aussi confisqué deux ordinateurs, un téléphone cellulaire, et des documents appartenant à son frère. Le matin du mardi 29 juillet les forces de sécurité palestiniennes ont arrêté le journaliste Farid Hammad ,35 ans, de la ville de Silwad au nord-est de Ramallah. Il travaille à la section éditoriale du journal Al-Ayyam. La femme de Farid a informé les envoyés du CDPH que deux jours auparavant son mari avait reçu une mise en demeure d’un service de sécurité palestinien qu’elle n’a pas identifié. Il s’était alors rendu au quartier général de ce service ; il n’est pas revenu, n’a pas appelé sa famille. Dans la soirée du samedi 26 juillet les services palestiniens de renseignements généraux ont arrêté le journaliste indépendant Mustafa Ali Sabri (41 ans), chez lui dans la ville de Qalqilya. Ils l’ont emmené au quartier des renseignements généraux de la ville. Sabri a informé les membres du CDPH que les agents des renseignements généraux l’ont jeté à terre, battu et injurié. Il fut relâché le dimanche 27 juillet, sans charges. A 12 heures 10 environ le mardi 29 juillet, plusieurs photographes suivaient une manifestation du Parti de Libération Islamique à Hébron. Deux officiers de la sécurité palestinienne en tenue militaire leur demandèrent de cesser de prendre des photos, et tout de suite après ils arrachèrent l’appareil du journaliste Jusri Mahmoud El-Jamal (32 ans), et l’un d’eux l’écrasa contre une voiture pour le détruire ; El-Jamal travaille pour Reuters. Les journaux « Palestine » et «Al-Resala », proches du Hamas ont été exclus de distribution en Cisjordanie, après que l’imprimerie de Al-Ayyam, qui avait reçu des menaces anonymes le 14 juin 2007, ait refusé de l’imprimer deux jours plus tard. De plus le CPDH a relevé des attaques par des membres des Bataillons Izzedeen El-Qassam, le bras armé du Hamas, parmi lesquelles coups de feu, passage à tabac, et torture, ainsi que des attaques contre des maisons. Les investigations préliminaires du Centre indiquent que les plus importantes des ces violations sont les meurtres de personnes enlevées par les Bataillons Izzedeen El-Qassam. Dans la ville de Gaza des hommes masqués membres d’ El-Qassam, à bord d’un véhicule, ont enlevé Emad Ahmad El-Sheikh Khalil (28 ans) dans l’après-midi du 26 juillet dans son quartier d’El-Twan à Jabalia près de sa maison. Plus tard le même jour, un inconnu a contacté le frère d’Emad à l’aide du propre téléphone cellulaire de celui-ci pour dire que Emad se trouve, blessé, près d’El-Nawras à l’ouest de la ville. Des parents d’Emad l’ont secouru là, touché par plusieurs balles dans le ventre et les jambes. Ils l’ont emmené à l’hôpital de Shifa où son état y est jugé sérieux. Dans la ville de Bani Suhaila, à l’est de Khan Yunis au sud de Gaza, des membres des Bataillons Izzedeen El-Qassam ont enlevé neuf membres du clan Abu Sa’da vers 21 heures samedi 27 juillet. Ils les emmenèrent au poste El-Qassam de la ville et tirèrent des coups de feu contre l’un d’entre eux, Abd El-Hamid Suliman Abu Sa’da (32 ans) à l’intérieur du poste, le blessant de quatre balles (main droite et jambe droite). Les autres furent battus et humiliés par les membres d’ El-Qassam. Dans le camp de réfugiés de Jabalia (nord de la la Bande de Gaza), des membres des Bataillons Izzedeen El-Qassam ont enlevé Zeyad Hasan Abu Samak (35 ans) samedi 26 juillet vers 1 heure ; c’est un marchand de matériel de construction du camp. Ils l’ont emmené vers une destination inconnue. Une heure et demie plus tard il fut retrouvé près de l’école de Abu Obaida in Beir El-Na’ja, mal en point suite à un sévère passage à tabac ; on l’emmena au Shifa Hospital (ville de Gaza), qui diagnostiqua une commotion cérébrale et des blessures sur tout le corps. Vu la gravité de son état il fut transféré au Barzelai Hospital, en Israël. Au sujet d’un autre incident, Ali Majed Hussein (25 ans), qui a été victime d’un enlèvement a informé le CDPH que vers 23 heures 10 le samedi 26 juillet que des membres des Bataillons Izzedeen El-Qassam, dans une voiture, l’ont enlevé dans son épicerie de la rue El-Mashtal au nord-est de la ville de Gaza. Ils l’emmenèrent dans un immeuble