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Said Abdirizak : Mogadiscio, Vernier, Châtelaine Jeudi 03/03/2011 | Post� par Luca Di Stefano 
A 23 ans, ce jeune diplômé de commerce se lance dans la course au Conseil municipal. Portrait d’un socialiste ambitieux « Qu’est-ce que t’as grandi », lui lance la caissière de la cafétéria de son ancienne école de commerce. Echarpe rouge solidement nouée autour du cou, Said a grandi, assez pour se lancer dans le combat politique. Mais qu’est-ce qui peut bien motiver un jeune de 23 ans à se présenter aux élections? Le 12 février dernier, dans la salle de gym qui accueillait la journée citoyenne, cette question prenait tout son sens. « Il faut l’avouer, c’était un flop », déplore Said qui était pourtant venu à la rencontre des électeurs. De citoyens il n’y avait guère que les candidats aux prochaines élections municipales. Au centre de la salle, une enfant shootait dans un ballon gonflable avant de le poursuivre et de se laisser glisser sur les genoux. Sur les stands des partis, les candidats peinaient à trouver les interlocuteurs assoiffés de dialogue démocratique qu’ils étaient venus rencontrer « Je veux simplement servir d’exemple pour ma génération, montrer qu’il est important de s’engager. Si on peut faire augmenter la participation des jeunes de Vernier, ce sera une victoire, même si le résultat final devait être en ma défaveur », explique Said. Son penchant pour la politique date de 2003, lorsque l’UDC obtient un deuxième siège au Conseil fédéral. « Je me suis senti visé. Et je suis convaincu que la faible participation renforce les positions des extrêmes affirme le candidat. « Said a une vraie culture politique pour son jeune âge. Cela s’explique d’une part par son origine étrangère et d’autre part par son attachement à la commune », glisse son mentor Thierry Apothéloz, le maire socialiste de la ville de Vernier. « Il est déjà dans la peau de quelqu’un qui va siéger. Bien sûr qu’il devra se former, mais je mise sur ce qu’il peut apporter : une expérience de vie et un regard de jeune sur les problématiques ». S’il est élu, Said a quant à lui déjà des idées en tête : ouvrir les salles de sport pour les jeunes et poursuivre les activités d’Abarc (le centre de loisirs et de rencontres sur la route de Vernier), ce lieu qu’il a tant fréquenté. Au terme de l’énumération de ses projets, il conclut par : « je ne sais pas comment je vais m’y prendre, mais je veux faire ça ».
Deuxième d’une fratrie de trois garçons, Said Abdirizak est arrivé en Suisse à l’âge de 7 ans lorsque Mogadiscio, sa ville natale, s’enlisait dans la guerre civile. Alors réfugiée politique, la famille Abdirizak s’installe à Vernier, « dans les immeubles gris » du chemin Mouille-Galand avant de déménager à Châtelaine et d’obtenir le passeport rouge à croix blanche. Aujourd’hui ses parents sont tous deux au chômage mais effectuent quelques nettoyages, un total de 6 heures par jour à deux. « Ce n’est pas assez. Sans les allocations, nous ne pourrions pas vivre. On a tendance à sacrifier ces acquis, alors j'aimerais que les générations futures puissent en bénéficier tout comme moi. C’est aussi un moyen de montrer ma reconnaissance à ce pays et à cette commune ». Diplômé de commerce, il espère trouver prochainement un stage de maturité professionnelle. Entre temps, il collectionne les boulots, donne des coups de main dans les CASS (Centre d’Action sociale et de santé) de Châtelaine et du Lignon pour remplir les déclarations d’impôt des bénéficiaire de l’aide sociale.
