La Suisse a remis à l'ONU son rapport sur le mur israélien

 

Dans une résolution adoptée le 20 juillet 2004,

«[L’Assemblée générale] [d]emande à tous les États parties à la quatrième Convention de Genève de faire respecter cette convention par Israël et invite la Suisse, en sa qualité de Dépositaire des Conventions de Genève, à mener des consultations et à présenter à l’Assemblée générale un rapport sur la question, y compris la possibilité de reprendre les travaux de la Conférence des Hautes Parties contractantes à la quatrième Convention de Genève.»

L'Assemblée générale suivait l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) qui par un arrêt du 9 juillet 2004 considérait "illégale" la "ligne de sécurité" construite par l'État hébreu. Selon la CIJ, ce mur doit être détruit parce qu'il empiète sur des territoires palestiniens afin d'englober, côté israélien, des colonies implantées en Cisjordanie. Présenté par Israël comme une "clôture antiterroriste il est qualifié par les Palestiniens de "mur de l'apartheid" qui rend problématique la création d'un État palestinien viable.

 

Rappelons les conclusions de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, ratifié par l’Assemblée générale de l’ONU  dans sa résolution ES-10/15, par 150 voix pour, 6 contre et 10 abstentions.

 

1. « L’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international.

2. « Israël est dans l’obligation de mettre un terme aux violations du droit international dont il est l’auteur ; il est tenu de cesser immédiatement les travaux d’édification du mur qu’il est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, de démanteler immédiatement l’ouvrage situé dans ce territoire et d’abroger immédiatement ou de priver immédiatement d’effet l’ensemble des actes législatifs et réglementaires qui s’y rapportent, conformément au paragraphe 151 du présent avis.

3. « Israël est dans l’obligation de réparer tous les dommages causés par la construction du mur dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est »

4. « Tous les États sont dans l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction... ».

 

La Cour a dit le Droit, l’Assemblée Générale de l’ONU l’a ratifié, la Communauté Internationale a donc l’obligation de le faire respecter et d’exiger qu’Israël, puissance occupante, s’acquitte de ses obligations juridiques clairement énoncées.  

En application du mandat qui lui a été confié, la Suisse a mené de larges consultations avec les parties au conflit, avec les acteurs engagés dans le processus de paix et avec d’autres acteurs majeurs de la région. Toutes les Hautes Parties contractantes aux Conventions de Genève ont également été informées et consultées. Le rapport achevé le 27 juin 2005 ne prend pas en considération les développements postérieurs à cette date. Amira Haas

La Suisse, aujourd’hui 27 juillet 2005, rend public son rapport adressé le 30 juin dernier au Président de l’Assemblée générale des Nations Unies. (L’ASSP l’a simultanément publié in-extenso ) Rapport sur le mur

Mme Micheline Calmy-Rey, notre ministre des Affaires Étrangères  avait,  spontanément déclaré que la résolution onusienne n’était pas un « cadeau » pour la Suisse. Elle l’a assumé. Heureux de reconnaître le travail considérable et méthodique de la diplomatie fédérale, nous sommes désolés par les lamentables conclusions qu’a cru devoir en tirer un gouvernement à notre avis  trop timoré :

Le rapport ne mentionne pas :  

1)    de consultations directes avec la société civile israélienne et palestinienne.

2)    le résultat des démarches dans le cadre de l’obligation pour Israël de réparer tous les dommages causés par la construction du mur dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est

3)    pourquoi la dépositaire des Conventions de Genève n’a pas mis les Hautes Parties Contractantes devant leurs responsabilités en leur demandant de répondre par oui ou par non à la décision de reprendre les travaux de la Conférence des Hautes Parties contractantes à la quatrième Convention de Genève, ajournée en décembre 2001.»

Le scénario est toujours le même : les États dans leur majorité renoncent à exiger d’un gouvernement membre des Nations Unies qu’il se  conforme, sans tergiversations, à ses engagements au prétexte que cela pourrait compromettre les négociations en cours pour un accord de paix. Cela dure depuis des décennies, donne du temps à l’occupant pour grignoter le territoire palestinien et justifier ses intolérables violations des Conventions de Genève par son droit à la légitime défense.

Il est insuffisant de déplorer ou de protester. Les politiciens de tous les pays doivent être mis, par la société civile organisée, dans l’impérieuse nécessité de choisir entre conserver le pouvoir pour lui-même, ce qui est le plus sûr moyen de le perdre dans l’humiliation, ou de l’assumer pour le bien-être humain.

 

Nous sommes convaincu avec madame Nurit PELED que:

 

 «  La lutte n’est pas entre les Palestiniens et les Israéliens, ni entre les juifs et les arabes. Le combat est entre ceux qui cherchent la paix et ceux qui cherchent la guerre…. »

 

VITTORI Jacques

Président de l'ASSP.

 

 

 

 

 
Aide Sanitaire Suisse aux Palestiniens (ASSP)
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