Tsunami et Palestine 

Les vagues impressionnantes de générosités qui ont répliqué au raz de marée du 26 décembre ne se laissent pas mesurer en unités monétaires. Le bénévolat multiforme, né de l’élan spontané de solidarité de proximité, a été dans l’immédiat, la seule réponse efficace, à la détresse et aux souffrances des victimes et de leurs proches. Elle demeure essentielle. La compassion humaine à une échelle, jusque là jamais atteinte redonne du sens aux valeurs qui transcendent l’hédonisme dans un événement dont les tragiques conséquences sont, en fait, davantage imputables aux hommes qu’à la nature.

Après un court moment d’incrédulité, l’émotion a atteint instantanément son paroxysme dès que les premières images furent diffusées et mondialement relayées par les médias. Elle se maintint avec les témoignages bouleversants des survivants, des proches des victimes et des disparus. Elle va rester encore vive quelque temps puis sensiblement s’atténuer. C’est la vie. Doit-on à présent passer à autre chose ? Nous savons, de manière certaine, que le nombre des premières victimes va être, décuplé. Des millions de personnes ont, par exemple, perdu pour longtemps leurs moyens d’existence. Le pire est à venir.

La page n’est donc pas prête d’être tournée alors que d’autres restent dramatiquement ouvertes. Des Palestiniens sont tués tous les jours, l’étendue des destructions des infrastructures palestiniennes est catastrophique. Les Israéliens, quant à eux, vivent dans la peur permanente d’attentats-suicide. La violence règle les jours. Pourtant des deux côtés la population aspire à la paix, cette paix qui n’a même pas régné une seule année depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. Du 29 septembre 2000, début de la seconde Intifada, à la fin de l’année dernière, 3'517 Palestiniens ont été tués et 28'372 blessés dont certains n’ont pas survécu et beaucoup sont devenus handicapés à vie. La quasi-totalité des victimes n’était pas née en 1948 et n’a jamais connu que la guerre.

Le peuple palestinien vient de démontrer, une fois de plus, qu'il ne craignait pas, bien au contraire, voter en présence de 600 observateurs internationaux. Ces derniers ont été les témoins de l'élection, de loin la plus démocratique du monde arabe. Ils ont pu, dans le même temps, constater les entraves mises par la puissance occupante aux libertés garanties par les Conventions de Genève et le droit international. Cela ne relevait pas, hélas, de leur mandat. L'après Arafat appartient au peuple palestinien, particulièrement à sa jeunesse mais le respect de ses droits individuels et collectifs n’est pas en leurs mains mais dans celles de nos gouvernements qui peuvent et doivent exiger, de la puissance occupante, le respect de ses engagements pour l'application du droit international. Sans la garantie du respect des droits de l’homme individuels et collectifs n’est-il pas dérisoire d’espérer un développement durable ?

L’Assemblée générale des Nations Unies qui a pris acte de l’avis consultatif donné par la Cour Internationale de Justice, a chargé en juillet dernier le Secrétaire général d’établir un registre des dommages causés à toutes les personnes physiques ou morales concernées et de demander à tous les États partis à la quatrième Convention de Genève de 1949 de faire respecter cette convention par Israël. L’Assemblée générale a de plus invité la Suisse, en sa qualité de dépositaire des Conventions de Genève, à mener des consultations et à lui présenter un rapport sur la question, y compris sur la possibilité de reprendre les travaux de la Conférence des Hautes Parties contractantes à la quatrième Convention de Genève. Qu’a-t-il été fait ?

C’est simple, clair et évident mais cela ne se fera pas sans la pression citoyenne, de la société civile universelle

Paix pour Israël - Justice pour les Palestiniens

Faillite et Succès

En 2004 l’ASSP a enregistré moins de la moitié des dons reçus en 2003. En 2003 notre site internet  recevait au plus mensuellement, 5’900 visiteurs ; en 2004 il a reçu 16’819 visiteurs en octobre, et 13'267 en novembre.

Avec la moitié moins de moyens financiers nous avons donc obtenu 2,8 fois plus de résultats. Nous n’avons pas inventé la recette, vieille comme le monde. Elle ne doit rien à la magie, c’est le bénévolat, qui ne coûte qu’à celui qui le donne mais qui en reçoit toujours des richesses qu’il ne cherchait pas. Il est clair que tout ne peut résulter du travail bénévole. Des biens et services indispensables ne peuvent être obtenus qu’en les payant aux fournisseurs. Notre solidarité avec les victimes du conflit palestinien peut se concrétiser de multiples manières, prenez contact avec le Secrétariat. Il y a des possibilités correspondant à la bonne volonté de chacun-e sans exception de compétence ou de lieu de résidence. Quelques pistes ?

Nous cherchons par exemple :

-         Des personnes qui pourraient assurer une présence à notre stand et à notre exposition au Salon international du Livre et de la presse qui aura lieu à Genève du 24 avril au 1er mai. Si vous êtes dans la région genevoise au cours de cette période et que vous avez un peu de temps faites-vous connaître.

-         Des volontaires pour des travaux de secrétariat. Ce pourrait-être pour des coups de main ponctuels : dactylographie, tirage de photocopies, mise sous plis de circulaires.

-         Des traducteurs (anglais, arabe, allemand vers le français) Notre site internet www.assp.ch est en français.

-         Des journalistes ou des personnes ayant des aptitudes à rédiger qui pourraient consacrer régulièrement une ou quelques heures par semaine à nos activités d’information. Notre site ne répète pas ce qui est connu du grand public mais se fait l’écho des événements et des préoccupations de la vie au quotidien en Palestine.

-         Des personnalités qui, dans les domaines les plus variés, sont connues et admirées de leur public, renforceraient notre audience. La notoriété sert de support publicitaire à des biens de consommation, pourquoi pas à une paix juste en Palestine ? Certaines vedettes ou certains notables n’y seraient sans doute pas insensibles. Auriez-vous des possibilités d’en approcher ?

-         Des chargé-es projets. Nous sommes sollicités par de nombreuses propositions qui mériteraient d’être étudiées pour envisager une éventuelle mise en œuvre.

-         Des réalisateurs pour la mise sur pied d’un programme de manifestations culturelles (cinéma, théâtre, concerts, danse, expositions: conférences et débats). Il ne s’agit pas d’imaginer des moyens de récolter de l’argent ou de faire un quelconque prosélytisme mais d’offrir des occasions de rencontres et de partage. Nous avons amorcé une collaboration avec le Cercle des familles endeuillées qui partagent sans frontières l’épreuve commune de la douleur. Pourquoi ne pas se retrouver aussi dans une joie de vivre libre et sans frontières ?

Merci de votre attention et surtout de votre volonté d’agir pour la paix dans la vérité et la justice, pour chacun et pour tous.

                                                                                  J. Vittori

                                                                                  Président

               
 
Aide Sanitaire Suisse aux Palestiniens (ASSP)
15, rue des Savoises 1205 Genève
Tél. 0041(0)22/329.82.13