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Réuni d’urgence, le Conseil de sécurité appelé à se prononcer au plus vite sur un projet de résolution présenté par le Qatar au nom du groupe arabe, s’est vu reproché, par la majorité des délégations, son inaction devant l’intensification des opérations israéliennes dans la Bande de Gaza.
Amendé pour donner pleine satisfaction au clan occidental, le texte prévoyait notamment la fin de l’« agression » israélienne, la mise en place d’un couvre-feu mutuel et l’envoi d’une force d’observation des Nations Unies pour en surveiller le plein respect par les parties au conflit. Il n’a enregistré qu’une seule voix négative, contre 10 positives (Chine, Fédération de Russie, France, Argentine, Congo, Ghana, Grèce, Pérou, Qatar, République Unie de Tanzanie) et 4 abstentions (Danemark, Japon, Royaume-Uni, Slovaquie). Le droit de veto dressé face au Monde par les Etats-Unis pour justifier le terrorisme d’Etat, empêcha à lui seul l’adoption de la résolution. (http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/CS8867.doc.htm) Qu’en déduire ? Nous sommes naturellement tentés de dire que l’ONU est inefficace sans nous apercevoir que c’est à la même conclusion qu’aboutit, pour des raisons opposées, l’administration américaine qui la paralyse. Une autre tentation plus pernicieuse est de nous résigner à cet état de fait comme la vache au pâturage incapable d’imaginer la fatalité de l’abattoir. Elle broute une herbe savoureuse, tranquille et heureuse, sans la moindre idée de révolte, pendant que des millions de ses congénères sont chaque jour égorgés. Si tous les bovins du monde voulaient unir leurs cornes, l’humanité pourrait trembler. Rassurons-nous, s’ils ne le font pas c’est qu’ils ignorent leur communauté de destin. Mais nous, nous savons et pouvons découvrir que chaque être humain est par nature indissociable de l’humanité et que celui qui ne respecte pas la dignité et la vie de l’autre ne peut espérer que celle des siens sera respectée. La même semaine, Israël a été deux fois condamné : le 15 novembre par le Conseil des droits de l'homme, trente deux voix pour (Algérie, Argentine, Azerbaïdjan, Bahrain, Bangladesh, Brésil, Chine, Cuba, Djibouti, Equateur, Gabon, Ghana, Inde, Indonésie, Jordanie, Malaisie, Mali, Mauricie, Mexique, Maroc, Nigeria, Pakistan, Pérou, Philippines, Fédération de Russie, Arabie Saoudite, Sénégal, Afrique du Sud, Sri Lenka, Tunisie, Uruguay, et Zambie) contre huit (Canada, République Tchèque, Finlande, Allemagne, Pays Bas, Pologne, Roumanie, Royaume Uni et six abstentions) (France, Guatemala, Japon, République de Corée, Suisse et Ukraine). le 17 novembre, l'Assemblée générale de l'ONU adoptait par 156 voix contre 7, et 6 abstentions une résolution exigeant la fin de toutes les formes de violence entre Israël et les Palestiniens. L'Union européenne a voté pour, les Etats-Unis, Israël, l'Australie, Nauru, Palau, la Micronésie et les îles Marshall ont voté contre, le Canada s'est abstenu.Sans entrer dans la polémique des interprétations statistiques, il saute aux yeux que les gouvernements qui représentent la grande majorité des humains se sont élevés contre l’intolérable prétention de l’administration américaine d’imposer sa loi au monde et d’octroyer une immunité permanente à ses protégés.. (http://www.popinter.org/site.php3?id_syndic=12) Si l’ONU est paralysée par le droit de veto, exigeons la suppression de celui-ci, peut-être justifié avant la chute du Mur de Berlin mais qui fut utilisé 82 fois par l’administration américaine pour éviter la condamnation des violations majeures et persistantes de l’armée israélienne. Mais le droit de veto n’est-il pas un bouclier de papier ? A défaut de parvenir rapidement à le supprimer, il est possible et relativement facile de le rendre lui-même inefficace en le contournant. Il n’existe qu’au Conseil de sécurité mais ni à son pendant, le Conseil économique et social (ECOSOC) ni dans aucune institution spécialisée des Nations Unies toutes dotées de procédures de contrôle d’application de leurs normes et de sanction en cas de leur violation. La charte fondatrice des Nations unies débute par cette proclamation : « Nous, peuples des Nations Unies ». Le problème n’est donc pas de supprimer l’ONU mais d’y donner la parole aux peuples de la Terre par ailleurs bien mal représentés par ceux qui les gouvernent, plus soucieux de conserver le pouvoir que d’exprimer les aspirations de ceux qu’ils gouvernent. En fait, ils n’en préservent que les apparences, étant inconsciemment pris en otage par les intégrismes aussi bien national-religieux que révolutionnaire, laïcs et hégémoniques. Entre les deux et hors d’eux. où trouver l’interlocuteur d’un dialogue pour rétablir la paix ? http://www.un.org/french. Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et leurs protocoles additionnels imposent des obligations impératives et des sanctions effectives explicitées dans les Conventions de Genève. Les institutions spécialisées des Nations Unies ont élaboré de nombreuses conventions internationales dont la mise en œuvre est assortie de mesures contraignantes. L’OIT en compte aujourd’hui 187 dont l’élaboration et le contrôle d’application, exemplairement, sont tripartites (gouvernements, employeurs, travailleurs). Les gouvernements ne font pas la pluie et le beau temps mais l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) dispose, qui le sait, de neuf satellites, 3 000 avions, 7 300 navires, 100 bouées fixes et 600 bouées dérivantes, 10 000 stations terrestres et 500 radars fonctionnent 24 heures sur 24 pour observer les conditions climatiques à l'échelle planétaire et sauver l’humanité d’un désastre écologique majeur ? Les Nations Unies se sont dotées de 37 institutions spécialisées dans pratiquement tous les domaines touchant la vie sociale. Nous sommes tous concernés par leur travail. Que faisons-nous ? "La misère est l’œuvre des hommes, seuls les hommes peuvent la détruire" a dit, peu avant son décès, le père Joseph Wresinski fondateur de ATD quart monde. Sommes-nous des hommes ? Jacques Vittori |