Où sera Said dans dix ans ? « Je me vois bien chef d’entreprise à Vernier, la preuve qu’on peut avoir une fibre sociale et d’entrepreneur à la fois », prédit l’ambitieux candidat longiligne à la chemise déjà impeccablement repassée. Quant à son engagement politique, il promet qu’il ne faiblira pas. « Quand je vois les événements qui secouent la Somalie, je me dis qu’avoir un état est une chance inouïe, alors s’engager devient presque une obligation à mes yeux».
Quant à son identité, elle ne fait aucun doute : « Je suis suisse, tu ne trouveras jamais un fan comme moi de nos équipes de foot ou de hockey ». Alors quand il se retrouve nez-à-nez avec le patriotisme d’une affiche garantissant que Les Suisses votent UDC, il se pose des questions et se présente aux élections « Je veux simplement servir d’exemple pour ma génération, montrer qu’il est important de s’engager. Si on peut faire augmenter la participation des jeunes de Vernier, ce sera une victoire, même si le résultat final devait être en ma défaveur », explique Said. Son penchant pour la politique date de 2003, lorsque l’UDC obtient un deuxième siège au Conseil fédéral. « Je me suis senti visé. Et je suis convaincu que la faible participation renforce les positions des extrêmes affirme le candidat. « Said a une vraie culture politique pour son jeune âge. Cela s’explique d’une part par son origine étrangère et d’autre part par son attachement à la commune », glisse son mentor Thierry Apothéloz, le maire socialiste de la ville de Vernier. « Il est déjà dans la peau de quelqu’un qui va siéger. Bien sûr qu’il devra se former, mais je mise sur ce qu’il peut apporter : une expérience de vie et un regard de jeune sur les problématiques ». S’il est élu, Said a quant à lui déjà des idées en tête : ouvrir les salles de sport pour les jeunes et poursuivre les activités d’Abarc (le centre de loisirs et de rencontres sur la route de Vernier), ce lieu qu’il a tant fréquenté. Au terme de l’énumération de ses projets, il conclut par : « je ne sais pas comment je vais m’y prendre, mais je veux faire ça ».
Deuxième d’une fratrie de trois garçons, Said Abdirizak est arrivé en Suisse à l’âge de 7 ans lorsque Mogadiscio, sa ville natale, s’enlisait dans la guerre civile. Alors réfugiée politique, la famille Abdirizak s’installe à Vernier, « dans les immeubles gris » du chemin Mouille-Galand avant de déménager à Châtelaine et d’obtenir le passeport rouge à croix blanche. Aujourd’hui ses parents sont tous deux au chômage mais effectuent quelques nettoyages, un total de 6 heures par jour à deux. « Ce n’est pas assez. Sans les allocations, nous ne pourrions pas vivre. On a tendance à sacrifier ces acquis, alors j'aimerais que les générations futures puissent en bénéficier tout comme moi. C’est aussi un moyen de montrer ma reconnaissance à ce pays et à cette commune ». Diplômé de commerce, il espère trouver prochainement un stage de maturité professionnelle. Entre temps, il collectionne les boulots, donne des coups de main dans les CASS (Centre d’Action sociale et de santé) de Châtelaine et du Lignon pour remplir les déclarations d’impôt des bénéficiaires de l’aide sociale. Où sera Said dans dix ans ? « Je me vois bien chef d’entreprise à Vernier, la preuve qu’on peut avoir une fibre sociale et d’entrepreneur à la fois », prédit l’ambitieux candidat longiligne à la chemise déjà impeccablement repassée. Quant à son engagement politique, il promet qu’il ne faiblira pas. « Quand je vois les événements qui secouent la Somalie, je me dis qu’avoir un état est une chance inouïe, alors s’engager devient presque une obligation à mes yeux».
Quant à son identité, elle ne fait aucun doute : « Je suis suisse, tu ne trouveras jamais un fan comme moi de nos équipes de foot ou de hockey ». Alors quand il se retrouve nez-à-nez avec le patriotisme d’une affiche garantissant que Les Suisses votent UDC, il se pose des questions. Et se présente aux élections. Luca Di Stefano - |