résidentiel près de l’ancien quartier général du Service des Renseignements Généraux, dans la partie ouest de Jabalia. Il fut battu tout le long du parcours, à mains nues et à coups de crosse. Ils le firent asseoir à l’extérieur et lancèrent quatre briques de construction sur ses pieds. Ensuite ils lui lièrent les pieds et mirent par dessus des blocs de béton hérissés de pointes métalliques. Ils l’emmenèrent ensuite près de l’école Khaled El-Alami school de la rue Mashtal et le forcèrent à se coucher face contre terre sur le sol, où il fut battu et abandonné. Des habitants du quartier l’emmenèrent à l’hôpital Al-Quds de la ville de Gaza souffrant de contusions et de blessures aux pieds causées par les blocs de ciment. Des membres des Bataillons Izzedeen El-Qassam ont fermé une maison appartenant à Abd El-Qadir El-Mash’harawi, père du dirigeant du Fatah Samir El-Mash’haraw, et la maison de Zahir Abu Baker dans le quartier d’El-Daraj dans la ville de Gaza. Vers minuit le mardi 26 juillet une dizaine de membres des Bataillons Izzedeen El-Qassam ont investi la maison d’Abd El-Qadir El-Mash’harawi et l’ont forcé à évacuer cet immeuble de cinq étages qui abritait trente personnes environ, pour la plupart des femmes et des enfants. Ils ont condamné la porte d’entrée au moyen de soudures et écrit sur le mur « fermé par ordre des Bataillons Izzedeen El-Qassam ». Adnan Abd El-Qadir El-Mash’haraw a raconté au CDPH que la chef des hommes armés lui a dit : « Ceci est un message destiné à ton frère Samir pour qu’il cesse de faire des déclarations publiques ». Environ 15 minutes plus tard, des membres des Bataillons Izzedeen El-Qassam ont fermé la maison de Zahir Mohammad Abu Baker proche de celle de El-Mash’haraw par les mêmes moyens ; c’est un immeuble de trois étages qui abritait six personnes. Abu Baker l’avait acheté à Zeyad Abd El-Qadir El-Mash’harawi le 2 Août 2007. Des membres des Bataillons Izzedeen El-Qassam ont confisqué des véhicules privés. Vers 23 heures le samedi 26 juillet dix hommes masqués et armés sont arrivés à bord de trois véhicules à la maison de Hasan Jum’a El-Efranji, rue Jamal Abd El-Naser dans la ville de Gaza. Ayant fouillé le garage de la maison, ils ont confisqué trois véhicules, deux privés et le dernier appartenant au gouvernement. Vers 1 heure 30 le lundi 28 juillet les deux véhicules privés furent rendus à leur propriétaire ; l’un en mauvais état mécanique. Le CDPH condamne sévèrement ces violations et 1) Appelle le gouvernement à faire cesser cette campagne contre la société civile de Gaza, et annuler toute mesure de fermeture et de confiscations qui ont touché des dizaines d’organisations. 2) Rappelle que le droit des associations est garanti par la constitution comme par les standards internationaux des droits humains et que toutes les mesures prises par les services de sécurité et les Brigades Izzedeen El-Qassam violent la loi n° 1 de 2000 relative au droit des ONG et des associations de bénévoles. 3) Appelle le gouvernement de Gaza à protéger la société civile du conflit entre le Fatah et le Hamas, souligne la nécessaire indépendance de la société civile et le rôle vital joué par les ONG dans le développement des services sociaux, économiques et culturels. 4) Demande la libération immédiate de tous les détenus politiques de Cisjordanie et de la Bande de Gaza, et rappelle la décision de la Haute Cour Palestinienne du 20 février 1999 déclarant illégales les arrestations politiques. Tous les organes de l’exécutif sont appelés à respecter cette décision. 5) S’inquiète du nombre des attaques contre la liberté d’expression et celle des journalistes et réaffirme la nécessité de protéger les journalistes et les entreprises des médias pour leur permettre de remplir leur tâche en toute liberté. 6) Condamne fermement la poursuite de détentions illégales par les Bataillons Izzedeen El-Qassam, demande leur cessation immédiate et la fermeture des centres de détention contrôlés par eux. Le Centre affirme que les Bataillons Izzedeen El-Qassam ne sont pas une agence de défense de la loi et n’ont pas le droit de procéder à des arrestations ni d’intervenir dans les affaires civiles. |